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5 septembre 2025

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Laëtitia Milot : « J’ai toujours eu besoin de me renouveler »

© Benjamin Decoin/M6

Actrice, animatrice, autrice engagée… elle enchaîne les projets avec passion. De « Nouveau jour » au « Meilleur Pâtissier », en passant par la sortie prochaine de son roman, elle se confie sur ses rôles, ses combats et son équilibre de vie, entre force et sincérité.

Vous incarnez Émilia dans « Nouveau Jour », la nouvelle série quotidienne de M6 et RTL tvi. Comment ce rôle vous a-t-il été proposé, et qu’est-ce qui vous a convaincue d’accepter ?

On m’avait parlé de cette série, il y a déjà quelque temps. Les scénarios m’ont immédiatement fascinée - c’est l’un des rares projets que j’ai lus d’une traite. Mais au moment du tournage, j’étais déjà engagée sur « Le Meilleur Pâtissier » et j’ai dû décliner, à regret. Finalement, la production m’a proposé un rôle sur mesure, qui m’a permis d’apparaître dès les premiers épisodes… puis de revenir.


Qui est Émilia ? Est-elle proche de vous ?

Il s’agit d’un personnage à la fois proche et éloigné de moi. Je n’avais jamais joué ce type de femme. Emilia est solaire, positive, avec une grande générosité. Elle veut créer une école d’hôtellerie pour des jeunes en difficulté. Mais elle cache aussi un lourd secret. Elle est l’épouse de Clément, l’ex-mari violent de Louise. C’est un rôle fort, complexe, que je défends avec beaucoup d’intensité.


Qu’est-ce qui distingue « Nouveau jour » des autres fictions du même genre ?

C’est une série profondément féminine, qui valorise des parcours de femmes, des histoires intimes, puissantes, souvent invisibilisées. Les textes sont bien écrits, la réalisation soignée, et visuellement, c’est magnifique. C’est une grande satisfaction.


Ce rythme de quotidienne, exigeant et soutenu, vous évoque forcément vos années dans « Plus belle la vie ».

Bien sûr. J’y ai passé 14 ans. Même si j’ai toujours mené d’autres projets à côté, ce format demande une vraie discipline. Il faut se renouveler sans cesse. C’est ce que je fais aussi avec mon roman, qui sortira à l’automne. Je l’ai écrit pendant deux ans et demi.


Vous retrouvez d’anciens camarades dans « Nouveau Jour » !

Oui, Juliette Chêne notamment, ou Aurélie Konaté. Jean-Baptiste Shelmerdine, on se connaît du théâtre… Même l’équipe technique compte des visages familiers. Ça crée une belle ambiance, et on se sent tout de suite moins seule.


Vous donnez la réplique à Helena Noguerra, qui est belge. Vous tournez beaucoup ensemble ?

Oui, nous avons pas mal de scènes en commun. Une complicité s’est installée naturellement entre nous. Je suis dans « ma tour», comme je dis, au château, et cela fait un mois que l’on enchaîne les scènes. Je découvre chaque jour une artiste généreuse, disponible. Vous m’apprenez qu’elle est née en Belgique ! (Rires) Elle me l’avait cachée…


Comment gérez-vous cette période d’intense activité ?

Tout repose sur un bon dosage, et sur le fait de rester à l’écoute de son corps. Je veille à mon sommeil, à ce que je mange… J’ai eu un gros lumbago l’année dernière qui m’a rappelé que le corps a ses limites. Il faut savoir lever le pied, même quand on adore ce qu’on fait.


Le rôle d’animatrice dans « Le Meilleur Pâtissier », c’était une envie de longue date ?

C’était inattendu. Et j’ai adoré. C’est un tout autre métier, avec beaucoup de spontanéité et de naturel. Cette saison, je me suis sentie plus à l’aise, plus libre. L’équipe m’a accordé davantage de confiance. C’était fluide, joyeux.


Comment décririez-vous votre manière d’animer ?

Naturelle, à mon image. Je reste moi-même. Je goûte par respect pour les pâtissiers, j’essaie de comprendre les analyses de Cyril Lignac et Mercotte. C’est passionnant de se plonger dans leur univers.


Vous avez vécu la dernière saison de Mercotte. Comment l’avez-vous ressentie ?

Je ne la connais que depuis un an. Mais je sais ce qu’elle représente. Elle a marqué l’émission pendant 14 saisons. C’est énorme. Elle va laisser un vide, c’est certain. Elle est aimée du public, et elle va nous manquer à tous. 


On dit qu’il y aura deux candidates belges cette saison. Vous confirmez ? (A l’heure où nous bouclons nos pages, M6 n’a pas confirmé la date de diffusion)

Oui, c’est vrai, il y en a deux ! Mais je ne peux pas en dire plus, c’est un peu tôt. Vous verrez tout ça lors de la diffusion. Deux fois plus de chances pour la Belgique, donc.


Vous pourriez vous imaginer animer d’autres formats ? Un magazine ? Un documentaire ?

Oui, pourquoi pas, à condition que cela reste dans la même logique : des émissions de proximité, où je peux être en lien avec les gens. J’aime la spontanéité. Je ne me vois pas dans un format trop rigide, mais un magazine humain ou un documentaire engagé, pourquoi pas.


Votre carrière est marquée par une grande diversité…

Oui, et j’aime ça ! J’ai toujours eu envie d’apprendre, de découvrir. Série, théâtre, roman, chanson… C’est une richesse incroyable.


Vous avez connu des moments d’exposition très forte, d’autres plus calmes. Comment avez-vous traversé ces cycles ?

Je ne les ai pas vécus comme des creux, mais comme des respirations. Après « Plus belle la vie », j’ai enchaîné avec des projets pour TF1, M6, France Télévisions… Je n’ai jamais vraiment arrêté. La seule période où je me suis mise en retrait, c’est quand ma fille est née. Après 11 ans de combat pour devenir maman, j’avais besoin de profiter pleinement de cette étape. Je ne le regrette pas une seconde. 


Vous avez été la première personnalité à parler publiquement de l’endométriose en France. Aujourd’hui, sentez-vous que les choses ont changé ?

Complètement. J’en suis fière. Quand j’ai pris la parole en 2013, on en parlait peu. Aujourd’hui, la maladie est mieux connue, mieux prise en charge, mieux comprise. Les pouvoirs publics s’y intéressent enfin, et de nombreuses femmes osent en parler. Il reste du chemin, mais on avance. Je continuerai cette bataille.


Avez-vous eu des retours de femmes touchées par la maladie ?

Oui, énormément. Des témoignages bouleversants, dans la rue, en dédicace, sur les réseaux. Des lettres aussi. Parfois, je suis émue. J’ai l’impression d’avoir contribué à briser un silence. Si ma parole a pu aider ne serait-ce qu’une femme à se sentir moins seule, alors tout ça a un sens. 


Vous êtes discrète sur votre vie privée. Comment parvenez-vous à préserver ce cocon familial, dans un métier aussi exposé ?

C’est un équilibre à construire. Je tiens à protéger ma fille, notamment son image. Je ne montre pas son visage sur les réseaux, par choix. Mais on s’organise. Son père et moi faisons au mieux. Ma mère m’aide beaucoup aussi. Et puis, comme toutes les mamans qui travaillent, je m’adapte. Je fais des allers-retours, je la fais venir avec moi quand c’est possible. C’est un quotidien à mille à l’heure, mais on y arrive.


Vous avez dénoncé récemment une vidéo truquée vous utilisant à votre insu…

Oui, et c’était important pour moi de réagir. Une vidéo générée par IA prétendait que j’avais perdu du poids grâce à des pilules miracles. C’est totalement faux et contraire à mes valeurs. Je me suis mobilisée pour la faire retirer, et cela m’a rappelé à quel point il est essentiel de rester vigilant face aux contenus qui circulent. Mon message est simple : si ce n’est pas publié sur mes réseaux officiels, ne vous y fiez pas. Restons attentifs et solidaires face à ces dérives.


Si vous deviez résumer ce moment de votre vie en un mot ?

Accomplissement. Je fais ce que j’aime, je me sens utile, je suis bien entourée. C’est précieux.

Maxime GUÉNY

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