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26 juin 2025

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Fin de partie pour La semaine des 5 heures sur La Première

© RTBF

Le programme phare de La Première tirera sa révérence ce vendredi. En cause, officiellement, des contraintes budgétaires. Officieusement, un ton jugé trop libre pour la nouvelle ligne de la RTBF.

C’est un monument de la radio belge qui s’apprête à disparaître. La semaine des 5 heures, émission quotidienne emblématique de La Première depuis 1995, s’arrêtera définitivement ce vendredi. Une fin confirmée par Rudy Léonet auprès du journal L’Avenir, mettant un terme à trois décennies de rendez-vous radiophonique marquant.

L’annonce a été faite jeudi après-midi aux deux animateurs, Hugues Dayez et Rudy Léonet, par la RTBF. Une communication tardive, justifiée par la crainte d’un coup d’éclat à l’antenne. « Comme si nous n’étions pas des professionnels », commente Rudy Léonet, visiblement amer.

L’émission, au fil du temps, avait su rassembler une large communauté d’auditeurs fidèles, se hissant même à la deuxième place des podcasts les plus écoutés de la RTBF. Un succès populaire qui n’aura pourtant pas suffi à garantir sa survie.

Les raisons officielles évoquent des impératifs budgétaires. Trop coûteuse dans le contexte actuel, La semaine des 5 heures ne rentre plus dans les plans de l’entreprise. Rudy Léonet avait pourtant proposé une baisse volontaire de sa rémunération de 12 %, sans réponse de la part de la direction.

Mais en coulisses, d’autres explications circulent. Sur la page Facebook de l’émission, un message partagé par Léonet évoque des motifs moins avouables : une émission devenue, selon certains, trop dérangeante, trop critique, trop éloignée de l’image que veut désormais véhiculer la RTBF. Âgés d'une cinquantaine d'années, les deux animateurs auraient été jugés trop vieux, trop masculins, trop hétéro-normatifs pour une antenne en quête de renouvellement.

Plus profondément, c’est le regard indépendant porté sur la culture — y compris sur les productions de la RTBF elle-même — qui aurait fini par poser problème. Un ton libre, parfois acerbe, mais toujours passionné, qui a longtemps fait la marque de fabrique de La semaine des 5 heures.

Le dernier épisode prévu ce vendredi s’annonce chargé d’émotion pour les auditeurs comme pour les animateurs, qui referment ainsi une page de l’histoire radiophonique belge.

 

Fabian FALQUE

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