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2 février 2026

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Kenza Saïb-Couton : « Nous avons vraiment créé une famille »

©NicolasLEFEVRE / TELSETE / TF1

Depuis 2017, elle incarne Soraya avec une sincérité qui traverse l’écran dans « Demain nous appartient ». Pour Zenio, la comédienne revient sur ses débuts, les moments forts, les amitiés, les scènes cultes et l’impact d’une fiction devenue un véritable phénomène populaire.

Vous êtes, avec Ingrid Chauvin et Alexandre Brasseur, l’un des tout premiers visages que le public a découverts dans « Demain nous appartient », le 17 juillet 2017. Vous souvenez-vous de votre premier jour ?

Oh oui, évidemment que je m’en souviens, comme si c’était hier. J’ai un rapport au temps très particulier avec DNA. J’ai l’impression que ce premier jour date d’hier… et d’il y a vingt ans à la fois. J’avais 24 ans, je sortais de l’école de théâtre, c’était la première journée de tournage de toute ma vie. Je n’avais aucune expérience avant, donc j’étais à la fois surexcitée et terriblement stressée. C’était une séquence mixte, de nuit, et je devais donner la réplique directement à Ingrid Chauvin, que je voyais à la télévision depuis toujours. Un souvenir immense, un moment fondateur.


Qu’est-ce qui vous a convaincue de rejoindre cette aventure dès le départ ?

La possibilité de travailler, tout simplement. Qu’on me fasse confiance et qu’on me confie un rôle aussi jeune. On cherchait un profil comme le mien et j’ai été contactée pour passer le casting. À l’époque, j’étais ouvreuse dans un théâtre, encore étudiante, partagée entre l’école et la fac. J’étais avec mon meilleur ami lorsque j’ai reçu l’appel m’annonçant que j’étais prise. J’ai littéralement sauté de joie. On m’avait annoncé au départ une simple saga de l’été… et huit ans plus tard, je suis toujours là. Une sacrée chance, ce coup de fil !


Votre personnage a traversé de grandes épreuves… Comment avez-vous vécu ces moments en tant qu’actrice ?

C’est particulier à dire, mais ces grandes étapes dramatiques sont terribles humainement, tout en étant des cadeaux pour une comédienne. La disparition de Leïla, par exemple, a renforcé la relation entre elle et sa fille. Ce sont des moments douloureux, mais qui offrent des scènes magnifiques à jouer. En même temps, je sais que pour les téléspectateurs, cela reste un souvenir très triste. Beaucoup m’en parlent encore.


On sent une vraie complicité avec Sahelle de Figueiredo, qui joue Noor. Cette entente se poursuit-elle hors caméra ?

Bien sûr. Sur une quotidienne, des amitiés fortes se créent forcément, cela ne peut pas rester uniquement à l’écran. L’aventure dure depuis le début, et même si certains comédiens nous ont rejoints plus tard, il s’est créé quelque chose de très puissant. Nous sommes loin de nos proches ; nous les quittons chaque dimanche soir et vivons la semaine à Sète. Une famille de substitution s’est formée dans le Sud. Avec Sahelle, ce n’est pas du tout du cinéma, c’est un lien réellement fraternel. Elle est comme ma petite sœur.


Au fil des péripéties, avez-vous l’impression de grandir en même temps que Soraya ?

Forcément. Je ne sais pas vraiment si c’est moi qui la nourris ou si c’est elle qui m’enrichit. Nous avons grandi ensemble. Je suis un peu plus âgée qu’elle, j’ai une petite longueur d’avance, je suis déjà maman d’un petit garçon de quatre ans. Certaines expériences que Soraya traverse actuellement sont des étapes qu’elle aimerait franchir et qui lui sont encore difficiles. J’ai peut-être davantage de maturité sur certains aspects, et à l’inverse, Soraya vit des choses que je n’ai jamais eues à traverser. C’est un échange permanent d’énergie.


Nous pensons à cette scène hilarante où Soraya et Gabriel se retrouvent à faire l’amour chez les voisins… Ça devait être folklorique à tourner, non ?

(Rires)  Ah oui, c’était complètement hilarant. Toute cette intrigue autour des chocolats de William, on en entendait parler depuis longtemps. Les auteurs étaient morts de rire en l’écrivant. Avec Martin Mille (Gabriel), on avait un vrai challenge, car tout le monde comptait sur nous pour être à la hauteur de la blague. Sincèrement, on s’est régalés. On a une très belle complicité, on travaille ensemble depuis des années. Au-delà de la comédie, j’adore que cette histoire aborde un sujet important – les difficultés à concevoir un enfant – tout en conservant une tonalité légère.


Soraya est une avocate affirmée. Qu’est-ce que cela vous permet d’explorer dans votre jeu ?

Beaucoup d’assurance. Le rôle m’oblige à explorer la confiance, la fermeté, l’affirmation. Je dois aussi m’accrocher pour retenir tous les termes juridiques, ce qui n’est pas simple. Mais j’apprends énormément. Je suis entourée de partenaires excellentes, comme Jennifer Lauret. Je me nourris beaucoup de leur jeu.


À l’écran, on pourrait croire que vous êtes une véritable femme de loi !

Merci, ça me touche. A vrai dire, je crois que je serais meilleure médecin (Rires). Comme je suis hypochondriaque, je retiens beaucoup plus facilement les textes de Solène Hébert (Victoire Lazzari), les noms de médicaments, les examens médicaux… Allez comprendre !


Sète est devenue un personnage à part entière de la série. Que représente cette ville pour vous ?

C’est ma deuxième maison. Un endroit où je me sens bien, où j’aime passer du temps, que je travaille ou non. Ma famille et mes amis viennent aussi s’y ressourcer. Après toutes ces années, je crois pouvoir dire que nous avons été adoptés par les Sétois.


Comment vivez-vous la popularité de la fiction et la reconnaissance du public ?

Je suis sincèrement reconnaissante envers le public. C’est incroyable de voir la place que nous occupons chaque soir dans la vie de millions de personnes. J’ai encore du mal à réaliser que nous sommes si présents dans leur foyer. L’été, lors des festivals ou à Sète, c’est impressionnant de voir les fans attendre devant les studios juste pour apercevoir quelqu’un. Lorsque je fais mes courses avec une casquette, je me dis que moi-même je ne me reconnaîtrais pas… alors comment font-ils ? (Rires) C’est grâce à cette fidélité que la série existe aujourd’hui.


En Belgique, la série cartonne également !

C’est vrai ? Merci, vous êtes formidables ! On a souvent des fans belges qui viennent jusqu’à Sète. Toujours adorables, chaleureux, investis. Certains nous taquinent parce que vous avez un épisode d’avance. Si cela fait de belles audiences chez vous, tant mieux.

Fabrice STAAL

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