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8 janvier 2026

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Olivier Minne : « Deux speakerines ont lancé ma carrière »

© William Beaucardet/M6

À force de le voir à la télé, on pense le connaître. A chaque apparition, il nous bombarde d’ondes positives… même quand il tente d’être sérieux. Le chouchou du petit écran, si si, celui que tout le monde adore, se révèle sous un jour inédit dans Zenio.

Vous êtes né à Ixelles. Quels souvenirs avez-vous conservés de vos premières années belges ?

Je garde de cette période une grande douceur. Ce quartier de Bruxelles est plus qu’un décor d’enfance, c’est un lieu que ma famille a longtemps habité, un espace chargé d’histoires et de liens. Chaque fois que je reviens dans la capitale, je fais un détour par ces rues-là, par réflexe presque. Certains endroits semblent conserver une part de nous, et celui-ci en fait partie. C’est une sorte de point de repère, un lieu qui accompagne, même quand la vie vous emmène ailleurs.


Votre maman est peintre. Son univers artistique vous a-t-il guidé vers les livres ?

Je voudrais d’abord corriger une idée largement reprise. Du côté maternel, il y a certes des racines françaises, mais aussi tout un pan belge qu’on oublie souvent. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que l’art et la lecture étaient omniprésents autour de moi. Ma mère lisait constamment, mes grands-parents aussi, et chez eux les étagères étaient pleines de volumes qui invitaient à l’évasion. À cette époque, il n’y avait pas cette surabondance d’images. Pas d’écrans à portée de main, pas de flux continu d’informations. Lire était la manière la plus directe de voyager. Les romans avaient, pour moi, la puissance d’un grand film. C’est par eux que je me suis ouvert au monde.


En 1986, RTL Télévision vous engage comme « homme à tout faire ». Que recouvrait réellement ce poste ?

Le terme figure noir sur blanc sur mon contrat, ce qui me fait toujours sourire. À l’époque, j’avais simplement envoyé une candidature pour un petit boulot d’étudiant, en précisant que je pouvais autant préparer un café que faire des photocopies. Christian Lorbat, alors chef décorateur, a apprécié la légèreté de ma lettre et m’a proposé de venir. J’ai plongé dans mille tâches différentes : décoration, manutention, bricolage, peinture, assistance lors de reportages, manipulation de matériel technique, démagnétisation de cassettes dans le garage de la villa Roosevelt… C’était un apprentissage complet, très concret, au contact de tous les métiers. Cette année-là a véritablement marqué le début de mon parcours, bien avant une première apparition à l’écran.


Votre premier passage télé, vous le devez à Anouchka Sikorsky. Comment avez-vous vécu ce baptême ?

Avec un étonnement total. Je travaillais alors derrière la caméra, sans penser un seul instant que je pourrais passer de l’autre côté. Un jour, Anouchka m’a proposé d’essayer. Je ne saurai jamais ce qui l’a poussée à imaginer que je pouvais avoir ma place à l’antenne. Ce qui est frappant, c’est que quelques années plus tard, en France, c’est une autre speakerine, Jacqueline Joubert, qui m’a offert une nouvelle chance. Deux femmes, deux moments fondateurs, deux portes qui s’ouvrent sans que je l’ai sollicité. Avec le recul, je me rends compte que tout cela se dessinait sans que j’y prête attention. J’avançais avec une innocence totale.


Dans ce numéro de Zenio, Philippe Soreil parle de vous dans son reportage sur Paris. Que représente-t-il pour vous ?

Un compagnon de route. Lorsque RTL Télévision est devenue RTL tvi, il était déjà présent et guidait Alain Simons pour « Coup de Dés ». Son sens du conseil, sa polyvalence, sa capacité à passer du documentaire à la production m’avaient impressionné. Nous sommes restés très unis au fil des années. Il fait partie des personnes avec qui le lien s’est renforcé, sans jamais s’effriter.


Vous devenez ensuite speakerin sur Antenne 2. Que vous évoque cette période ?

Une forme de plongée directe dans le bain. Le direct sans compte à rebours, sans filet, impose une vigilance de chaque instant. Certaines interventions précédaient des programmes suivis par un public énorme, mais je n’en mesurais pas encore l’enjeu. J’avais cette spontanéité de la jeunesse, parfois un peu turbulente : imitations, improvisations, ruptures de ton… ce qui m’a valu quelques convocations. Mais tout cela m’a appris à me faire confiance, à comprendre que la télévision est quelque chose de vivant, où l’erreur peut devenir un atout si elle est assumée.


Vous avez animé « Fort Boyard » pendant plus de vingt ans. Qu’est-ce que cette aventure a changé pour vous ?

Tout. Cette émission m’a incité à rester au plus près de moi-même. Pas de masque, pas de posture fabriquée. Humainement, c’était extraordinaire, une équipe immense, parfois plus de cent soixante personnes, des conditions météorologiques souvent surprenantes, des imprévus en cascade. J’ai noué des amitiés profondes, dont celle avec Yann Le Gac, alias le Père Fouras, devenu au fil du temps un membre de ma famille. Je garde un ensemble de souvenirs lumineux, malgré les tempêtes que nous avons traversées. Ce lieu et cette équipe continuent de m’accompagner.


Dans les années 90, vous animiez « 7ᵉ Ciel » sur RTL tvi, une des premières émissions de rencontre. Aviez-vous conscience d’être avant-gardiste ?

Pas du tout. C’était un jeu en plateau, très simple dans sa mécanique, mais vous avez raison, les petites épreuves pour apprendre à se connaître, les choix, la mise en scène des affinités… tout cela préfigurait un peu ce que l’on a vu plus tard. Je ne crois pas que l’émission ait créé des couples durables — en tout cas pas que je sache ! — mais elle en créait sur le moment. Alors oui, avec le recul, c’était un programme en avance sur son époque.


Après un long parcours, vous êtes aujourd’hui sur M6. Le sentiment de revenir chez vous ?

Très sincèrement, oui. M6 appartient toujours au groupe RTL. Pour moi, c’est un retour aux origines. L’année prochaine, cela fera quarante ans que j’ai franchi les portes de RTL Télévision. Y revenir, via une chaîne du même groupe, a quelque chose de profondément symbolique. C’est une boucle qui se referme. Une part de moi retrouve sa première maison, et ça génère une émotion que je ne soupçonnais pas.


Quand M6 vous propose « Le Maillon Faible », qu’est-ce qui vous traverse ?

Une interrogation très simple : « Vais-je réussir à trouver ma place dans un univers si structuré ? » L’équipe m’a très vite rassuré. On m’a donné la possibilité d’apporter ma sensibilité. Le fait que Laurence Boccolini n’occupait plus ce rôle depuis longtemps allégeait aussi la tâche. Nous avons échangé, elle m’a encouragé, et cela m’a porté. Au fil de la préparation, j’ai senti que je pouvais me glisser dans le dispositif sans le dénaturer.


Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre fermeté et bienveillance ?

En acceptant d’endosser le rôle sans me renier. Le cadre est strict, les règles sont là, mais je voulais que les candidats sentent que l’amusement n’est jamais loin. Je joue un personnage, évidemment, mais alimenté par ma personnalité. Si vous me dites que cela se ressent, alors c’est que nous avons atteint le bon dosage.


Venons-en à « Pandore », l’autre nouveau jeu. Qu’est-ce qui rend ce programme si singulier ?

C’est un cocktail d’aventure, de stratégie et d’imaginaire. La mythologie grecque apporte une dimension dramatique inattendue. Les candidats étaient parfois impressionnés par ce qui les attendait. Les mythes restent une matière d’une richesse incroyable. Le programme se déroule en extérieur, ce qui change tout. Les jeux en milieu naturel ont une intensité différente. Comme à « Fort Boyard », on est plongé dans un univers où les éléments dictent leur loi.


Pensez-vous que ce nouveau format puisse s’imposer dans le paysage des jeux d’aventure ?

Ce n’est pas à moi de le dire, ce seront les téléspectateurs et lecteurs de Zenio qui trancheront. Ce que je peux affirmer, c’est que la proposition est nouvelle. Les conditions de tournage étaient parfois extrêmes — jusqu’à 38 degrés à Séville — et l’émission bénéficie d’une réalisation quasi cinématographique. Il y a un vrai souffle, une esthétique, une signature visuelle. C’est une autre manière d’aborder l’aventure.


Vous travaillez sur votre deuxième roman. Où en êtes-vous ?

Je touche au but, il me reste environ vingt pour cent du manuscrit. Cela fait cinq ans que je suis dessus, ce qui est long, mais c’est un projet qui demande du temps. Ce roman n’a rien à voir avec le premier, on est dans un univers totalement différent. Une fois qu’on termine un livre, on le laisse vivre sa vie. Je ne sais pas comment il sera accueilli, mais j’espère le publier l’année prochaine.


Vous avez écrit un livre sur les speakerines. Comment ont-elles réagi ?

Elles ont été touchées. Certaines m’ont écrit, d’autres m’en ont parlé de vive voix comme Denise Fabre. Ces femmes ont été les premiers visages de la télévision. À une époque où le journal n’était même pas incarné, elles portaient l’antenne. Leur rendre hommage, c’était rappeler que le petit écran ne s’est pas construit sur du vide, il s’est construit sur elles.


Vous vivez entre Paris et Los Angeles. Qu’est-ce qui vous séduit dans cette ville ?

Ce n’est certainement pas le monde des célébrités. Si j’ai atterri à Los Angeles, c’est à un moment où ma vie personnelle était très compliquée. J’avais besoin de prendre du recul, de changer radicalement d’air, d’aller loin. Très loin. Cette ville a été pour moi un laboratoire de reconstruction. C’est un lieu qui bouscule, qui oblige à se réinventer. Et qui, paradoxalement, recharge profondément. Un jour, j’écrirai probablement sur cette période.


Quel vœu souhaitez-vous adresser aux lecteurs de Zenio ?

Je leur souhaite une année douce. Vraiment. La douceur, la tranquillité, la paix d’esprit… ce sont des choses essentielles.

Fabrice STAAL

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