11 juin 2025
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Jeff Panacloc : « C’est le doute qui me fait bouger »

© Thomas Braut
Avec « The Jeff Panacloc Company », le ventriloque-star démarre une grande tournée francophone, avec un arrêt très attendu en Belgique. Il revient sur son parcours, évoque ses doutes… et l’évolution (toujours mouvementée) de l’inépuisable Jean-Marc.
Vous étiez électricien avant de monter sur scène…
Oui, et ce n’était franchement pas une vocation. Mon rêve, à la base, était de devenir éclairagiste de spectacle. Mais dans les faits, je passais mes journées à tirer des câbles dans la boue… glamour, non ? Un matin, j’arrive en retard, je me fais remonter les bretelles, et sur un coup de tête, j’ai tout plaqué. Le vrai déclic.
Comment la ventriloquie est-elle entrée dans votre vie ?
Au départ, j’ai commencé par la magie, mais j’étais… disons, pas très doué. Comme mes tours n’étaient pas toujours clairs, je les rallongeais avec des blagues. Un jour, dans un cabaret, je vois un ventriloque. Et là, révélation : cette liberté de ton, cette interaction, c’était exactement ce que je cherchais.
Pourquoi votre marionnette s’appelle-t-elle Jean-Marc ?
À Paris, je traînais souvent dans une boutique de magie qui s’appelait Magic Dream. Le patron s’appelait Jean-Marc, et l’autre vendeur Damien… comme moi. Pour la blague, j’ai pris le prénom du boss pour ma marionnette. C’était juste une blague au départ… et finalement, c’est ce nom qui nous a fait décoller.
Vous étiez un enfant drôle ?
Pas du tout ! J’étais plutôt du genre timide, mais passionné de vidéos avec mon meilleur pote. Avec dix ans d’avance, on aurait sûrement été youtubeurs… ou en tout cas, on aurait tenté le coup !
Quel a été le vrai tournant dans votre carrière ?
Un passage chez Michel Drucker. Deux jours après, on jouait à guichets fermés. Et derrière, une tournée de 400 dates. C’était fou, irréel. J’ai eu l’impression de passer de l’ombre à la lumière en une émission.
Le doute fait-il encore partie de votre quotidien ?
Tout le temps. Mais c’est aussi ce qui me pousse à bosser dur. Je doute, donc je travaille. C’est un moteur… un peu fatigant, mais efficace.
Vous semblez être resté très simple…
C’est surtout grâce à mon entourage. Et entre nous, on bichonne plus Jean-Marc que moi. Il a son propre technicien, une loge, presque un manager. Il vit sa meilleure vie.
Parlez-nous du spectacle « The Jeff Panacloc Company ».
C’est mon show le plus personnel. On y suit un petit Jeff qui monte sa propre boîte avec ses personnages. C’est un clin d’œil à mes jeux d’enfance, quand je m’inventais des mondes. Aujourd’hui, j’en ai fait un métier.
Être papa change-t-il votre rapport à la scène ?
Oui, forcément. Quand mes filles sont dans la salle, il y a certaines blagues qui me mettent un peu moins à l’aise… Mais elles savent que c’est du spectacle. Et puis elles sont loin d’être naïves : l’une m’a déjà lancé, très sérieusement : « Papa, on voit que c’est toi qui parles ! » (Rires)
Jean-Marc vous a-t-il aidé à vous libérer ?
Complètement. Grâce à lui, j’ai pu dire des choses que je n’aurais jamais osé exprimer en mon nom. Il m’a permis de dépasser mon syndrome de l’imposteur. C’est un peu mon double sans filtre.
Et le travail en équipe dans tout ça ?
C’est capital. J’écris toujours seul au départ, pour poser les bases. Ensuite, je travaille avec mes auteurs. On teste, on affine. Rien ne vaut le contact avec le public pour ajuster un texte.
Et si vous pouviez dire un mot au Jeff de 15 ans ?
Je lui dirais : « N’attends pas. Ne doute pas de tes idées. Et si une porte est fermée… défonce-la. » C’est ce que j’ai toujours fait, avec Jean-Marc sous le bras, prêt à tout.
Maxime GUÉNY
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