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27 avril 2026

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Platini, le match d’une vie rejoué en série

© Marco Provvisionato / Ipa-Agency/Empics Entertainment/Photo News

À Cannes, une légende du football se raconte sans fard. Une plongée élégante dans un destin où la grâce du jeu côtoie les remous de l’histoire.

Sur la Croisette, Michel Platini n’a pas chaussé les crampons, il a déroulé le fil de sa vie. À l’occasion du Canneseries, l’ancien numéro 10 a présenté une série documentaire en six épisodes consacrée à son parcours, attendue sur Canal+. Une œuvre qu’il a longtemps refusée avant d’accepter de revenir sur une trajectoire hors normes, à condition de parler de football avant tout, et pas uniquement des turbulences qui ont marqué la fin de sa carrière dirigeante.

De Nancy à Turin, de l’équipe de France au sommet européen de 1984, le récit déroule une ascension fulgurante, nourrie de talent et d’instinct. Les images convoquent autant la magie des coups francs que les émotions contrastées d’une époque où le football vibrait différemment. Au détour des souvenirs, une date persiste, la demi-finale de la Coupe du monde 1982 à Séville, défaite restée dans les mémoires et que Platini considère, paradoxalement, comme un sommet émotionnel. Une manière de rappeler que les plus grands récits ne se mesurent pas uniquement aux trophées.

La série ne contourne pas les zones plus sombres. Le drame du Heysel, les années passées dans les coulisses du pouvoir, puis les accusations qui ont stoppé son élan vers la FIFA avant un acquittement, trouvent leur place dans un récit qui refuse le règlement de comptes. L’ancien joueur assume un regard apaisé, presque détaché, préférant transmettre une vision du football sur plusieurs décennies plutôt que de rouvrir les blessures.

Face au public cannois, les générations se mêlent et l’émotion circule sans nostalgie appuyée. Platini, lui, esquive toute posture de légende. Il parle d’une vie remplie, d’un parcours qu’il ne changerait pas. Et glisse, avec une simplicité désarmante, qu’il a été « l’homme le plus heureux du monde ». Une phrase qui résonne comme un dernier geste, précis et limpide, à l’image de ceux qui faisaient autrefois se lever les stades.

Joëlle HUBAUX

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