30 mai 2025
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Jeanfi Janssens : « Vieillir, je m’en fiche ! »

© Pascalito
Avec son franc-parler, son accent du Nord et une autodérision devenue sa marque de fabrique, l’humoriste a su séduire le public. Ancien steward, il est aujourd’hui l’une des voix les plus reconnaissables des « Grosses Têtes » sur bel RTL.
Vous dites souvent que votre carrière a décollé grâce à Laurent Ruquier. Comment ça s’est passé ?
C’est une histoire de rencontres et de chance. En 2016, je joue mon premier spectacle au Festival d’Avignon. Je mise tout : 10 000 euros d’économies, des flyers, un théâtre loué… et un congé sans solde d’Air France où je suis encore steward. Un soir, je partage un plateau avec le comédien Vincent Dedienne. On sympathise, et quelques jours plus tard, il parle de moi à Laurent Ruquier.
Et c’est comme ça que vous êtes repéré ?
Pas directement. Il ne pouvait pas venir, alors il envoie sa collaboratrice, Sophie Hazebroucq. Elle vient voir le spectacle et me dit à la fin : « Laurent a vu ton sketch sur le coming out, il a adoré. » J’étais content, mais dans ce métier, tant qu’on ne t’appelle pas concrètement, tu restes prudent…
Et ce coup de fil finit par arriver ?
Oui, en septembre. Il m’appelle et me dit : « J’ai dû convaincre RTL, parce que tu n’étais pas connu. » Puis il lâche une phrase que je n’oublierai jamais : « Un steward, ch’ti et gay… tu dois avoir des choses à raconter ! ». Il me propose un essai à l’antenne. Une seule émission, pour tester.
Comment s’est passée cette première fois ?
J’étais terrorisé. Je me retrouve face à Arielle Dombasle, Bernard Mabille, Christine Bravo… et moi, inconnu au bataillon. Christine me lance : « T’es qui, toi ? » Et là, il entre et dit : « C’est un nouvel humoriste. Il fait sa première aujourd’hui. Faites-lui bon accueil. » Christine me sort alors : « Défonce-moi la gueule ! » J’étais sidéré. « Oui, vas-y. Défonce-moi la gueule. Moi, j’ai l’habitude. Toi, ça va t’aider. » Et elle avait raison.
Vous avez trouvé vos marques rapidement ?
Oui, j’y suis allé à fond. Il me lance sur mes anecdotes de vol, et très vite, les rires fusent. À la fin de l’émission, les standards de RTL explosent : « C’est qui, ce Jeanfi ? » En deux heures, tout avait changé. À 16h, j’étais un inconnu. À 18h, j’étais une vedette.
Mais vous aviez encore des doutes ?
Complètement. Un mois plus tôt, je galérais à remplir une salle de 60 places. Je pensais retourner bosser dans les avions. Et là, tout s’emballe. Il m’a fallu un an pour me sentir légitime. Je ne suis pas là pour parler de culture, mais pour être moi. Chacun a son rôle dans l’émission, moi je suis l’anecdotier de service !
Et le public vous le rend bien ?
Oui. Les auditeurs me disent souvent : « Ce que tu vis, on pourrait le vivre aussi. » Je parle vrai. Je raconte mes histoires de faux princes de Dubaï, de vols qui dégénèrent, de ruptures amoureuses… C’est du vécu. C’est ça ma force.
Physiquement, vous ne faites pas du tout votre âge…
Merci ! Mais c’est normal, j’ai 13 mois d’injections dans le visage ! (Rires) Heureusement que ça marche, sinon j’aurais mal investi. Mais c’est vrai, dans ma tête, je suis resté un grand gamin. Peut-être parce que j’ai encore mes parents. Le jour où ils ne seront plus là, je devrai devenir adulte, et ça, ce sera compliqué. Mais pour l’instant, je vis comme un enfant.
Vous avez peur de vieillir ?
Je l’ai eue, oui. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le physique qui me fait peur. Vieillir, je m’en fiche. Ce que je veux, c’est rester frais d’esprit. Dans ma tête, dans mon humour, dans ma façon de voir la vie.
Vous assumez vos injections sans détour. C’est rare.
Je préfère le dire moi-même. Comme ça, on ne peut pas me le reprocher. Quand tu assumes, on te critique beaucoup moins. La vérité reste la meilleure défense. C’est une façon d’être que j’ai toujours adoptée.
Maxime GUÉNY
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