4 novembre 2025
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Éric Antoine : « Le rire, c’est mon plus grand pouvoir »

© Benjamin Decoin/M6
Vingt ans de tours, dix saisons de talents et toujours la même lueur malicieuse dans le regard. Pour Zenior, le magicien préféré du petit écran s’est laissé prendre… au jeu de l’interview exclusive. Entre un tour de cartes et deux éclats de rire, il parle projets, passions et amour pour la Belgique.
Comment expliquez-vous votre longévité au sein du jury de « La France a un incroyable talent » ?
C’est une émission qui rassemble les publics de tous âges et horizons. Ce concours met en lumière des personnes dont le rêve est de faire vibrer, émouvoir ou surprendre. Au fond, c’est une célébration de ce que l’humanité a de plus généreux. Et puis, le panel des candidats est tellement varié et inattendu. On passe d’un jeune rappeur de quatorze ans, surexcité par sa première télé, à une famille de Versailles qui entonne des chants grégoriens. En tant que juré, cette diversité rend l’aventure stimulante. C’est sans doute ce mélange d’émotion et de surprise qui me donne envie d’y revenir, saison après saison. Chaque année, je découvre des talents qui me touchent, me font rire ou me laissent sans voix. Retrouver Hélène, Marianne, Karine et Sugar Sammy, c’est un peu comme rentrer à la maison. Nous formons un vrai clan, avec nos rires, nos débats et notre complicité.
Vous aviez participé à ce divertissement en tant que candidat, il y a vingt ans. Si c’était à refaire, vous retenteriez l’expérience ?
Absolument ! Ces derniers temps, j’ai même songé à me présenter à « America’s Got Talent », aux États-Unis. Ce serait un sacré défi de revivre cette aventure à l’étranger. L’idée me trotte souvent dans la tête. Ce serait une manière de sortir de ma zone de confort et de voir comment mes numéros seraient accueillis dans un autre univers télévisuel. Mon métier, c’est le spectacle. J’aime repousser les limites et tenter des expériences hors du commun. C’est ce qui me fait vibrer.
Vous apparaissez toujours souriant et positif à l’antenne. D’où vous vient cet état d’esprit ?
J’ai toujours pensé que c’était la meilleure attitude à adopter. Si l’on veut améliorer le monde, il faut d’abord accepter ses failles. Plutôt que de me complaire dans la mélancolie ou la morosité, je préfère répondre par la joie, le rire et l’espoir. C’est ce qui m’a conduit à m’engager auprès de nombreuses associations, dans les hôpitaux comme dans la protection animale. Je suis d’ailleurs végane depuis plusieurs années. Ces engagements donnent un sens profond à ma vie et m’aident à rester ancré dans le positif, malgré les turbulences de notre époque.
Votre rire est devenu une véritable signature…
Il paraît, oui ! Mon rire a marqué beaucoup de téléspectateurs et de candidats. J’en ai même développé plusieurs versions. Cette bonne humeur donne vie à l’émission et, je crois, aide les artistes à se détendre. C’est une énergie communicative qui traduit mon enthousiasme et ma bienveillance. Rien n’est jamais calculé. Quand quelque chose me fait sourire, c’est sincère.
Vous êtes aujourd’hui la personnalité française la plus présente sur les antennes de RTL Belgium. Vous le saviez ?
Pas du tout ! C’est une belle surprise et un vrai honneur. J’ai une relation très forte avec le public belge, peut-être parce que j’aime profondément son humour. Dans votre pays, on ne se prend pas au sérieux, et ce sens de l’absurde me parle énormément. J’ai adoré jouer au « Forum de Liège » ou au « Cirque Royal », où je me suis senti chez moi. Sans oublier les frites, évidemment… Je peux confirmer que j’en ai testé plus d’une !
La dernière saison des « Traîtres » s’est terminée sur la victoire de Marlène Schiappa, Christine Bravo et Théo Fernandez. Qu’aimez-vous le plus dans ce jeu ?
Ce format regorge de surprises, autant pour le public que l’équipe. Chaque participant se révèle différemment une fois son rôle attribué. Certains se métamorphosent, d’autres se dévoilent. Au fil des épisodes, une véritable histoire se construit, souvent plus palpitante que celle imaginée au départ. Le jeu est aussi passionnant d’un point de vue psychologique. Il montre comment un petit groupe détenant une information cruciale peut influencer un grand groupe qui ne la possède pas. Comme le pouvoir découle souvent du savoir, cela rappelle combien il est essentiel de s’informer et de comprendre pour agir.
Avez-vous déjà regardé la version belge ?
Oui, bien sûr. Elle a d’ailleurs été diffusée avant la version française chez nous, donc je l’ai visionnée avant nos tournages. Frédéric Etherlinck proposait un ton très différent du mien, presque façon « Faites entrer l’accusé », sombre et glacé. J’ai adoré. Cela m’a permis de construire un personnage plus théâtral, manipulateur et exubérant.
Après cinq saisons, « Lego Masters » s’arrête. Pourquoi ?
Mon emploi du temps est devenu trop chargé pour tout concilier. Avec les nombreux projets que je mène, il fallait faire des choix. Nous avons décidé de mettre cette compétition de Lego en pause. J’avais aussi le sentiment d’avoir exploré tout ce que le concept pouvait offrir.
« La Roue de la Fortune » signe un retour gagnant. Qu’est-ce qui, selon vous, fait toute la différence ?
S’il existait une formule magique pour le succès, tout le monde l’utiliserait ! Le public reste le seul juge. « La Roue de la Fortune » est un jeu familial et accessible, qui permet d’apprendre en s’amusant. Je crois que cette nouvelle version est arrivée au moment parfait. D’ailleurs, ce jeu a marqué mon enfance. J’adorais la version de Christian Morin, que je regardais avec ma grand-mère. Elle me prenait sur ses genoux… sauf qu’elle avait une poitrine imposante et que je me retrouvais coincé dans son décolleté ! (Rires) C’est une image qui me fait toujours rire, mais j’en garde un souvenir très tendre.
Il n’y a plus d’assistante pour retourner les lettres, comme le faisait Victoria Silvstedt et Annie Pujol. Est-ce un choix personnel ?
Oui, c’était une décision réfléchie. Quand j’ai repris « Le Juste Prix », j’avais déjà précisé qu’il était hors de question de réduire la présence féminine à un simple rôle de « présentatrice d’objets ». Ce serait anachronique. Dans la même logique, je veille à éviter toute forme d’exploitation du vivant, y compris dans mes choix professionnels. Pour « La Roue de la Fortune », j’ai proposé une coanimation mixte, mais la production a préféré une version solo. Plutôt que de revenir en arrière, j’ai accepté de porter le jeu seul.
Quel programme aimeriez-vous revoir à la télévision ?
Sans hésiter, « Tournez Manège » ! J’adorerais en présenter une version revisitée. Ce serait un vrai moment de comédie. Si vous pouvez transmettre le message à mes patrons… (Rires)
Que pensez-vous de l’arrivée d’Olivier Minne sur M6 ?
J’en suis ravi. C’est un animateur talentueux, cultivé et bienveillant. M6 développe beaucoup de jeux actuellement, donc un renfort comme lui est précieux. On s’est croisés plusieurs fois, notamment à « Fort Boyard », et on échange régulièrement quelques messages. Il m’avait d’ailleurs envoyé des mots adorables lors du lancement des « Traîtres ». Ce genre d’attention, ça compte.
Vincent Lagaf’ a également eu des mots très élogieux à votre égard…
Oui, c’est vrai. Vincent est une valeur sûre de la télévision. Quand il a relancé « Le Bigdil », il a tenu à retrouver son équipe d’origine, du réalisateur aux assistants. C’est une belle fidélité. Son parcours me parle car il vient de la scène, comme moi, avant d’exploser à la télé. Il a le cœur sur la main et un humour franc. On se comprend bien.
Vous allez célébrer vos vingt ans de carrière. Comment comptez-vous marquer le coup ?
J’aimerais rejouer mon tout premier spectacle, enrichi de nouveaux numéros. Ce sera une manière de retrouver le public de mes débuts. Je compte bien passer par la Belgique et revisiter les salles où j’ai vécu de si beaux moments. Je viens aussi de publier un « Dictionnaire jubilatoire de la magie et de l’illusion », où je mêle anecdotes, faits historiques et réflexions sur mon métier. Le tout, évidemment, avec une bonne dose d’humour.
Et vos cinquante ans, comment les abordez-vous ?
Avec un mélange de curiosité et de gratitude. C’est une étape étrange, mais je me sens comblé. J’ai connu tant d’aventures positives que je regarde ce cap avec sérénité. Je suis beaucoup plus apaisé. Repenser à mes débuts dans les mariages et goûters d’enfants me fait sourire. À l’époque, les magiciens me disaient de ne jamais faire d’humour, car ça « cassait le prestige ». Heureusement que je ne les ai pas écoutés. Aujourd’hui, des millions de personnes me connaissent grâce à ça. Offrir un peu de bonheur, c’est la plus belle des récompenses.
Les fêtes de fin d’année approchent. Quels sont vos plans ?
Cette année, ce seront des réveillons en famille à Paris, entouré de mes enfants, de mon épouse et de nos chiens. Mon frère et ma sœur seront là aussi, avec leurs enfants. J’aime cette période, pleine de chaleur et de lumière. Noël, pour moi, reste une fête profondément magique.
On vous sent très amoureux de votre femme, Gennifer Demey…
C’est vrai. Notre rencontre a été une belle surprise. Après ma séparation, il y a sept ans, je pensais mener une vie plus solitaire. Finalement, Gennifer m’a offert une nouvelle forme de liberté. Elle m’inspire, me fait grandir, me pousse à rester curieux et ouvert. Notre lien est solide, sincère, et je crois qu’il fait partie de ce que la vie m’a donné de plus précieux.
Rino GALLO
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Journaliste, réalisatrice et productrice, elle a marqué la télévision par des formats audacieux en prise avec les évolutions de la société. Ce parcours a conduit le Festival de Télévision de Monte-Carlo à la nommer présidente du jury documentaire en juin dernier.





