21 août 2025
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Julie Zenatti : « Je fais des disques pour monter sur scène »

© Laura Gilli
Révélée au grand public dans « Notre-Dame de Paris », elle poursuit depuis plus de 25 ans un parcours sincère et inspiré. Avec « Le Chemin », son nouvel album, elle rend hommage à la voix, à ce qui nous relie profondément. Une artiste en pleine lumière.
La musique, c’était une vocation ?
C’est surtout une évidence. Je viens d’une famille d’agents immobiliers, avec un père pianiste amateur. Chez nous, on ne passait pas des heures à table, mais autour du piano. La musique, c’était un membre de la famille à part entière.
Vous dites que votre nouvel album est un bonus. Pourquoi ?
Après ma dernière tournée, je croyais avoir tout dit. J’avais confié au public : « Je crois que c’est le moment de devenir un vrai souvenir ». Et puis, on m’a proposé de chanter dans des églises. J’ai hésité, puis j’ai choisi de créer quelque chose de nouveau plutôt que de reprendre mes anciens titres. De cette rencontre entre la scène et un lieu sacré est né « Le Chemin ».
Vous avez traversé de grandes révolutions musicales. Laquelle vous a le plus bousculée ?
Le streaming, sans aucun doute. Il a bouleversé les repères de ma génération. Au début, c’était un usage de niche, très présent dans les musiques urbaines. Puis les magasins de disques ont commencé à disparaître. On a peu à peu perdu de vue les personnes derrière les albums.
Pourtant, les vinyles font leur grand retour…
Oui, j’aime beaucoup ce format. Le son y est plus chaleureux, et les visuels sont superbes. Mon nouvel opus existe également en version vinyle, qui se vend aujourd’hui davantage que le CD.
Les thèmes abordés sont très personnels…
Oui, transmission, maternité, le rapport à la finitude… Ce sont les fondations de ce que je suis. Je les ai déposées avec humilité. C’est un album profondément sincère.
On vous qualifie souvent de « chanteuse à voix ». Vous, que cherchez-vous ?
Le partage. Je fais des disques pour monter sur scène. C’est là que tout se passe. Et ça a toujours été comme ça, depuis « Notre-Dame de Paris ».
A ce propos, quels souvenirs gardez-vous de cette aventure ?
La robe était moche. (Rires) Ce dont je me souviens, c’est de la standing ovation du premier soir. Vingt-cinq minutes d’applaudissements, alors qu’on pensait plier bagage après trois mois… C’était un moment inoubliable. C’est là que tout a changé. Dans la salle, on ne criait plus « Fleur-de-Lys » ou « Quasimodo », mais nos prénoms. L’identification a été immédiate.
Comment fait-on pour garder une telle voix après 25 ans ?
Je n’ai pas la réponse. Parfois, j’ai peur qu’elle disparaisse sans prévenir. Comme Maria Callas qui attendait que sa voix s’en aille… Moi aussi, j’ai eu envie d’arrêter plusieurs fois. Peut-être par crainte que ma voix parte avant moi.
Vous sentez une responsabilité vis-à-vis de votre public ?
Oui, profondément. Lors de ma dernière tournée, je terminais le concert avec « C’est fini » d’Aznavour. Beaucoup ont cru que c’était un adieu. Je voyais des spectateurs revenir de date en date, comme s’ils voulaient prolonger un moment qu’ils pensaient unique. J’ai ressenti une forme de culpabilité… et en même temps, une immense gratitude. Ça m’a rappelé à quel point la musique crée des liens puissants, même si, parfois, on n’est qu’un refrain dans la bande-son de leur vie.
Maxime GUÉNY
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