21 novembre 2025
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Antonio Fargas : « Huggy appartient au public »

© 00711430/Bestimage/PhotoNews
Sans ses précieux tuyaux, nos deux flics auraient vite perdu la piste. En juin dernier, son interprète a refait parler de lui en arrivant, grand style, dans la légendaire Ford Gran Torino au 64e Festival de Télévision de Monte-Carlo.
À quel moment avez-vous compris que votre personnage allait devenir si populaire ?
Au départ, je devais simplement apparaître dans quelques scènes, une seule même dans l’épisode pilote. Je n’ai pas eu besoin d’auditionner puisque Barry Shear, le réalisateur de « Meurtres dans la 110e rue », m’avait choisi directement, ainsi que Richard Ward, pour jouer dans « Starsky & Hutch ». Richard incarnait alors le capitaine Dobey, mais son style était un peu trop dur, trop imposant. Ils l’ont finalement remplacé par Bernie Hamilton, plus chaleureux, ce qui correspondait mieux à l’esprit de la série. De mon côté, je ne savais pas du tout que Huggy allait prendre autant d’importance. Heureusement, mon agent avait été malin. Mon contrat couvrait toute la production, donc même si je n’apparaissais que dans quelques épisodes, j’étais payé pour chacun d’eux (Rires). Puis le personnage a pris son envol, au point qu’ils ont envisagé de lui consacrer une série dérivée.
Cette série dérivée aurait-elle pu voir le jour ?
Oui, l’épisode « Pas de chance », Huggy devait en être le point de départ. C’était un peu comme pour Fonzie à qui on proposait sa propre série. Il a préféré rester dans « Happy Days ». Pour moi, c’était pareil. J’étais heureux là où j’étais. Huggy appartenait à cet univers, à ses amis, à ses flics et bien sûr au public.
Auriez-vous aimé qu’il y ait une cinquième saison de « Starsky & Hutch » ?
Je crois que tout le monde commençait à être un peu fatigué. Tourner cette série demandait énormément d’énergie, de concentration et de passion. C’était une aventure intense, mais magnifique. Et quand on est un acteur noir à Hollywood, on sait qu’obtenir un rôle pareil, c’est un peu comme gagner au Lotto. Alors oui, on aurait aimé que ça continue, mais je comprends qu’ils aient voulu passer à autre chose. Ce qui est drôle, c’est que beaucoup de gens ne se sont même pas rendu compte que la fiction s’était arrêtée. Elle était rediffusée sans arrêt.
Êtes-vous resté en contact avec Paul Michael Glaser et David Soul ?
Oui, bien sûr. On n’avait pas besoin de se voir souvent, mais chaque rencontre comptait. Il y avait une vraie complicité entre nous. L’un de mes plus beaux souvenirs, c’est ce vol pour New York. David y allait aussi, et on a discuté tout le long. Il m’a dit qu’il aimerait passer chez moi pour découvrir mon projet d’appartement sur la 25e rue. Il est venu, et les gens du quartier se pressaient aux fenêtres, frappaient à la porte. Lui, assis dans mon salon, saluait tout le monde avec son sourire d’ange. Il ressemblait à un chérubin. Ce moment-là, je ne l’oublierai jamais. C’était simple, sincère et magique.
Julie VINCENT
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Journaliste, réalisatrice et productrice, elle a marqué la télévision par des formats audacieux en prise avec les évolutions de la société. Ce parcours a conduit le Festival de Télévision de Monte-Carlo à la nommer présidente du jury documentaire en juin dernier.





