2 mai 2025
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Tanguy Dumortier : « La nature regorge de trésors insoupçonnés »

Martin Godfroid
Aux commandes de l’émission animalière depuis onze ans, l’aventurier de la RTBF partage sa vision de la faune, de la liberté… et d’un métier aussi passionnant que dense !
Le programme que vous présentez est le plus ancien d’Europe. Comment expliquez-vous une telle longévité ?
Sa pérennité s’explique par notre fascination profonde pour le monde des animaux. Où que l’on soit, leur présence capte instantanément l’attention. Ils incarnent une forme de liberté que nous avons peut-être perdue, et les observer nous reconnecte à quelque chose de plus instinctif, plus essentiel. Le Jardin a su préserver cette magie : voir des espèces s’adapter à des conditions extrêmes reste une source inépuisable d’émerveillement.
Vous avez succédé à Claudine Brasseur. Qu’avez-vous souhaité y apporter en reprenant les rênes ?
Lorsque j’ai repris « Le Jardin Extraordinaire », mon ambition était de transformer le programme : passer du simple rôle de diffuseur à celui de véritable créateur. Aujourd’hui, une partie des reportages est produite entièrement par notre équipe, et diffusée sur la VRT, TV5Monde, la chaîne Animaux en France… et même sur National Geographic. Une vraie fierté. J’apporte aussi ma petite touche : je filme souvent sur le terrain — peu d’animateurs le font, mais moi, j’adore ça.
Comment se prépare concrètement le magazine ? Qui choisit les lieux de tournage, par exemple ?
Il n’y a pas de recette figée : on travaille selon les opportunités, en fonction de ce que le terrain nous offre. Le plus souvent, je choisis la direction, selon ce qui est réalisable au moment donné. Certains épisodes sont tournés très à l’avance, mais on veille à rester en phase avec les saisons. On propose deux formats : nos propres productions, et des documentaires issus d’échanges avec d’autres chaînes. On essaie alors de créer un lien avec notre environnement local. Pour un sujet sur les tortues, on a parlé des escargots : même tout près de chez soi, le milieu naturel regorge de trésors insoupçonnés. Et le public y est très sensible.
Parallèlement à ce format télé, vous collaborez avec « Exploration du monde » pour des conférences interactives. Quel est l’objectif de cette démarche ?
Toujours dans le cadre des 60 ans du programme, on a voulu aller au contact du public. Près de 8 000 personnes ont assisté à ces soirées. C’est une façon de revisiter les moments forts de ces dernières années en revoyant certaines images, j’ai été bluffé. C’est aussi très personnel : enfant, j’étais fan des conférences « Exploration du Monde ». Aujourd’hui, en faire partie a quelque chose de très symbolique.
D’autres événements sont également prévus tout au long de l’année…
Exactement. Il y aura une projection spéciale le 13 octobre, lors du Festival international du film nature à Namur. Le film présenté ressemblera à un épisode classique du Jardin, à une différence près : la musique sera interprétée en direct par un quatuor à cordes. Ce dispositif, déjà testé l’an dernier, crée une immersion unique. Le public entre dans une bulle hors du temps. Plus rien n’existe que l’image et la musique. Même les téléphones restent silencieux.
Fabrice STAAL
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