28 novembre 2025
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Anouchka, Etienne et Eugène : Les grandes retrouvailles

© RTL
Trente-huit ans après avoir lancé la toute première émission enfantine de RTL tvi, « Samedi en fête », le trio se retrouve comme à la récré. Émotion garantie, fous rires compris et confidences en pagaille…
Vous voilà de nouveau ensemble grâce à Zenior. Le fil s’était-il rompu ?
Anouchka : Oui, hélas. On a chacun suivi son chemin et on s’est un peu perdu de vue. J’y pensais souvent et je n’ai jamais oublié Eugène, mon grand copain. Les revoir me réchauffe le cœur.
Vous souvenez-vous de vos débuts ensemble ?
Étienne : Au départ chez RTL, Jean-Paul Delcominette, un des patrons de l’époque, arrive avec trois quarts d’heure de retard et nous accorde quinze minutes pour le convaincre. J’ai lancé « C’est plus qu’il n’en faut ! ». Deuxième entretien avec Jean-Charles de Keyser, le patron de TVI, puis un troisième avec Anouchka, qui se met à bavarder avec Eugène comme si elle le connaissait depuis toujours. C’est ainsi qu’a démarré « Samedi en fête ».
Eugène : Ah, les fameux tiroirs à cadeaux ! J’aimais donner les réponses… et je me faisais gronder après ! (Rires)
Anouchka, vous aviez déjà présenté « La Bande à Grobo » aux côtés de Claude Rappé et Franck Olivier sur RTL Télévision. Cette expérience vous a-t-elle donné envie de replonger dans l’univers jeunesse ?
Oui, on m’a confié la production des programmes « Samedi en fête » le samedi et « Chocolat Show » le dimanche. L’idée m’a séduite d’emblée. J’aime travailler avec les enfants.
Étienne, qu’est-ce qui vous a décidé à devenir, avec Eugène, le visage de l’émission ?
Mon goût pour la ventriloquie est né d’un numéro de magicien comique… raté ! Après quelques tours achetés dans une boutique bruxelloise, je découvre les marionnettes. Le vendeur me conseille un livre que j’achète — avec Eugène. J’ai tout appris seul et passer à la télévision a été un vrai accomplissement.
Aviez-vous des inquiétudes face au « Club Dorothée » sur TF1 ?
Anouchka : Non. J’ai rencontré une équipe de Disney car je voulais des dessins animés non violents. À l’époque, de nombreux programmes japonais ou chinois étaient trop musclés pour les tout-petits. Je tenais à proposer un format plus doux. Peu à peu, l’émission a trouvé son public et a fini par devancer Dorothée en parts de marché en Belgique. Ainsi ont commencé les collaborations avec Disney sur RTL tvi. Nous avons reçu de superbes films d’animation, de vrais cadeaux pour les jeunes téléspectateurs, et cette alliance a donné un bel élan à l’émission.
« Samedi en fête » a marqué une génération. En gardez-vous un bon souvenir ?
Anouchka : Excellent ! L’alchimie a pris d’emblée entre nous. L’ambiance en studio était formidable, on riait, et parler à une marionnette était un plaisir… oh pardon, Eugène !
Eugène : Aucun souci, je suis une marionnette, toi une humaine… chacun son rôle !
Étienne : Ce qui comptait, c’est que nous ne répétions pas. La spontanéité donnait ce ton si naturel.
La seconde émission, « Chocolat Show », a permis à un jeune talent de faire ses premiers pas à la télévision…
Anouchka : Eh oui. Je racontais des histoires chaque dimanche, en petits scénarios. Dans les couloirs de RTL, j’ai croisé Olivier Minne, alors à la technique. C’était l’homme à tout faire. J’ai voulu un visage encore plus jeune dans l’équipe et je lui ai proposé de passer à l’écran. Il a accepté et s’est révélé un très bon comédien.
Après votre départ forcé en 1988, Sabine Mathus a repris le flambeau. Comment avez-vous vécu cette transition ?
Eugène : Un choc pour moi… et pour mon petit cœur en bois !
Étienne : La direction nous a convoqués et je me suis retrouvé dans le bureau de Jean-Charles de Keyser avec Sabine. On s’est demandé ce qu’on allait faire. On a choisi de conserver la formule, et tout s’est bien passé.
En 2025, les émissions jeunesse ont disparu des chaînes généralistes. Cela vous attriste-t-il ?
Anouchka : Oui. Je recevais beaucoup de courriers d’enfants — pas seulement pour moi, mais aussi pour Eugène et Étienne. Ils se levaient tôt pour regarder l’émission. On était un peu la baby-sitter de l’époque, pendant que les parents dormaient. C’était précieux et j’en entends encore parler. Ces enfants sont devenus adultes et partagent toujours leurs souvenirs. Ma fille Tatiana a des amis qui me disent « Chocolat Show » et « Samedi en fête », c’était tout notre week-end !
Eugène : Ces mômes ont quarante ans aujourd’hui… et moi, paraît-il, je n’ai pas pris une ride !
Anouchka : C’est un scandale ! (Rires) Comment fais-tu pour rester éternellement jeune ?
Eugène : J’ai perdu quelques poils, pour le reste rien n’a bougé. Pas de crème le matin, je suis 100 % naturel !
Étienne, que faites-vous aujourd’hui ?
Je me bats contre un petit crabe, mais cette parenthèse médicale m’a ramené à mes premiers amours, la musique. Rock, progressif, psychédélique… À présent, j’achète et je vends des vinyles. Le format revient en force, on en trouve partout, même en brocante.
La ventriloquie reste d’actualité, notamment grâce à Jeff Panacloc et Jean-Marc.
Étienne : Il évolue sur un autre terrain, mais dès qu’une marionnette revient à la télé, le public suit. Ça fait rêver, et c’est de cela qu’on a besoin, l’imaginaire. Mon père, qui faisait du théâtre amateur, m’a donné un conseil précieux. Un jour, il est venu me voir jouer, et plutôt que de me regarder, il a observé la salle pour comprendre les réactions. Il me répétait que j’avais un don. Quand j’entre sur scène, je remplis l’espace. Il ajoutait que les gens souriaient tout du long, sans recours au pipi-caca. Il aimait cet humour varié, poétique, rythmé. Depuis, j’ai cultivé ce sourire… avec, parfois, une histoire un peu osée (Rires).
Fabrice STAAL
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