30 sept. 2026
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À bord d’un Mini 6.50, Quentin Debois vient de relier New York à l’Angleterre en solitaire. Vingt jours de mer, 5.300 kilomètres et une sacrée dose de détermination pour le navigateur belge, désormais tourné vers le Vendée Globe 2028.
Il rêvait du record. Il repart finalement avec autre chose dans ses bagages : une place dans l’histoire de la course au large. Ce mercredi 30 septembre, à 5 h 11, heure belge, Quentin Debois a franchi la ligne d’arrivée au cap Lizard, en Angleterre, après 20 jours, 3 heures, 18 minutes et 40 secondes passés seul sur l’Atlantique Nord. À bord de son Mini 6.50 — le plus petit bateau de course au large —, le Belge a avalé quelque 5.300 kilomètres depuis New York. Une performance qui fait de lui le troisième navigateur au monde à réussir cette traversée d’ouest en est sur ce type de bateau, après le Français David Allamelou en 2018 et l’Américain Jay Thompson en 2023. Un autre Français, Olivier Jehl, avait tenté l’aventure en 2016 avant de perdre son bateau au large de Terre-Neuve. Autant dire qu’ici, on est assez loin de la petite sortie dominicale avec sandwiches et thermos de café… Quentin Debois avait pourtant un objectif encore plus ambitieux : effacer des tablettes le temps de référence de Jay Thompson, 17 jours, 9 heures et 57 minutes. Mais l’Atlantique avait visiblement décidé de ne pas lui dérouler le tapis rouge. Trois zones de vents faibles et deux violentes dépressions l’ont obligé à modifier sa trajectoire et à rallonger sa route.
« J’ai tout donné »
« Je savais que ce record serait très difficile à décrocher », reconnaît le skipper belge, qui assure être resté concentré jusqu’au dernier mille. La déception existe forcément, mais elle ne prend pas le dessus : « Je ne garde que le positif de cette aventure », insiste-t-il. Il estime même avoir disputé sa meilleure course en cinq années de compétition au large, tant en vitesse moyenne qu’en performance. Et l’aventure n’a pas seulement été musclée côté météo. Dès la première nuit, le bateau a heurté un objet flottant, endommageant un safran que Quentin a dû remplacer en pleine mer. Quelques jours avant l’arrivée, nouvelle alerte : cinq des six vis maintenant la barre de gouvernail se sont brisées. Bateau à l’arrêt, réparation maison et retour à la course quelques heures plus tard. Quand on dit qu’un marin doit savoir tout faire… Son routeur Basile Rochut raconte d’ailleurs un skipper qui n’a jamais relâché la pression, y compris dans des vagues de 4,5 mètres. Certaines zones prévues sur la route directe annonçaient même des creux supérieurs à sept mètres, obligeant l’équipe à privilégier la sécurité et à descendre davantage vers le sud.
Le record attendu n’est donc pas tombé. Mais Quentin Debois, lui, est bien arrivé au bout de son défi. Et il n’a déjà plus vraiment la tête au repos. Son prochain grand objectif est fixé : être au départ du Vendée Globe en novembre 2028. Pour y parvenir, le navigateur et son équipe doivent désormais réunir les partenaires nécessaires autour du projet. « Ce n’est que le début », prévient-il. Après l’Atlantique, difficile de l’accuser de manquer d’ambition.
Fabrice STAAL
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Quentin Debois, l’Atlantique au bout des bras
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