17 octobre 2025
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Tina Arena : « L’envie est mon moteur »

© Bernard Gueit
Sa voix défie les années et abolit les frontières. Icône australienne devenue figure emblématique en France et en Belgique, la chanteuse signe son grand retour après quinze ans d’absence avec une tournée événement en octobre 2026.
Comment vivez-vous ce retour ?
Honnêtement, je n’avais pas réalisé que cela faisait déjà quinze ans. Le temps a filé à toute allure, entre les albums, les tournées, la parenthèse du Covid, mon fils qui grandit chaque jour un peu plus, mes parents qui avancent en âge. J’ai été portée par ce tourbillon. Revenir n’est pas seulement remonter sur scène, c’est un geste de gratitude envers un public qui m’a offert une seconde vie, avec une nouvelle langue, une culture d’adoption et une autre façon de me raconter et de chanter.
Le français transforme-t-il votre façon de chanter ?
Oui. La langue m’a tout de suite bousculée, avec ses sonorités, son placement et cette articulation si particulière. J’ai commencé en phonétique, avec des erreurs et quelques quiproquos amusants. Aujourd’hui, je comprends chaque mot, je les ressens pleinement et je peux les porter avec sincérité.
Où puisez-vous cette envie, cette curiosité… et cette voix toujours présente ?
L’envie reste mon moteur. Je garde une curiosité intacte, j’aime expérimenter, tenter de nouvelles choses, collaborer avec d’autres artistes, me surprendre moi-même. Quant à la voix, elle demande une vraie hygiène de vie : du sommeil, du sport, du pilates, un peu de musculation, et aussi ces remèdes simples mais précieux comme le miel ou le thym. Tout cela repose sur une grande discipline, indispensable pour que l’instrument tienne dans le temps.
Qu’est-ce qui a le plus changé en vous au fil du temps ?
Le lâcher-prise. J’ai longtemps eu tendance à penser aux autres avant moi, à vouloir plaire, à chercher la perfection. J’ai appris à prendre soin de moi, à accepter que tout ne soit pas lisse. Les imperfections nous rappellent que nous sommes profondément humains, et c’est finalement cela qui nous rapproche les uns des autres.
Que promet cette nouvelle tournée ?
Un vrai moment de partage avec le public. On chantera ensemble, on rira, on voyagera à travers mes chansons en français mais aussi en anglais, car c’est une part de mon histoire. J’ai aussi prévu des réarrangements, des clins d’œil, et quelques surprises que je garde encore secrètes. J’aimerais que chaque spectateur reparte avec le sentiment d’avoir vécu une soirée unique.
Avez-vous un rituel avant d’entrer en scène ?
Je prends le temps de respirer profondément, de calmer mon esprit. Je fais une prière intérieure, pas forcément religieuse mais sincère, pour que le spectacle soit un beau moment partagé, qu’il touche ceux qui sont venus m’écouter.
Vous avez chanté aux côtés d’Andrea Bocelli, Donna Summer, Antonio Banderas, Olivia Newton-John… Quels souvenirs en gardez-vous ?
Une immense fierté. J’ai eu la chance de rencontrer et de chanter avec des artistes exceptionnels, chacun m’ayant apporté une leçon d’humilité et d’émotion. Olivia Newton-John était une amie proche, sa disparition m’a beaucoup touchée. Mon parcours a été jalonné de rencontres incroyables, riches, parfois inattendues, et humainement bouleversantes.
Vous avez aussi marqué le cinéma avec la chanson du film « Le Masque de Zorro ». Comment cela s’est-il passé ?
C’était l’époque de l’album « In Deep », en 1997. La maison de disques a proposé mon nom à James Horner, le compositeur oscarisé de « Titanic », et à Will Jennings, qui avait écrit « My Heart Will Go On ». J’ai enregistré cette chanson à Londres, dans le studio de George Michael, en une seule séance d’une heure et demie. Tout est allé très vite, et le résultat a dépassé mes espérances. C’est resté une expérience fabuleuse, un vrai cadeau dans ma carrière.
Y a-t-il encore une folie que vous aimeriez accomplir ?
Oui, voyager davantage. J’ai une soif immense de découvrir le monde, d’aller au Japon, au Népal, en Inde, au Vietnam… Pas seulement comme touriste, mais pour m’imprégner de la culture, rencontrer les gens, goûter à la cuisine, comprendre leur art et leur rapport au quotidien. C’est cette richesse humaine qui m’attire.
Quelle voix vous bouleverse à chaque écoute ?
Maria Callas. Sa puissance, sa fragilité, son intensité… elle incarne l’émotion à l’état brut. À chaque fois, elle me donne la chair de poule.
Un petit plaisir secret ?
Les vinyles. Le son est tellement chaleureux, vivant. J’adore prendre le temps de poser un disque, de retourner la pochette entre mes mains et d’écouter la musique autrement, presque comme un rituel.
Quel conseil auriez-vous aimé recevoir lorsque vous étiez jeune ?
Fais-toi confiance. Écoute ton intuition. Et entoure-toi des bonnes personnes, celles qui te respectent et te tirent vers le haut. J’aurais gagné beaucoup de sérénité si je l’avais compris plus tôt.
Maxime GUÉNY
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