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13 février 2026

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Livia Dushkoff : « L’énergie du matin, c’est moi ! »

© Martin Godfroid

Elle s’est imposée en quelques années comme l’un des visages les plus chaleureux de notre paysage audiovisuel. Rencontre avec une animatrice spontanée, solaire et attachée à son public.

Vous êtes une voix familière de VivaCité, mais avant d’arriver dans ce métier, quel a été votre tout premier déclic radio ?

Aucun, pour être honnête (Rires). Je n’ai jamais eu ce moment où l’on se dit : « Tiens, je vais faire de la radio ». En réalité, c’est ce média qui m’a trouvée, un peu par hasard, pour un remplacement. J’ai mis un pied dedans sans l’avoir vraiment prévu… et je n’en suis plus ressortie. Parfois, ce sont les chemins inattendus qui deviennent les plus beaux.


Vous venez du Borinage. En quoi votre région influence-t-elle votre manière de raconter, de parler, d’être à l’antenne ?

Par la simplicité, la sympathie et la spontanéité. J’essaie d’être moi-même, de parler comme je le ferais avec des amis. Je sais aussi que nous accompagnons beaucoup de personnes seules, notamment des personnes âgées. Cette proximité, cette simplicité, j’aimerais qu’elles leur donnent la sensation d’une présence, comme si quelqu’un était vraiment à leurs côtés.


Vous faites partie du « 8/9 », une tranche phare du matin. Qu’est-ce qui rend cette émission si particulière ?

Franchement, je ne sais pas ! Nous sommes leaders en radio et en télé, et j’en suis ravie. Je crois que le public attend chaque jour le Cactus de Jérôme De Warzée – ou celui de James Deano – avec impatience. Avec une actualité aussi morose, un peu de dérision fait un bien fou. Et puis l’équipe est soudée avec Bruno Tummers, Cathy Immelen… Les auditeurs ont l’impression de retrouver une bande de copains au réveil, comme les collègues qu’on croise à la machine à café.


Vous êtes à l’antenne à une heure où tout le monde émerge à peine. Quelle est votre astuce pour transmettre de l’énergie sans tricher ?

D’abord, je me lève à 4h30 ! Je démarre à 5h, j’arrive vers 6h15 à la RTBF, je prépare l’émission, je déjeune, je me maquille, et à 8h, on est en direct. Ce n’est pas toujours simple, surtout les matins de gel où il faut d’abord gratter le pare-brise… Mais j’aime profondément ce que je fais. Avant, j’étais ingénieure commerciale et je ne me sentais pas à ma place. Aujourd’hui, je sais la chance que j’ai. Je viens d’un milieu modeste : papa travaillait à l’usine, maman a fait des ménages jusqu’à ses 70 ans. J’ai grandi en voyant ce qu’est un vrai métier difficile. Alors oui, je me lève tôt et je suis parfois épuisée, mais au fond, je suis payée pour faire un travail qui me passionne. Et ça, je le mesure chaque jour.


Vous participez à « Nos chansons ont une histoire », qui explore la mémoire musicale. Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce format ?

À la base, c’était un concours de circonstances. Le « 8-9 » seul ne suffisait pas à payer mes factures, et Hugues Hamelynck quittait notre chaîne. Comme le tournage se fait à Mons et que j’y travaille aussi l’après-midi, c’était idéal pour moi. J’adore apprendre. J’ai une solide culture variété — cinéma, musique… — et ce programme l’enrichit encore. Ensuite, je retrouve des techniciens avec qui j’avais déjà collaboré, c’est un vrai plaisir.


Si on imaginait une version « Nos chansons ont une histoire » spéciale Belgique, quel titre y aurait absolument sa place ?

Ma mère plaisante en disant que j’ai une playlist de « vieilles » (Rires), parce que j’écoute Piaf, Brel, Aznavour… même si je passe aussi du Gims ! J’ai des goûts très éclectiques, mais j’ai un vrai faible pour Dalida. Ses chansons possèdent une part d’elle-même. « Il pleut sur Bruxelles », par exemple… C’est sans doute celle que je choisirais.


Quelle place laissez-vous à l’improvisation ? Vous êtes du genre à tout cadrer ou à aimer le frisson du direct ?

J’adore le live. Je prépare toujours un minimum pour pouvoir improviser si besoin, mais comme je suis une vraie pipelette, tout se passe très bien. Un blanc à l’antenne ne me fait jamais paniquer. Il y a des choses tellement plus graves dans la vie.


Même en annonçant les votes à l’Eurovision devant des millions de téléspectateurs ?

Non. Je ne pense pas au nombre de personnes qui regardent. Dans un petit studio, face à un seul caméraman, on oublie vite l’ampleur de l’audience. La seule fois où j’ai vraiment ressenti du stress, c’était à Forest National avec « Le Grand Cactus ». Se retrouver devant 7 500 personnes… là, oui, ça fait un effet incroyable.

 

Quels étaient vos programmes humoristiques préférés quand vous étiez enfant ?

Je regardais « Bon Week-End » avec mes parents, et j’étais complètement fan de Momo. À tel point que j’avais bricolé des lunettes avec du sparadrap pour lui ressembler… l’élégance absolue. Mon papa, lui, avait carrément décroché une affiche de l’artiste sur un panneau en ville pour me la ramener. Un acte héroïque que je n’ai pas oublié — et l’affiche est toujours chez moi !

 

Comment expliquez-vous le succès du « Grand Cactus » ?

Honnêtement, je crois que tout s’est aligné par hasard… un concours de circonstances version XXL. En 2015, l’actualité était tellement anxiogène qu’un cactus avait l’air plus accueillant que le journal télévisé. Les gens avaient besoin de rire. L’émission est arrivée pile au bon moment, avec des sketches un peu culottés, et le public a accroché tout de suite. Par la suite, les réseaux sociaux ont fait le reste. Le Cactus a explosé… dans le bon sens ! On a des Français qui nous suivent grâce aux vidéos. Comme quoi, l’humour belge voyage très bien.

Fabrice STAAL

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