16 mai 2026
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Jordan De Luxe : « Ma mère est fière de moi »

© 00665489/Bestimage/Photo News
À l’écran comme en ligne, il mène ses entretiens sans détours. Révélé sur C8 avant de poursuivre son parcours sur le digital, il revendique aujourd’hui une relation directe et humaine avec ses invités.
Vous êtes devenu l’un des intervieweurs les plus directs du paysage médiatique français. Provocateur assumé ou hypersensible sur la défensive ?
Je suis hypersensible. Enfant, je me suis réfugié dans la télévision parce que l’école était compliquée, je n’y trouvais pas ma place. Les personnalités me permettaient de m’évader. Maintenant, ce sont elles que j’interviewe.
Votre maman doit être fière !
Oui. Elle adore lorsqu’on me reconnaît dans la rue. Elle se tourne vers moi et annonce fièrement que je suis son fils. Ce sont les beaux côtés de ce métier, si l’on peut parler de métier, tant cela relève davantage du plaisir.
Votre enfance bretonne a-t-elle nourri votre ambition ?
Sans aucun doute. Très tôt, j’ai ressenti le besoin de réussir. Pendant longtemps, revenir en Bretagne me donnait le sentiment de ne pas avoir accompli ce que je m’étais promis. Mon regard a changé. J’y retourne apaisé. J’ai compris les codes des médias et trouvé ma place. La télévision reste, à mes yeux, un spectacle proche du théâtre. Tout brille sur le plateau, puis la vie reprend son cours. Cette distance m’aide à garder les pieds sur terre.
Certaines questions vous ont-elles laissé des regrets ?
Il m’est arrivé de mesurer, après coup, l’impact de certaines paroles. Cela m’a appris la responsabilité inhérente à ce travail. J’essaie désormais de trouver un équilibre entre liberté d’expression et respect des personnes. Savoir couper, protéger ou accompagner fait partie du rôle.
Comment instaurez-vous la confiance ?
Il n’existe pas de méthode universelle. Certains se livrent spontanément, d’autres préservent leur intimité. Le face-à-face, le calme, l’écoute comptent énormément. Je commence par des échanges simples avant d’aller plus loin. Ce qui m’intéresse, ce sont les parcours, les fragilités, ce qui façonne une trajectoire. Derrière les figures publiques se cache souvent une grande sensibilité.
Sur qui pouvez-vous compter dans ce milieu ?
Des liens forts se sont créés. Laurence Boccolini, avec qui une vraie proximité s’est installée. Sandrine Bonnaire, rencontrée lors d’un entretien. Et puis ce plaisir constant d’aller vers le cinéma, de croiser des artistes qui ont marqué leur époque.
Quel regard portez-vous sur la Belgique ?
J’adore. Un sens aigu du second degré, des gens simples, chaleureux, très familiaux, sans prétention. Une véritable bouffée d’air frais.
Si vous deviez interviewer le Jordan de dix-huit ans, que lui diriez-vous ?
Je lui dirais de ne pas devenir quelqu’un d’autre, de garder la tête froide, de rester fidèle à ses racines. Et surtout de rester spectateur de ce milieu, car tout peut s’arrêter du jour au lendemain.
Et si tout s’arrêtait ?
Je continuerais à interviewer autrement. Sinon, je m’imaginerais dans un projet festif, un restaurant, un lieu de vie. Ou même dans les parcs de loisirs, que j’affectionne particulièrement.
Maxime GUÉNY
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