15 mai 2025
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Sabine Mathus : « J’essaie d’emmener les auditeurs dans mon univers »

© Zenio
Depuis janvier 2021, elle rayonne sur Nostalgie+ avec une émission pleine d’ondes positives, pile dans l’esprit de notre magazine. Après avoir longtemps occupé le devant de la scène télé, elle retrouve le micro, version feutrée… sans la contrainte du brushing parfait.
Qu’est-ce qui vous a motivée à revenir dans les médias ?
Vous savez, quand on évolue dans ce milieu, c’est souvent par passion. L’idée de retourner à la radio m’a traversé l’esprit, à condition qu’une occasion se présente. C’est à cet instant-là que Frédéric Herbays m’a contactée. Nous avons fait quelques essais, qui se sont révélés prometteurs. Ensuite, j’ai rencontré le très sympathique Vianney ‘t Kint, Brand Manager. Et tout a pris forme.
Qu’appréciez-vous tout particulièrement dans le concept d’ « Entre-nous » ?
Ce qui m’a immédiatement plu, c’est l’esprit du programme. Il parle de vous, de nous, de la vie… avec tout ce que cela implique — les émotions, les instants lumineux, car il faut savoir rester optimiste. Parfois, on partage aussi des conseils, des idées, des petites astuces pour mieux traverser les périodes plus complexes. C’est un véritable cocon, un espace d’échange où l’on peut tout dire, en toute authenticité.
La programmation musicale de Nostalgie+ reflète-t-elle ce que vous écoutez à la maison ?
Absolument. J’ai des goûts assez éclectiques. J’aime un peu tout, surtout ce qui touche à l’actualité musicale, que ce soit sur Nostalgie, NRJ ou ailleurs. Ça me fait plaisir de réentendre certains titres, et il m’arrive même de fredonner sans m’en rendre compte. Parfois, je tombe sur une chanson dans la conduite et je me dis : « Ah, waouh, celui-là, il rejoint direct ma playlist ! » Que ce soit Françoise Hardy ou Barry White… il y a des trésors qui ne prennent pas une ride.
Selon vous, que possède la radio de plus que les autres médias ? Quelle est sa magie ?
D’abord, il y a une vraie liberté de ton. De plus, nul besoin d’être tirée à quatre épingles : on peut être totalement détendue… même en chaussettes ! Bon, c’est vrai qu’aujourd’hui, certains studios sont filmés, mais l’ambiance reste la même. Et puis, il y a cette exigence d’écoute et de concentration très forte, parce qu’on sait qu’on dispose d’un temps réduit. On essaie de garder un format court, autour de 2 minutes 30, 3 minutes max, pour rester percutant et transmettre une belle dynamique.
Vous avez débuté à la télévision avec une émission enfantine. Aujourd’hui, vous vous adressez à un public plus âgé. Ce grand écart était-il un bon apprentissage ?
Je m’adresse à toutes les générations (Rires). C’est un excellent exercice car il permet d’adapter son langage selon son auditoire. Moi, je suis résolument senior, et je l’assume totalement ! J’essaie d’emmener les auditeurs dans mon univers, en parlant du quotidien, tout simplement : la famille, les loisirs, tout ce qui peut nous toucher. Et puis, on sait bien qu’avec l’âge, on a parfois un peu plus de temps pour soi. On le prend, ce temps, et on apprend à vraiment en profiter.
Vous avez occupé de nombreux rôles sur RTL. Être speakerine reste-t-il un bon souvenir ?
On dit souvent que le rôle de speakerine, c’est une magnifique porte d’entrée pour une animatrice — presque le plus beau métier quand on veut faire de la télé, et c’est vrai. C’était une proximité avec les téléspectateurs. Dès que j’apparaissais à l’antenne, je savais que j’entrais directement chez eux, dans leur salon, parfois même dans leur cuisine… Il y avait quelque chose de très intime, très direct.
En 1995, vous avez présenté l’élection de Miss Belgique depuis Forest National !
C’était un moment d’une rare intensité. C’est Michèle Etzel qui était en charge de la production et qui m’a accordé sa confiance. Le tempo était très soutenu, tout devait s’enchaîner sans pause. Il fallait se jeter à l’eau, sans hésiter. L’adrénaline monte en flèche, surtout lorsqu’on sait que la diffusion est nationale. Ce n’est pas vraiment une situation dans laquelle on arrive totalement détendue. Pour ma part, il était essentiel de canaliser ce stress, de le dépasser, et même de le transformer en énergie positive. Il y avait aussi cette envie sincère de tisser un vrai lien avec Hans Otten, la personnalité flamande à mes côtés. Et côté invités, nous avions l’honneur d’accueillir Andrea Bocelli et France Gall — un vrai privilège.
Vous avez aussi incarné une princesse dans un château à Modave pour un programme de fin d’année. Une expérience marquante ?
Absolument ! C'était une aventure inoubliable, le genre de tournage qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. Cela m’a d’autant plus marquée que je portais une robe extrêmement ajustée — un corset si serré qu’il devenait difficile de respirer. J’ai réellement eu l’impression de vivre un conte de fées, malgré le froid glacial qui régnait sur place. Les prises se faisaient tard en soirée, et nous rentrions souvent en pleine nuit. Malgré les conditions, ce n’était que du bonheur. Il faut simplement s’armer de patience, car un tournage, c’est un vrai travail d’endurance.
Peu d’animatrices ont quitté RTL avant d’y revenir. Qu’avez-vous aimé dans votre retour avec "Face-à-Face" ?
C’est une capsule que j’ai vraiment chérie. D’abord parce qu’elle était très bien construite, bien rythmée : un format de 10 à 12 minutes, ce qui représentait le double de celui d’Élise Lucet à l’époque. Les invités étaient souvent fascinants — des écrivains, des comédiens… On avait la possibilité d’aborder des sujets plus personnels, d’effleurer l’intime, sans jamais forcer. Il y avait cette liberté de jouer sur l’émotion, tout en mettant en lumière un livre, un film ou un projet culturel. J’ai trouvé cela profondément enrichissant : parler de culture, c’est un vrai bonheur.
Quel serait votre plus grand souhait pour l’avenir ?
J’aimerais que Nostalgie + continue de gagner en notoriété, de façon significative. Et surtout, pouvoir poursuivre cette belle aventure avec mon directeur des programmes et l’équipe de chroniqueurs actuelle. Au vu des résultats, il y a de quoi être enthousiaste. L’envie, en tout cas, est bien là : celle de continuer à évoluer, encore et toujours.
Fabrice STAAL
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Journaliste, réalisatrice et productrice, elle a marqué la télévision par des formats audacieux en prise avec les évolutions de la société. Ce parcours a conduit le Festival de Télévision de Monte-Carlo à la nommer présidente du jury documentaire en juin dernier.





