13 mai 2025
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Sofia Morgavi : « J’aime entreprendre et transmettre »

© Benjamin Decoin/SIPA/TF1
Elle ne fait pas que maîtriser sa voix, elle aide aussi les autres à trouver la leur (et avec talent). Lyrique, exigeante, drôle, passionnée… une main de velours dans un gant en vocalises. Portrait d’une prof pas comme les autres…
Quand avez-vous compris que votre voix serait votre passeport pour la scène ?
Très jeune. À cinq ans, déjà, je chantais partout : en voiture, dans le salon de coiffure de ma mère, à l’école… Je voyais des étoiles dans les yeux de mes proches et j’ai compris que ma voix pouvait procurer des émotions. C’était naturel.
Êtes-vous issue d’une famille d’artistes ?
Pas vraiment, mais d’artistes contrariés ! Ma maman rêvait de devenir chanteuse lyrique. Elle m’a transmis ce désir, même avant ma naissance car elle priait pour que j’aie une voix incroyable. Le miracle a eu lieu.
Vous avez quitté Toulon à 40 ans pour monter à Paris. C’était un pari risqué ?
Oui, mais j’avais un plan. Je sentais que quelque chose de beau m’attendait. J’ai pris des leçons au Cours Florent, au conservatoire. J’ai beaucoup appris, passé des auditions. On dit qu’il faut dix ans à Paris pour que les efforts portent leurs fruits, c’est vrai. J’ai travaillé pendant dix ans, et j’ai commencé à récolter à partir de 2021.
Qu’est-ce qui vous a fait tenir malgré les refus ?
J’ai souvent été « l’éternelle seconde », mais j’ai fini par comprendre la raison. Il fallait que je définisse clairement mes intentions : ce que j’avais envie de transmettre, à qui, et dans quel but. À partir de là, tout s’est aligné.
Comment s’est passée votre arrivée dans « Star Academy » ?
Je sortais du dîner, en train de me brosser les dents, quand j’ai vu l’appel de Jeanne Collin, la directrice de casting. Je me suis dit : elle ne va pas m’appeler à 22h30 pour m’annoncer une mauvaise nouvelle. Et là, elle m’a dit que j’étais prise. Champagne au frigo, mari à côté… Un moment suspendu.
Quelle a été votre première émotion sur le plateau ?
Aucune appréhension, seulement de la joie. J’ai l’habitude des jurys, des concours, des scènes. C’était un rendez-vous amoureux avec ma vie, avec ces jeunes talents, avec le public. Je me suis sentie immédiatement à ma place.
Vous jouez en ce moment dans la comédie musicale « Ménopause », un sujet encore tabou !
Oui, mais cette pièce libère la parole. J’ai traversé cette étape sans difficulté et j’en parle avec légèreté. Sur scène, on chante, on danse, on rit… Et mon personnage, Séverine, femme d’affaires rigoureuse mais humaine, me ressemble.
Vous avez aussi fondé votre école de chant. Être patronne, c’est quelque chose qui vous plaît ?
J’aime entreprendre, transmettre. J’ai beaucoup d’idées et il me plaît de voir les gens évoluer. J’ai souvent incarné des rôles de « cheffe », même dans « Plus Belle la Vie » où j’étais cheffe culinaire !
Que diriez-vous aux femmes artistes de 50 ans ?
Tenez bon. On s’est battues pour avoir notre place. Aujourd’hui, il y a de beaux rôles pour cette tranche d’âge. Le jeunisme recule, même s’il reste encore du chemin. Il faut continuer à incarner, à exister.
Et à celles et ceux qui n’osent pas se lancer ?
Tout est possible, à condition de rester aligné avec ses propres désirs. Ne cherchez pas à plaire aux autres. Soyez fidèles à vous-mêmes. Croyez en vous, en vos rêves, en quelque chose de plus grand. La foi, c’est essentiel.
Maxime GUÉNY
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