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12 mars 2025

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Mel Charlot : « La danse m’a servie de thérapie »

© THOMAS BRAUT / TF1

Originaire de Montréal, elle fait briller le parquet de « Danse avec les stars » chaque semaine, armée de son sourire éclatant et de ses conseils affûtés. Véritable étoile du jury, la danseuse et chorégraphe nous raconte comment cet art a mis du rythme (et quelques paillettes) dans sa vie.

En quoi ce rôle de juge donne-t-il du sens à votre vie d’artiste ?

J’ai découvert la scène à 12 ans et, dès l’année suivante, je créais mes propres chorégraphies. Très vite, j’ai adopté une approche pédagogique, avec une vision claire des tableaux que je voulais mettre en place. J’ai tenu à être la professeure que j’aurais aimé avoir. La danse est un langage universel : chaque mouvement exprime une émotion, et c’est ce qui me fascine encore aujourd’hui. Alors, quand on m’a proposé une deuxième saison de « Danse avec les stars », j’ai foncé ! La première aux côtés de Fauve, Jean-Marc et Chris avait été un vrai bonheur. On rit tellement ensemble que j’en ai parfois mal aux joues ! Je savais que ce rôle de juge était fait pour moi. Cette émission reflète mes valeurs : sur le plateau, je parle aux personnalités comme aux artistes avec qui j’ai travaillé. Mon but ? Leur donner les meilleurs conseils pour progresser et repousser leurs limites.

 

Quel impact la danse a-t-elle eu sur votre évolution ?

Elle a été ma thérapie. Plus jeune, j’étais réservée, sans doute par peur d’être jugée ou mal comprise. Avec trois langues dans mon quotidien – le français, le créole et l’anglais – mes pensées se bousculaient avant même que les mots ne sortent. Je me sentais un peu à part. Puis la musique est entrée en scène, et mon corps a suivi. Bouger est devenu un moyen d’expression, une libération. Avec le recul, je réalise que cet art faisait déjà partie de moi, porté par l’ambiance musicale de la maison et l’influence de mes parents. Il suffisait juste que je l’embrasse pleinement.

 

D’où vous vient cette personnalité solaire ?

Je suis quelqu’un de profondément bienveillant, avec un grand cœur et l’envie de transmettre des ondes positives. Très émotive aussi. On m’a souvent conseillé de cacher mes émotions, mais j’ai compris qu’au contraire, les assumer était une vraie force. Elles me permettent de rire, de sourire et de savourer chaque instant encore plus intensément. J’ai traversé des épreuves qui, à une époque, avaient terni mon sourire. Aujourd’hui, si je rayonne sur le plateau de « Danse avec les stars », c’est parce que j’ai appris à faire de mon bonheur une priorité. Et ça change tout.

 

Qu’est-ce qui vous rend heureuse aujourd’hui ?

Le bonheur, sans hésiter ! J’adore taquiner ceux que j’aime, et mon fils comme mon mari me font éclater de rire au quotidien. La danse a toujours été mon fil rouge, mais aujourd’hui, je prends autant de plaisir à explorer de nouvelles façons de capturer le mouvement. C’est ce qui m’a poussée vers la réalisation. Être derrière la caméra me procure des sensations uniques : j’aime mettre en lumière les autres et raconter leurs histoires. La transmission est essentielle pour moi. D’une manière ou d’une autre, je reste connectée à la danse. Et puis, ma foi est mon ancrage, une force qui me guide et m’aide à avancer chaque jour.

 

Vous avez collaboré avec de nombreuses stars comme Beyoncé, Cardi B ou Pharrell Williams. Comment êtes-vous parvenue à vous faire un nom dans le milieu de la danse aux Etats-Unis ?

À l’époque, travailler avec des artistes de cette envergure me semblait hors de portée. Je manquais de confiance en moi, je n’étais ni habituée aux caméras ni à danser aux côtés de stars. Puis, mon parcours m’a menée de New York à Los Angeles, où j’ai fait des rencontres incroyables. Des femmes comme la chorégraphe Rhapsody James ont cru en moi dès le début. C’est grâce à elle que j’ai eu mes premières opportunités avec des artistes. Parmi toutes mes collaborations, celle avec Serena Williams pour « Lip Sync Battle » m’a particulièrement marquée : son naturel, sa bienveillance et son charisme m’ont impressionnée. Ces expériences m’ont aidée à gagner en assurance. Et puis, il y a encore trop peu de femmes noires à la télévision. Représenter les femmes de couleur est une fierté pour moi, et j’espère que cela contribuera à ouvrir davantage de portes à l’avenir.

 

Que pensent votre mari et votre fils de votre parcours ?

Ils sont incroyablement fiers. Mon époux est à la fois mon plus grand fan et mon meilleur conseiller. Dès que j’ai un doute, je me tourne vers lui, même pour des détails comme ma tenue du jour. Son avis est bienveillant, et il sait me rassurer. Mon enfant suit chacun de mes projets avec enthousiasme. Quand il a su que je repartais pour une seconde saison de « Danse avec les stars », il m’a simplement dit : « Bonne chance, maman, et amuse-toi ! » J’en ai eu les larmes aux yeux. Trouver l’équilibre entre ma vie de famille et mon métier est une priorité, et les voir aussi investis me touche profondément.

 

Quelles sont les personnalités qui vous inspirent ?

Denzel Washington. Je ne le connais pas personnellement, mais chaque fois qu’il prend la parole, il le fait avec une sincérité qui me touche, que ce soit sur sa foi ou son parcours. J’adorerais partager un café avec lui, nos conversations seraient passionnantes ! Et puis, Rihanna. Je l’admire autant en tant qu’artiste que femme d’affaires. Elle a su rester connectée à ses racines tout en bâtissant un empire. Une vraie source d’inspiration !

 

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

J’aimerais agrandir ma famille et devenir maman une deuxième fois. Ce qui compte le plus pour moi, c’est que mes proches soient heureux et en bonne santé. Côté professionnel, je veux explorer davantage la réalisation. Je sens que j’ai l’œil et la vision pour m’épanouir dans ce domaine. Je fais confiance à Dieu pour m’ouvrir les bonnes portes.

 

Quel lien entretenez-vous avec la Belgique ?

J’adore votre pays ! J’ai l’impression que les Belges partagent avec les Canadiens cette même convivialité, simplicité et ce sens de l’humour qui font qu’on se sent tout de suite chez soi.

Rino GALLO

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