18 décembre 2025
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Dany Brillant : « Je suis un crooner des temps modernes »

© Thomas Braut
Après le succès de son album hommage à Charles Aznavour, le chanteur revisite ses souvenirs d’enfance avec « Seventies », un disque empreint de nostalgie et d’énergie.
Qu’est-ce qui vous attire dans les années 70 ?
Elles me ramènent à mes premières émotions, vers mes cinq ans. C’était une décennie foisonnante de créativité, entre musique, cinéma et littérature. Une période heureuse, marquée par des artistes comme Joe Dassin ou Dalida. Après avoir longtemps exploré les univers fifties et sixties, j’avais envie de retrouver les sons et les couleurs de mon enfance.
Quels artistes ont façonné votre culture musicale ?
Il y avait les chansons à grand spectacle, celles de Claude François, et les titres plus intimistes de Barbara ou de Maxime Le Forestier. À l’époque, on aimait tout, sans hiérarchie. J’aimais la scène et la musique sans penser en faire un métier. Mon grand-père m’avait offert une guitare, que je grattouillais sans ambition. Étudiant en médecine, un ami m’a entraîné à chanter sur la terrasse d’un café. Tout a démarré là. Il fallait capter un public venu pour boire un verre, pas pour vous écouter. Je n’osais même pas dire à ma mère que je chantais parfois dans la rue.
Pourquoi cette discrétion ?
Je viens d’un milieu attaché à la stabilité et aux études. Un oncle m’ayant vu chanter l’a raconté à ma mère, qui s’est inquiétée. La musique semblait une voie risquée. Après trente ans de carrière, j’ai pourtant imposé mon style, et c’est déjà une victoire. Je me considère comme un crooner d’aujourd’hui, un artiste un peu à part. Pour moi, la dernière vraie chanson de crooner reste « My Way » de Sinatra. Le genre est revenu des années plus tard avec Michael Bublé. Je n’ai jamais couru derrière le succès, seulement celui du plaisir de chanter.
Votre titre « Merci Maman » est un hommage à votre mère.
C’est elle qui m’a demandé de l’écrire. Au départ, je trouvais l’idée un peu tendre, puis j’ai compris qu’elle m’avait transmis ma force. Chassée de Tunisie, elle a tout reconstruit avec mon père et soutenu sa famille envers et contre tout. J’ai hérité de sa détermination et de sa liberté d’esprit. Elle m’a toujours encouragé, même si elle préfère les morceaux romantiques aux textes engagés. Et parfois, désobéir fait du bien. (Rires)
« Suzette » et « Quand je vois tes yeux » restent emblématiques.
Je leur dois beaucoup. « Suzette » était au départ une commande pour un film, « Quand je vois tes yeux » est née à La Havane. Elles ont eu un destin incroyable, sans que je sache vraiment pourquoi. Elles dégagent une émotion sincère qui parle aux gens. J’aime aussi revisiter les grands classiques.
Vous suivez les émissions dites de télécrochet ?
Oui. J’ai participé à la première « Star Academy » avec Marc Lavoine. À l’époque, peu d’artistes osaient y aller, et pourtant, le programme a révélé Jenifer. Ces émissions offrent une belle vitrine aux jeunes talents. Louane ou Amir en sont la preuve. Si j’avais eu vingt ans aujourd’hui, j’aurais tenté ma chance.
Et « Danse avec les stars » ?
J’ai failli le faire, mais le moment n’était pas bon. Fauve Hautot et Maxime Dereymez, qui m’ont accompagné sur scène pendant des années, étaient déjà mes danseurs. Je les avais découverts à Bercy. Ce sont des artistes incroyables.
Que représentent les fêtes de fin d’année pour vous ?
Noël garde pour moi un charme très américain. C’est la fête des enfants, des rires et des retrouvailles. Voir mes trois enfants ouvrir leurs cadeaux reste un souvenir merveilleux. J’aime les chants de Noël, la neige et même enfiler le costume du Père Noël pour amuser les miens. Ce folklore me touche, et j’espère qu’il continuera à faire rêver les générations futures.
Rino GALLO
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