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10 juillet 2025

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Heather Tom : « Être maman est mon plus grand privilège »

© Gilles Toucas/CBS

Éternelle Katie Logan Spencer dans le soap culte de TF1, elle reste plus glamour que jamais. Avec humour et spontanéité, la star se confie à Zenior sur sa famille, ses envies du moment… et son secret pour rester au top.

Cela fera bientôt trente-cinq ans que vous incarnez ce personnage dans « Amour, Gloire et Beauté », connu en Belgique sous le nom de « Top Models ». Quel regard portez-vous sur ce parcours exceptionnel ?

Je vous avoue que je réalise à quel point j’ai eu de la chance, et combien il est rare de pouvoir regarder en arrière avec autant de beaux souvenirs à savourer. J’en suis reconnaissante. Mais je ne suis pas arrivée là toute seule. J’ai croisé sur mon chemin des soutiens, des mentors et même de véritables légendes qui ont placé la barre très haut en matière d’exigence et de valeur. Sans toutes ces personnes formidables qui m’ont ouvert des portes, défendue, encouragée et poussée à avancer — même dans les moments difficiles — je ne sais pas où je serais aujourd’hui. On pourrait croire, en lisant ma biographie, que tout s’est déroulé sans accroc… mais le parcours a été semé de nombreux défis.

Qu’est-ce qui vous revient en mémoire quand vous repensez à votre toute première scène ? Une émotion vous a-t-elle marquée ce jour-là ?

Oui, j’étais très jeune, encore une enfant en réalité. Je me souviens très bien de ce premier jour. C’était un mélange incroyable d’excitation, de bonheur de voir mes rêves se réaliser… et d’une peur panique, celle de me planter complètement. Je me rappelle surtout que tout le monde autour de moi était bienveillant et à l’écoute. Ils ont tout fait pour que je me sente à l’aise.

Après tant d’années dans ce domaine, comment maintenez-vous votre passion et votre créativité ?

Pour moi, c’est quelque chose de très naturel. Je n’ai pas besoin de techniques spécifiques pour rester inspirée ou motivée. L’envie est toujours là, intacte, et je prends encore beaucoup de plaisir à créer, à jouer, à raconter des histoires. Ce métier continue de m’animer, et j’ai cette impression très claire d’être exactement là où je dois être, à ma juste place.

Vous êtes aujourd’hui l’actrice la plus récompensée dans les soaps, avec six Emmy Awards. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je ne vais pas faire semblant, c’est évidemment très gratifiant de recevoir une distinction décernée par mes pairs de l’industrie de la télévision. La reconnaissance de mes collègues a une grande valeur pour moi. Cela dit, au quotidien, le travail reste le même. Je continue à venir chaque jour avec la même passion et l’envie de tout donner. Je ne tiens rien pour acquis, et comme on le dit souvent, on ne vaut jamais mieux que sa dernière performance. C’est ce défi constant qui me motive, et je n’ai pas l’intention de m’arrêter de sitôt.


Vous êtes la maman d’un garçon de 12 ans, Zane. Comment la naissance et l’arrivée de cet enfant ont-elles transformé votre vie ?

La maternité m’a complètement bouleversée, mais dans le meilleur sens du terme. Rien ne peut vous préparer à devenir parent. Je sais que c’est cliché, mais donner naissance et tenir ce bébé dans ses bras pour la première fois, c’est comme être traversée par une immense décharge d’amour, une énergie cosmique. Je comprends maintenant ce que veulent dire celles qui affirment qu’elles grimperaient une montagne ou traverseraient un océan pour protéger leur enfant. Être maman est une aventure que j’adore. C’est le plus grand privilège de ma vie.


Comment parvenez-vous à concilier votre rôle de mère avec une carrière aussi exigeante ?

Avec beaucoup de prudence, et parfois un peu maladroitement. Quand on veut être à la fois le meilleur parent et le meilleur professionnel, il faut fixer des limites claires de part et d’autre, et accepter de prendre du recul par moments pour accomplir pleinement ce que l’on a à faire. On ne peut pas être présent chaque seconde pour tout. Il faut parfois faire des choix difficiles, et quand les choses ne se passent pas comme prévu, il faut apprendre à composer avec. Quand je réalisais une série télévisée à Atlanta, à des centaines de kilomètres de Zane, la séparation a parfois été très douloureuse, pour lui comme pour moi. Heureusement, nous sommes deux à nous occuper de lui, et je savais que James, mon mari, était là pour veiller sur lui. Il était entre de très bonnes mains. Avoir une relation stable et pouvoir partager les responsabilités parentales est une véritable chance. J’en suis pleinement consciente.


Avez-vous déjà envisagé de collaborer sur un projet artistique avec votre fils, ou de créer quelque chose inspiré de votre expérience maternelle ?

Pourquoi pas ? Nous avons travaillé ensemble presque tout de suite après la naissance de Zane, sur « Amour, Gloire et Beauté ». Ma grossesse avait été intégrée au scénario, donc quand il a fallu un bébé pour incarner mon fils à l’écran, j’ai proposé que Zane joue le rôle de Will. C’était une belle opportunité, car cela me permettait de l’avoir près de moi sur le tournage. Bien sûr, c’était parfois un peu surréaliste, voire déconcertant. Mais dans l’ensemble, cela s’est très bien passé. À l’avenir, je reste ouverte à toutes les possibilités. On ne sait jamais ce que la vie peut offrir. Cela dit, j’encourage Zane à se rebeller un peu… et à tout faire sauf une carrière dans le show-business.


Vous avez récemment scénarisé un épisode centré sur les relations mère-fille. Était-ce une manière d’honorer votre propre maman ?

Lorsque Brad Bell, le producteur exécutif et scénariste en chef, et moi avons commencé à discuter de ce projet, le souvenir de ma maman m’est revenu en tête. Sa disparition était encore récente, et j’ai su que je voulais lui rendre hommage d’une manière ou d’une autre. J’ai donc intégré à Katie une part d’elle-même qui est encore en deuil de sa propre mère. Cela m’a permis d’écrire avec le cœur, et de jouer avec la même sincérité lorsque nous avons tourné les scènes. C’est ce qui a rendu cette expérience si particulière pour moi. J’espère que cela touchera le public d’une façon ou d’une autre, pour que je puisse aussi partager ces émotions avec lui.


Depuis 2024, vous avez également rejoint l’équipe de scénaristes de « Amour, Gloire et Beauté ». Comment cette transition s’est-elle déroulée ?

Je connais Brad Bell depuis l’âge de quinze ans, donc nous nous comprenons très bien. L’idée est venue naturellement, même si au début, je ne savais pas vraiment comment cela allait se passer. Aujourd’hui, je peux dire que cela me semble être une évolution tout à fait logique pour moi. J’écris depuis toujours et j’ai de grandes ambitions en tant qu’autrice, créatrice et productrice dans le domaine du cinéma et de la télévision. Ce projet constitue une nouvelle étape vers la concrétisation de mes aspirations les plus profondes. Je suis très reconnaissante envers Brad de m’avoir fait confiance et de m’avoir offert cette chance d’explorer un autre aspect de la création.


Quel a été le plus grand défi en écrivant, dirigeant et jouant dans un même épisode ?

Le plus grand challenge, c’est de ne pas pouvoir être à deux — voire trois — endroits en même temps. Littéralement. J’ai dû faire appel à un collègue pour m’épauler derrière la caméra pendant que je jouais. Heureusement, je n’apparais que dans quelques scènes, donc cette partie a été assez brève. Je me sens chanceuse d’être entourée d’amis et de collègues bienveillants, qui me soutiennent et m’encouragent dans cette aventure.


L’épisode 9491, entièrement féminin, a marqué l’histoire du soap. Quelle importance avait-il pour vous personnellement ?

C’était un rêve qui devenait réalité. Relever un tel défi, puis recevoir un accueil aussi positif, c’était tout simplement incroyable. J’ai encore du mal à y croire, je me demande parfois si tout cela s’est vraiment passé. J’espère que ce ne sera que la première d’une longue série d’occasions où je pourrai porter plusieurs casquettes sur une production.


Souhaitez-vous écrire d’autres épisodes autour des relations familiales ou féminines ?

Je fais désormais partie de l’équipe, ce qui est une vraie chance. Je participe en continu à l’écriture de nouveaux épisodes de « Amour, Gloire et Beauté ». Chaque péripétie met en lumière les relations familiales et les liens entre femmes, qu’elles soient mères, filles, collègues ou rivales. J’ai quelques projets créatifs personnels sur lesquels je travaille en parallèle… À suivre !


En novembre 2025, vous allez fêter vos 50 ans. Comment abordez-vous ce cap symbolique ?

J’ai vu récemment tellement de femmes formidables franchir cette étape avec grâce, style et ambition, en brisant des frontières et en faisant tomber des barrières. Elles m’inspirent énormément, et cela me donne vraiment envie d’y entrer à mon tour. Et puis, avec la maturité vient – espérons-le – la sagesse, non ? Alors j’ai hâte d’en gagner un peu plus. En théorie, cela devrait rendre les choses plus simples. Je me suis fixé de nouveaux objectifs et, sincèrement, j’ai l’impression que ce n’est que le début. Cela m’a aussi donné une motivation supplémentaire.


Vous connaissez la Belgique, notamment Bruxelles où vous êtes déjà venue goûter nos chocolats. Nous nous étions rencontrés à cette occasion. Quel souvenir gardez-vous de notre pays ?

Je m’en souviens très bien ! Comment pourrais-je oublier cette journée où vous nous avez fait découvrir la ville, John McCook et moi, avec une longue halte chez le chocolatier « Wittamer ». Nous avons même eu la chance d’aller en cuisine pour voir comment tout était préparé. C’était inoubliable. Merci du fond du cœur pour votre accueil si chaleureux. Nous n’avons passé qu’une journée dans votre belle capitale, mais je me souviens aussi de l’interview télé que nous avons donnée sur RTL tvi. Ensuite, nous avons visité la Grand-Place, et bien sûr, nous ne pouvions pas manquer le Manneken Pis. La beauté de la ville et l’accueil si chaleureux que nous avons reçu resteront gravés dans mon cœur. J’adorerais revenir très bientôt.

Fabrice STAAL

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