20 mars 2025
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Maxym Anciaux, un Belge au cœur de l’Institut Auguste Armand

© NICOLAS LEFEVRE / ITC / TF1
Depuis septembre 2024, ce jeune talent originaire de Braine-l’Alleud a débarqué dans « Ici tout commence ». Entre deux prises, il revient sur cette aventure qui a marqué un tournant dans sa carrière… et l’a propulsé sous le feu des projecteurs !
Comment avez-vous atterri dans « Ici tout commence » ?
J’ai débuté très jeune dans le doublage, au début des années 2000, grâce à mon père, le comédien Raphaël Anciaux, directeur artistique dans ce domaine. Après mes études, lassé du cadre scolaire, j’ai décidé de poursuivre dans cette voie, sans imaginer une seule seconde me retrouver un jour dans une fiction de TF1. J’ai ensuite suivi une formation au conservatoire de Bruxelles, trouvé un agent et enchaîné les castings. C’est ainsi que l’opportunité d’« Ici tout commence » s’est présentée, alors que la série recherchait de nouveaux étudiants. J’ai d’abord passé une audition pour le rôle de Milan, finalement attribué à Gabriel Rehsé, avant d’être redirigé vers celui de Gaspard.
Gaspard Delange est un personnage complexe et intense. Comment vous êtes-vous préparé à l’incarner ?
Je pense que, d’une manière ou d’une autre, chaque acteur s’inspire de la vie quotidienne pour préparer ses rôles. Ce métier repose sur l’observation. Personnellement, je me suis nourri d’expériences et de rencontres, sans jamais tomber dans l’imitation. On capte des détails ici et là, des attitudes, des comportements croisés au fil du temps. Mon personnage frôle parfois le harcèlement ou la provocation avec ses camarades – un type de personnalité que tout le monde a déjà rencontré. L’enjeu était donc de lui donner de la crédibilité sans le caricaturer. Mais le travail ne s’arrête pas à la préparation, il évolue avec l’histoire. Dans une quotidienne, on ne sait jamais à l’avance où va nous mener un personnage. On le construit petit à petit, couche après couche. C’est ce qui rend l’exercice complexe, mais aussi passionnant : partir d’une base solide et l’enrichir, en ajoutant toujours plus de nuances.
Comment décririez-vous l'évolution de Gaspard depuis son arrivée à l'Institut Auguste Armand ? On a l’impression qu’il s’assagit, non ?
Oui, en quelque sorte ! Ce qui est intéressant, c’est que dans une série journalière, chaque personnage suit une évolution constante. Même sans être spécialiste du genre, je sais que chaque rôle repose sur une caractéristique forte. Pour éviter la redondance et maintenir l’intérêt du public, il faut sans cesse explorer de nouvelles facettes et lui donner du relief. Si, au départ, il était perçu comme particulièrement désagréable, c’est peut-être le bon moment pour révéler ses failles et ses sensibilités. Ce qui me fascine, ce n’est pas seulement « pourquoi » il est comme ça, mais surtout « comment » il le devient. Sa relation avec Alice Wiesberg (Noémie Zeitoun) ou Coline (Talina Boyaci), par exemple, pourrait révéler une autre dimension de son caractère.
Gaspard et Teyssier semblent tous deux avoir un caractère bien trempé. Diriez-vous qu’ils se ressemblent sur certains aspects ?
Absolument ! Vous n’êtes ni le premier ni le dernier à faire cette comparaison, et je la trouve assez juste sur plusieurs points. Pour être honnête, ça me flatte. Au-delà du comédien Benjamin Baroche, que je respecte énormément, son personnage est un modèle du genre. Il a un vrai charisme et réussit un défi que j’aimerais moi aussi relever : celui d’aimer se faire détester. C’est paradoxal, mais pour un rôle de méchant, il faut parvenir à créer une sorte de catharsis où le public le déteste tout en prenant plaisir à le suivre. Je trouve qu’Emmanuel Tessier s’inscrit parfaitement dans cette logique, et c’est précisément mon ambition.
La cuisine occupe une place centrale dans la série. Quel est votre propre rapport à la gastronomie ?
En arrivant au château, je pensais naïvement que nous allions cuisiner régulièrement et progresser naturellement. J’adore cuisiner, mais je me suis illusionné en pensant que côtoyer l’univers gastronomique suffirait pour m’améliorer. En réalité, pas du tout ! Le rythme de travail est intense, et l’effervescence ambiante laisse peu de place à l’apprentissage. Heureusement, des professionnels sont là, car la haute cuisine ne s’improvise pas. On nous confie parfois quelques gestes techniques, mais pas assez pour parler de réelle progression. Alors oui, je suis un épicurien, mais pour l’instant, mes talents culinaires n’ont pas vraiment évolué… peut-être un jour.
Le feuilleton met en avant l'importance des produits locaux et du terroir. Quelle est votre position sur cette approche culinaire ?
Comme pour beaucoup de questions essentielles et parfois très politiques, ma position reste nuancée. D’un côté, il est important de soutenir les producteurs locaux qui proposent des produits de qualité et comptent sur nous pour les valoriser. Mais de l’autre, tout le monde n’a pas forcément les moyens d’acheter local, bio ou responsable. Ces produits, souvent plus chers, restent un luxe pour certains et on touche vite à des questions économiques et sociales. Donc, je vois les deux aspects et je n’ai pas de réponse tranchée. C’est une réalité complexe qui mérite d’être abordée avec nuance.
En tant que Belge, y a-t-il un plat typique de notre pays que vous aimeriez voir mis en avant dans la fiction ?
Ah là là, si on pouvait déjà commencer par des frites, bien dorées et cuites en deux fois, ce serait un excellent début ! Rien que d’y penser, ça me touche, car la Belgique occupe une place immense dans mon cœur. Mes racines y sont profondément ancrées. En grandissant, je pensais ne pas avoir d’attache particulière, mais plus je m’en éloigne, plus je réalise à quel point cette terre fait partie de moi. Si je devais choisir un plat, ce serait un bon vol-au-vent. Sinon, des boulets liégeois ou même des boulettes sauce tomate… Il y a tant de belles recettes à partager !
Que ce soit sur la RTBF ou TF1, les audiences de la série restent impressionnantes. Comment l’expliquez-vous ?
Les téléspectateurs seraient sans doute les mieux placés pour répondre, mais si je devais donner mon avis, je dirais que les horaires de diffusion jouent un rôle clé. C’est un moment où toute la famille se retrouve : les enfants rentrent de l’école, les parents du travail, juste avant le dîner. L’idée de centrer une quotidienne sur l’univers culinaire est aussi un vrai atout. D’ailleurs, c’est l’une des seules sagas du genre à être basée sur la cuisine. Cet écrin est idéal pour fédérer le public, car quoi de plus rassembleur que la nourriture ? Peu importe l’âge ou le genre, tout le monde se sent concerné. C’est, à mon avis, l’une des raisons pour lesquelles la série rencontre un tel succès.
Fabrice STAAL
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Journaliste, réalisatrice et productrice, elle a marqué la télévision par des formats audacieux en prise avec les évolutions de la société. Ce parcours a conduit le Festival de Télévision de Monte-Carlo à la nommer présidente du jury documentaire en juin dernier.





