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26 novembre 2025

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Yvon Back : « Becker, c’est un peu moi ! »

© Cécile Mella/FTV

Sous le soleil de Montpellier, il fait régner l’ordre avec calme et charisme. Sous celui de Monte-Carlo, il partage confidences et sourires au dernier Festival de Télévision, loin des enquêtes, au cœur de la lumière.

Vous incarnez le commissaire Becker depuis 2018 dans « Un si grand soleil ». Comment parvenez-vous à garder le rôle vivant et surprenant ?

Franchement, je ne me la pose pas vraiment, cette question. Elle concerne presque davantage les auteurs. Je continue à découvrir Becker au fil de ce qu’ils m’écrivent, comme cette part de folie qui s’installe avec Alix Dardel. C’est intéressant, car j’y pense parfois, histoire de ne pas lasser les téléspectateurs. Mais dans un feuilleton, on n’a pas totalement la main. Tout dépend de ce qu’on nous propose, et le public est très attaché à la personnalité des personnages. Si, du jour au lendemain, Becker devenait un type zen et souriant, ils réclameraient aussitôt leur commissaire d’origine. Je préfère donc me laisser porter, plonger à fond dans chaque situation. J’aime les failles, les défauts, les contradictions… c’est tout cela qui rend un personnage vivant et passionnant à jouer.


Quels sont vos secrets pour survivre à une quotidienne ?

Quand on commence, c’est un tout autre monde. Rien à voir avec ce que j’avais pu faire avant. Il faut savoir qu’il y a quatre équipes qui tournent en même temps, et qu’on reçoit sans arrêt des mails, des thèmes, des textes… Il faut tout gérer sans perdre pied. Au début, on a très peu d’informations sur les personnages, sur leur évolution ou leurs intentions. Alors, on essaie de jouer au mieux, d’instinct. C’est d’ailleurs la première fois de ma carrière que j’ai mis un peu de moi dans un rôle, et je crois que c’est ce qui m’a aidé à le construire. Contrairement à un film, où l’on dispose d’un scénario complet et d’un parcours clair, ici on avance pas à pas. Quand je suis arrivé, j’avais six séquences à tourner sur quinze jours, sans lien entre elles. Je ne savais pas vraiment qui était ce personnage, et c’était assez déroutant. Alors, je l’ai peu à peu amené vers moi, avec humour, distance… et visiblement, ça a plu aux auteurs.


Y a-t-il une intrigue que vous avez particulièrement aimée jouer ?

Globalement, je suis plutôt bien servi dans ce qu’on me confie, entre les scènes au commissariat et celles avec la famille Becker. Récemment, avec Bibi [Tanga], on s’est bien amusés lorsqu’il a intégré la famille. Becker avait cet œil suspicieux, forcément… tout homme qui s’approche de sa fille ne trouve pas grâce à ses yeux ! Et comme ils travaillent ensemble, cela a donné lieu à des séquences très savoureuses, où sa mauvaise foi vient se glisser dans la relation.


Est-ce que vous avez le temps de travailler sur d’autres projets ?

Oui, bien sûr, mais les envies ne coïncident pas toujours avec les opportunités du moment. À la télévision, les projets se montent très vite, parfois à trois semaines d’intervalle, et ce n’est pas toujours compatible avec mon emploi du temps. Et puis, il faut dire que « Un si grand soleil » m’occupe déjà pas mal !

Julie VINCENT

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