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2 octobre 2025

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Michèle Etzel : « Le Télévie a enrichi ma vie »

© Zenio/RTL

Trente-quatre ans à faire vibrer RTL, ça laisse des traces… et quelques anecdotes croustillantes. Avant d’embarquer pour l’aventure Zenior, l’animatrice plonge avec malice dans cette épopée médiatique digne d’un feuilleton à succès.

Est-il vrai que vos débuts coïncidaient avec l’arrivée de la couleur à l’antenne ?

Oui. C’était un petit événement en 1972. Je n’ai rien eu de particulier à faire. Pour le concours qui devait désigner une nouvelle speakerine — que j’ai eu la chance de remporter —, le chef électricien responsable des lumières en studio avait simplement remarqué ma blondeur et mes yeux bleus, pensant que cela rendrait bien avec l’arrivée de la couleur à l’écran.


Comment expliquez-vous l’incroyable succès de RTL-Télévision, sachant que vous en étiez l’une des figures populaires ?

Jean Stock, le directeur des programmes, y tenait beaucoup. Il savait qu’une chaîne commerciale devait se vendre avec ses animateurs, animatrices et journalistes. Il annonçait lui-même nos venues en Belgique, en Lorraine, en précisant que le public pourrait nous rencontrer. C’est lui qui a instauré ce côté « star ». Avec le recul, le mot peut sembler un peu fort, mais à cette période, nous avons accepté de jouer le jeu… et cela demeurait très agréable.


Vous avez été « Madame Cinéma » et parmi toutes vos rencontres dans ce milieu, laquelle vous a le plus marquée ?

J’ai beaucoup aimé rencontrer John Travolta, un nom immense pour moi. C’était dans un grand hôtel à Paris. Il était impressionnant, et pourtant d’une simplicité et d’une gentillesse incroyables. Pour Whoopi Goldberg, c’était à Londres. On discutait joyeusement, on déviait sur d’autres sujets que le cinéma… jusqu’à ce qu’une personne de l’équipe vienne taper sur l’épaule pour rappeler : pas de sujet privé, revenez au film. Ils étaient là pour la promo, pas pour papoter. Pourtant, eux avaient envie d’échanger.


En tant que productrice, vous avez imaginé de nombreux formats phares de RTL tvi, comme « Miss Belgique » ou les soirées du 31 décembre. Quel regard portez-vous sur ces émissions ?

J’ai savouré ces tournages, car je suis plutôt du style « bonne copine », et passer un 31 décembre avec tous les animateurs était un vrai bonheur. Le point d’orgue reste le « Bal au château de Modave », avec Philippe Malherbe en docteur Spock. Nous avons eu la chance d’y vivre dix jours, portés par un scénario hilarant signé Janie Cailliau, qui savait attribuer à chacun un rôle sur mesure : Sabine Mathus en comtesse, Varvara en veuve éplorée, le regretté Pierre Bail en domestique, Alain Simons et Hervé Meillon en César et Napoléon… irrésistibles. Je pense aussi à « Viva Italia », toute l’Italie réunie sur la place de La Louvière, avec des figures célèbres ou moins connues — l’une des plus grosses audiences de la chaîne. Et puis les « 10 ans de RTL tvi » à Forest National, devant des milliers de spectateurs, où chacun avait un rôle sur scène. C’était ça, l’esprit RTL : un lien proche avec le public, loin d’un studio isolé, et des instants marquants.


Le Télévie faisait aussi partie de vos productions et vous tenait particulièrement à cœur.

Le Télévie a été une véritable valeur ajoutée à ma vie. Produire cet événement, c’était réunir sur un même plateau chercheurs, malades, bénévoles, sponsors et artistes. Une leçon d’humanité, de courage et de générosité qui dépassait de loin le cadre de la télévision. Il y a eu des moments forts, comme la disparition du petit Bichon, deux jours avant l’édition parrainée par Yves Duteil, qui l’a ouverte par ces mots : « Il faut se consoler en pensant qu’il y a des vies très riches et très courtes, et de longues vies sans intérêt ». Une phrase mémorable pour un rendez-vous inoubliable. Le plus beau reste que cette aventure se poursuit, mobilise sans cesse plus de monde et continue d’enrichir la vie de ceux qui s’y engagent… comme elle a enrichi la mienne.


Dans un registre plus inattendu, vous avez aussi créé le groupe « Quanta » aux côtés de Nancy Sinatra, Sandrine Corman, Bérénice et Agathe Lecaron.

Écoutez, en 34 ans de carrière, j’ai fait beaucoup de choses… et « Quanta » n’a certainement pas été le tube du siècle ! Nous avons enregistré ce titre en République dominicaine avec Philippe Swan, qui avait écrit une bonne chanson, mais sans promo ni soutien de la direction, le succès n’a pas suivi. Ça reste un souvenir rigolo… sauf pour Agathe Lecaron, qui menace de quitter un plateau dès qu’on en parle ! (Rires)


Vous avez accompagné les débuts de nombreuses animatrices bien connues. Comment voyez-vous leur parcours ?

Produire « Miss Belgique » permettait de repérer des talents, et j’ai vu très vite le potentiel de Sandrine Corman, Julie Taton ou Tatiana Silva. Elles avaient la beauté, la sympathie et l’ouverture pour plaire au public. Je leur ai donné quelques clés du métier, et elles sont restées chaleureuses à mon égard.


Il paraît que vous avez coaché Daniela Prepeliuc, devenue Miss Météo sur TF1 !

Disons simplement qu’elle m’a sollicitée à un moment où j’étais occupée, et j’ai accepté. L’ambition est une qualité, mais comme pour tout, il faut trouver le bon équilibre pour préserver aussi les valeurs humaines.


Quand vous regardez RTL-TVI en 2025, que pensez-vous de son évolution par rapport à la station de vos débuts ?

Honnêtement, je ne regarde plus RTL et je ne connais pas certains visages. En revanche, j’écoute la radio, où des animateurs comme Sandrine Dans, Sandrine Corman ou Jean-Michel Zecca font perdurer l’esprit qu’on a aimé. Le jour où ils ne seront plus là, ce sera différent, car la télévision a changé de rôle. À mon époque, il n’y avait que ce média. Pas de réseaux sociaux, pas de streaming, on se retrouvait en famille devant l’écran. Les jeunes regardent sur leur téléphone ou leur tablette, et la télé n’est plus centrale. J’aime parfois découvrir une émission de téléréalité ou un jeu pour voir ce qui plaît au public. Il y a de bonnes choses, et si elles sont regardées, c’est bien qu’elles continuent d’intéresser les gens.


Vous restez une personne active. Que faites-vous de vos journées ?

Atteindre 70 ans, c’est prendre conscience qu’on entre dans une autre étape de la vie. On accepte que la séduction ne soit plus une priorité et on se concentre sur l’essentiel. Le corps change, mais la tête reste jeune. J’ai envie de voyager, de rire, de voir mes amis, de lire, d’aller au cinéma. Je peins un peu, j’écris aussi, sans ambition de publier, et je reste curieuse de tout. J’aime les documentaires sur les faits divers, qui explorent l’esprit humain et ses dérives.


Vous rejoignez l’aventure Zenio dans un registre inattendu, celui des mots croisés. D’où vous vient cette passion pour ce jeu de lettres ?

J’ai toujours apprécié les mots. Ancienne étudiante en lettres et passionnée de littérature, je note encore des termes rares pour en réviser le sens. Les mots croisés, comme tous les jeux de lettres, nourrissent ma curiosité et mon besoin de rester active. C’est dans ma nature.

Fabrice STAAL

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