26 août 2025
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Fab Morvan : « La scène est mon refuge »

© Diane Moyssan
Il a connu les sommets avant de devoir faire face à une remise en question inattendue. Des années plus tard, il revient sur un parcours exceptionnel, marqué par des épreuves et une volonté d’avancer. Rencontre avec un artiste qui a gardé foi en lui.
Le 14 mai dernier, le film « Milli Vanilli, de la gloire au cauchemar », réalisé par Simon Verhoeven, a été dévoilé au public. Il revient sur une histoire qui a commencé il y a 35 ans.
Pour la première fois, j’ai pu regarder cette période avec du recul, presque comme un spectateur. Ce récit m’a permis de déposer un poids, de prendre un nouvel élan. J’ai appris à me reconstruire, à me libérer… et surtout à pardonner. C’est ce qui me permet, aujourd’hui, de continuer avec sérénité.
Reprenons le fil. Lorsque Frank Farian, le producteur de Boney M., vous propose un contrat, vous le signez sans vraiment savoir à quoi vous vous engagez ?
Il était en allemand ! (sourire) Rob Pilatus, mon binôme, m’a dit : « On y va. » On a reçu une première avance, puis une autre. Tout semblait s’enchaîner naturellement. Et un jour, Frank nous a annoncé que nous ne chanterions pas. On ne s’y attendait pas. Nous avions ce désir profond de l’interpréter. Mais à ce stade, refuser signifiait tout perdre. On a accepté d’enregistrer un titre. Le contrat portait en réalité sur trois albums. C’est ainsi qu’est né « Girl You Know It’s True ».
Et pourtant, vous êtes chanteur. Ce choix imposé, vous l’avez vécu comme une injustice ?
Oui, j’ai toujours performé. Cette facette de moi a été oubliée dans la tourmente médiatique. Grâce à ce film, au documentaire, et au livre que je prépare, je peux enfin remettre les choses à leur juste place. Et je continue d’avancer. Je suis en tournée aux États-Unis, au Canada, au Brésil… La scène reste mon espace d’expression.
Comment avez-vous vécu cette notoriété aussi soudaine qu’intense ?
C’était une période déstabilisante, intérieurement. Mais elle a contribué à forger l’homme que je suis devenu. Aujourd’hui, je suis marié, j’ai quatre enfants. L’amour, la stabilité, la paix intérieure… voilà ce qui compte vraiment pour moi.
Vous avez reçu un Grammy Award, avant de devoir le restituer...
C’était un moment très fort. Ce trophée représente un honneur immense dans l’univers musical. Le voir retiré a été difficile, bien sûr. Avec le temps, j’ai compris qu’un prix ne résume pas une vie. Ma véritable victoire, c’est d’être là, debout, entouré de mes proches, fidèle à ma voix et à ma musique.
À quel moment avez-vous senti le besoin de vous reconstruire ?
Quand j’ai choisi d’arrêter l’alcool, la drogue. J’ai repris le travail vocal, commencé un nouveau projet musical. On a enregistré un opus. J’y ai mis ma voix, mes mots, mon énergie. Rob, lui, s’était déjà mis en retrait. Puis il nous a quittés, bien trop tôt.
Touchez-vous des droits sur les ventes de Milli Vanilli aujourd’hui ?
Même après 46 millions d’albums écoulés… non, je ne perçois rien. Mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est de continuer. De tracer son propre chemin, jour après jour.
Avec le recul, gardez-vous une forme de fierté pour ce que vous avez construit avec Milli Vanilli ?
Oui. Notre histoire, avec ses hauts et ses bas, a du sens. Elle peut inspirer. Elle montre qu’on peut tomber et se relever. Rien n’est figé. L’essentiel, c’est d’apprendre à se réinventer.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes artistes d’aujourd’hui ?
Travaillez, soyez sincères. Ne courez pas après la reconnaissance. Créez pour toucher, pour inspirer. Si vous êtes juste, le public viendra. Mais n’attendez pas qu’on croie en vous à votre place. C’est à vous de croire en ce que vous êtes.
Maxime GUÉNY
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