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  • ANGÈLE | ZENIO

    Angèle venait d'ôter le feuillet de ce 8 mai 1965 du calendrier à dégarnir chaque jour. Il était accroché au mur de la cuisine laqué de bleu ciel. Cuisine inspirée de celle du peintre Claude Monet. Les autres murs de cette belle pièce en témoignaient ; ils étaient couverts de carrelages aux motifs bleus et blancs. 7 mai 2025 ANGÈLE Angèle venait d'ôter le feuillet de ce 8 mai 1965 du calendrier à dégarnir chaque jour. Il était accroché au mur de la cuisine laqué de bleu ciel. Cuisine inspirée de celle du peintre Claude Monet. Les autres murs de cette belle pièce en témoignaient ; ils étaient couverts de carrelages aux motifs bleus et blancs. © IA Angèle aimait prendre son café chaud debout en regardant son jardin à travers la fenêtre décorée, bien entendu, de voiles myosotis. La radio transistor dernier cri, fonctionnant à piles et donc déplaçable de pièce en pièce, ce qui était bien pratique, déversait la chanson de France Gall « Poupée de cire, Poupée de son », qui remporta le grand prix de l'Eurovision en 1965. Angèle aimait beaucoup écouter la radio ; ça lui faisait de la compagnie. Maintenant, c'est Brassens qui faisait honneur aux « Copains d'abord ». Brassens était le chanteur préféré de Bernard, le mari d'Angèle. Il aimait aussi toutes les nouveautés mises sur le marché, comme cet aspirateur clinquant neuf qu'Angèle lorgnait d'un oeil dubitatif. Il fallait qu'elle l'essaie tout de même, sinon Bernard risquait d'être déçu. Il avait déclaré en sirotant son café noir que cet ustensile allait révolutionner sa vie de femme au foyer. Angèle allait donc l'étrenner. Comme c'était la première fois qu'elle l'avait entre les mains, elle était tout énervée. Il fallait insérer un sac en papier dans l'endroit prévu, appuyer sur le bon bouton pour le faire démarrer, et manier avec doigté le long tuyau au bout duquel se trouvait une brosse qu'il s'agissait de promener dans le salon ! Angèle avait l'impression que c'était l'aspirateur qui la traînait plutôt que l'inverse, mais soit. À présent, la jeune femme était subjuguée par le nombre de poussières et de saletés que ce nouvel objet avalait à la vitesse de l'éclair. Son mari avait raison, l'aspirateur était bien plus efficace que le simple balai. En outre son corps en plastique, rond, lisse et brillant était de toute beauté, presque sexy ! Angèle soupira et se mit à rêver en baladant l'aspirateur qui se laissait faire, dans la salle à manger... En fait, elle avait envie d'autre chose que le ménage. Il y avait trois ans qu'elle avait épousé Bernard, un homme agréable, drôle même, mais il fallait se rendre à l'évidence : elle s'ennuyait. Elle rangea l'aspirateur dans le placard à balais, ôta son tablier de coton et empoigna son sac à main avant de claquer la porte de la maison. En traversant le village de Saint-Yvon, elle réfléchissait. Le couple n'avait pas encore d'enfant. Ils n'étaient pressés, ni l'un ni l'autre. Angèle déambulait dans le village en prenant son temps. Au coin de la rue, elle salua la jeune pharmacienne qui, derrière sa vitrine, était en mauvaise posture : perchée sur un escabeau en bois, elle tentait d'atteindre un remède ou l'autre qui la narguait depuis la dernière étagère immaculée. Si la pharmacienne faillit tomber, le client, d'un âge certain, frôla le même sort tant il s'était penché pour reluquer les jambes nues sous la mini-jupe et le court tablier blanc de la jeune femme. Finalement personne ne chuta ; Angèle fut un peu déçue. Elle poursuivit sa route d'un pas plus allègre. Elle comptait rencontrer sa copine Jeanne qui savait soutenir toutes les femmes, quels que soient leurs problèmes. En fait, Angèle aimait Jeanne car celle-ci savait écouter. Quelques enjambées plus tard, elle poussait la porte de la "Maison de Jeanne", le café familial du village, et s'installa à une table près de la fenêtre, non sans avoir salué Jeanne qui essuyait des verres derrière le comptoir en bois lustré par de nombreux coudes habitués des lieux. La sonnerie du gros téléphone noir en surprit plus d'un ! Ils relevèrent le nez comme un seul homme, qui de leur journal "La Meuse", qui de leur sandwich jambon-beurre avalé sur le coin du bar. Angèle glissa une pièce dans le juke-box appuyé contre un mur tapissé de nombreux portraits de chanteurs vedettes que l'on retrouvait parmi les disques proposés. Angèle opta pour les Beatles qui se mirent à entonner leur dernier single "Yesterday", issu de l'album "Help !" de cette même année 1965. La jeune femme commanda un café noir et ne résista pas aux croissants dorés exposés dans un panier sur le comptoir ; Angèle était un peu gourmande et un peu ronde aussi. Mais son sourire ravageur, sa crinière rousse comme le feu et sa voix grave séduisaient. Jeanne déposa café et croissant devant Angèle, qui invita la patronne à prendre son café au lait auprès d'elle. Jeanne se laissa tomber sur la chaise qui lui tendait les bras, les boucles de sa mise en plis gris-bleu tressautèrent de surprise. La femme grassouillette épiait Angèle par-dessus sa tasse. Les deux femmes se connaissaient bien, malgré la différence d'âge. -Toi, tu as quelque chose d'important à me raconter, dit Jeanne, qui trempa un carré de sucre blanc dans son café pour faire un canard. Jeanne était un peu voyante, aussi. Le saviez-vous ? Le soleil moqueur éclata de rire en s'engouffrant par les larges vitres du café ; il alluma la chevelure de la jeune femme qui scintillait maintenant de mille éclats d'or. Angèle croqua dans son croissant au beurre, sans savoir qu'elle éclairait le monde... Les Beatles terminèrent leur fameux tube sur quelques notes de douceur. Claude François prit le relais avec un dynamisme qui laissa sans voix. Installé sur l'une des chaises, le chat roux de la maison faisait consciencieusement sa toilette ; une tâche exigeante. Il leva la tête, fixa son regard vert fluo sur Jeanne tandis qu'il laissait voir un petit bout de langue rose, preuve qu'il passait un bon moment dans une vie qui lui convenait. Jeanne caressa d'une main légère sa tête en triangle ; ce fut comme si elle avait poussé sur un interrupteur : à l'instar de l'aspirateur, il se mit à ronronner... Et ? Angèle se pencha par-dessus la table, avec un regard brûlant. Je voudrais travailler ! En voilà une bonne idée ! Ça fait des années que tu ne fais rien de tes dix doigts ! Ça va empirer, je viens de recevoir un aspirateur ! La jeunesse devient flemmarde, dit Jeanne avec malice. Je sais, je sais... de ton temps on faisait la lessive au ruisseau. Et donc, tu veux travailler ? Bernard est au courant ? Angèle haussa les épaules. Il a tellement peur d'avoir l'air de ne pas être capable de subvenir à nos besoins ! L'éternelle fierté de l'homme... Il y a de plus en plus de femmes qui travaillent, dit Jeanne. Regarde-moi, je bosse depuis plus de quinze ans ! Ça arrange bien mon vieux mari, Louis, qui en profite pour cuver dans la cave pendant que je trime... La rouquine leva les yeux au ciel. Cela faisait des siècles que Jeanne se plaignait de son ivrogne de mari, qu'elle gardait quand même sous son aile comme un oisillon tombé du nid... Qu'est-ce que tu veux faire comme job ? J'ai mon diplôme d'institutrice. Pauvres gosses ! Méchante ! Et donc, le problème c'est Bernard ? Voilà ! Deux solutions s'offrent à nous... Soit on le noie, soit tu lui parles franchement. Angèle soupira : Je me demande si la première solution ne serait pas plus simple... Tu es une sorcière ! On te l'a déjà dit ? Durant toute ma jeunesse à l'école. À ce moment-là, le mari d'Angèle fit son entrée en poussant la porte du café. Il parut un peu ébahi, Bernard, en découvrant sa femme en tête à tête avec Jeanne. Sa Jeanne. Sa confidente ! La traîtresse ne conseillait pas que les hommes, elle conseillait aussi les femmes, se dit l'ignorant. Nous voici donc au complet, dit la renégate. Je prendrais bien une Jupiler, dit Bernard, en s'installant en face de sa femme, qui se demandait ce que son mari foutait là. Puisque tu es ici, j'ai une nouvelle qui devrait te plaire, Angèle ! Regarde. La jeune femme fixait sans y croire le formulaire qu'il poussait devant elle. C'était un appel d'offre d'enseignants pour les primaires dans l'école du village. Les joues d'Angèle avaient viré au rouge vif ! Comme ses cheveux de sorcière d'antan... Tu savais... Évidemment. Je ne suis pas aveugle. Tu n'es pas épanouie, je voudrais que tu le sois... Désormais tu vas pouvoir payer une partie des factures et même certains restos, dit-il en clignant de l'œil. Jeanne déposa des verres de Jupiler sur la table. Angèle fit la grimace mais but une gorgée quand même. Et c'est ainsi qu'en Belgique, dans les années soixante, les femmes se mirent à travailler et à boire de la Jupiler... Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire l'article ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. Lire l'article NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. Lire l'article ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. Lire l'article JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous

  • ALICE | ZENIO

    Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. 18 février 2026 ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. © DR Le sapin brillait encore dans son coin, bien sûr. Les guirlandes de petites lampes clignotaient toujours avec entrain, évidemment ; mais parfois, des aiguilles du sapin tombaient avec délicatesse sur le parquet. Presque en s’excusant… Maman balayait régulièrement sous l’arbre de Noël sans état d’âme, alors qu’Alice avait mal au cœur pour lui, qui capitulait petit à petit en laissant chuter ses aiguilles sur le sol ciré. Alice avait six ans, elle venait d’entrer dans les grandes classes, en première primaire. Les adultes avaient l’air heureux comme si elle avait réussi un exploit ; la fillette trouvait le comportement des grandes personnes bizarre. Alice s’amusait bien quand elle était en maternelle ; elle pouvait jouer à la marelle, faire des dessins, peindre à la gouache, enfiler des perles ; elle pouvait regarder par la fenêtre autant qu’elle le souhaitait, sans que personne ne la rappelle à l’ordre. En première primaire, il fallait sans cesse montrer que l’on avait compris les leçons de mademoiselle Paquet. Prouver que l’on savait écrire les lettres rondes au porte-plume à encre sans faire de pâtés sur les pages du cahier couvert de papier bleu. Bien sûr, il y avait le buvard magique, mais s’il séchait les mots écrits, il n’effaçait pas les taches d’encre. Alice préférait rêver en regardant les moineaux qui riaient dans les arbres de la cour de récré. Oui, oui, les oiseaux rient, mais les adultes ne le savent pas. Ils ont trop grandi, alors ils ne savent plus voir ce qui se passe dehors, dans la nature qui gazouille tant qu’elle peut pour attirer l’attention des enfants… Dehors, des flocons blancs et légers comme de la ouate dégringolaient du ciel en dansant tels les petits rats de l’opéra. La fillette contemplait le spectacle magique par la fenêtre de sa chambre rose. Elle venait de tomber de son lit lorsque les flocons de neige avaient accaparé toute son attention. Maman s’agitait dans la cuisine ; depuis sa chambre à l’étage, la fillette percevait les bruits de vaisselle, elle pouvait aussi entendre les miaulements aigus du chat Fripouille qui réclamait son repas à grands cris ; il était en colère. Dehors, la neige tombait toujours sans bruit… Lorsqu’elle regardait par la fenêtre de sa chambre, Alice apercevait son père dans le jardin qui distribuait des graines aux oiseaux qui volaient autour de lui comme les flocons de neige, en silence et légèreté. Sa grande sœur était déjà descendue dans la cuisine, flanquée de sa radio portable, cadeau de Saint Nicolas, qu’elle trimbalait partout. Lily était bien plus vieille qu’elle, au moins trois ans. Alice aurait juré que sa grande sœur était toujours dans sa chemise de nuit bleu ciel comme ses yeux clairs et qu’elle traînait pieds nus. Qu’elle avait encore ses deux tresses blondes de la veille. Qu’elle allait promener sa radio toute la journée de pièce en pièce. En effet, la gamine trouva sa grande sœur assise devant un bol de café au lait chaud. Elle balançait les pieds sous la table. Lily était accompagnée de son poste à transistors rouge foncé posé près d’elle sur la table du petit-déjeuner. Alice, elle, tenait son bébé en cellulose contre son cœur. Son papa, Nicolas, qui venait de pousser la porte de la cuisine, tapait des pieds sur le paillasson pour faire tomber la neige de ses bottes. Le papa sourit à ses filles et à sa femme et la cuisine tout entière s’illumina. Alice se dit que son papa était comme les lampes que l’on allumait en poussant sur un interrupteur. La benjamine avait chipé à sa grande sœur le tube de lait sucré Nestlé qu’elle étendait maintenant sur une tartine de pain blanc. A la radio, Claude François pleurait la « Pauvre Petite Fille Riche » ; il y mettait tout son cœur. C’était triste à hurler. C’est à ce moment-là que papa déclara : — Savez-vous, les filles, que nous avons un magicien dans le quartier ? Alice ouvrit la bouche toute grande sans laisser tomber aucun son tant elle était surprise. — Je l’ai rencontré tôt ce matin. Il jouait avec la neige… La fillette se dit que ça ne devait pas être un magicien très sérieux, s’il jouait tel un bébé dans la neige ! Papa haussa les épaules en buvant son café noir comme du charbon. À présent, la radio faisait la part belle à Salvatore Adamo qui demandait la permission d’aller danser avec la jeune fille d’un père qui n’avait pas du tout envie d’accepter. Ça faisait rire Lily qui fredonnait la chanson : « Vous permettez, Monsieur… » Tout à coup Alice ressentit une envie irrésistible d’aller jouer avec les garnements de la rue. Elle aimait s’amuser avec les gamins, ils ne pleuraient pas pour des bêtises comme les petites filles qui étaient plus gnangnan. Alice savait qu’elle était un peu brusque quand elle jouait, elle préférait donc bousculer les garçons qui s’effondraient comme de braves petits soldats sans rechigner. Elle enfila un gros pull et des chaussettes en laine qui étaient censées la protéger du froid ; la fillette n’aimait pas la laine, ça grattait. Elle quitta la cuisine en laissant la porte grande ouverte, sans doute pour offrir une bouffée de liberté à sa maman qui lavait la vaisselle en pensant à autre chose. Peut-être à son piano ? Lorsque sa mère jouait au piano, elle avait l’air tellement heureuse, on aurait dit qu’elle s’échappait dans un autre monde, un pays enchanté fait de notes blanches et noires qui dansaient sur des portées… Alice s’élança sur la première glissade venue, lisse comme un miroir. Elle dérapa, tituba, avant de s’effondrer comme une pierre, sans pleurer. Hors de question de renifler devant ses copains qui se seraient moqués d’elle en se tapant sur le ventre. Les garçons avaient commencé à faire un bonhomme de neige ; ils manquaient d’expérience c’était sûr, se dit-elle ; le bonhomme penchait comme la tour de Pise que la fillette avait vue au journal parlé de la télévision en noir et blanc. L’un des gamins enfonça une carotte au milieu du visage du bonhomme, pour simuler le nez ; la tête ne résista pas à l’attaque, elle roula sur le tapis blanc. Alice les considéra avec un soupçon de pitié. « Décidément, les garçons ne sont pas toujours doués ! » Ce n’était pas la peine de se taper sur le ventre s’ils ne savaient même pas faire un bonhomme de neige ! Les gamins étaient passés à un autre jeu, ils se lançaient avec force des boules de neige qui s’écrasaient invariablement dans le cou en laissant dégouliner un liquide froid sur la peau glacée. Alice secoua le col de son anorak avant de bombarder ses copains de boules de neige bien tassées ; elle visait surtout Jean-Claude, qui était le plus solide des gaillards. Jean-Claude qui savait toujours tout ce qui se passait aux alentours et qui connaissait tout le monde. — Tu savais qu’il y avait un magicien dans notre rue ? Jean-Claude adressa un drôle de regard à sa copine Alice. — Tu veux parler de Monsieur Joseph ? Qui t’a dit qu’il était magicien ? — Mon papa. Il ne raconte jamais de carabistouilles, mon papa. Le petit Jean-Claude hocha la tête, mais il doutait que Monsieur Joseph fût un magicien, sinon il serait au courant, non ? Il ne voulait pas passer pour un âne, alors il dit gravement : — Je crois que c’est plutôt un sorcier. Il a des yeux tout noirs et il ne rit jamais. Une fois, je l’ai même vu parler tout seul… Il habite la dernière maison, là-bas ajouta-t-il en montrant une petite maison ocre entourée d’un jardin couvert de neige. Alice pensa aussitôt à la maison en pain d’épice du conte « Hansel et Gretel » qui servait de piège pour les bambins abandonnés dans la forêt. Cette étrange maison était habitée par une sorcière qui mangeait les enfants… Alice respira un grand coup et avança bravement en tremblant un peu. La fillette frissonna, ce n’était pas que le froid. Elle poussa la barrière qui grinça et s’approcha sans bruit, ses pas étouffés par le tapis de neige. C’est alors qu’elle le vit. Il lui parut énorme, même s’il était agenouillé les mains dans la neige, il était impressionnant surtout lorsqu’il se tourna lentement pour la regarder dans un silence opaque. Alice s’était figée. Et s’il avait faim ? Et s’il voulait la manger ? Comme la sorcière de la maison en pain d’épice dans le conte des frères Grimm ? Le magicien avait une grosse voix grave lorsqu’il lui dit : — Que fais-tu là ? Qui es-tu ? Alice répondit bravement, même si elle sentait ses jambes fléchir : — Je m’appelle Alice. Je suis la fille de Nicolas qui m’a dit que vous étiez un magicien. L’homme partit d’un gros éclat de rire qui secoua son énorme poitrine couverte d’une veste en mouton retourné. — Il a dit cela ton papa ? C’est un farceur, celui-là ! Je le connais. La fillette se détendit ; si le sorcier connaissait son papa, il ne devait pas être aussi dangereux que le disait Jean-Claude… C’est alors qu’elle vit ce que Joseph faisait. Elle découvrit un paysage de toute beauté, sculpté dans la neige et la glace. Il y avait une forêt en miniature avec des arbres blancs. Des animaux sauvages : des rennes, des lapins, des ours… une rivière qui coulait entre les arbres et des guirlandes de mini-lumières qui clignotaient comme pour un jour de fête… Alice n’avait plus peur. Joseph était un artiste ou quelque chose comme ça. Et les fêtes n’étaient pas terminées : ici, dans le jardin du magicien, c’était encore Noël… Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire l'article NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. Lire l'article ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. Lire l'article JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. Lire l'article ANGÈLE Angèle venait d'ôter le feuillet de ce 8 mai 1965 du calendrier à dégarnir chaque jour. Il était accroché au mur de la cuisine laqué de bleu ciel. Cuisine inspirée de celle du peintre Claude Monet. Les autres murs de cette belle pièce en témoignaient ; ils étaient couverts de carrelages aux motifs bleus et blancs. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous

  • CHARLOTTE | ZENIO

    Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. 23 mai 2026 CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. © DR Plantée au milieu de la pelouse, près du large saule pleureur qui servait occasionnellement de parasol, Charlotte regardait en l’air en espérant voir les cloches qui devaient partir aujourd’hui pour Rome. C’est en tous cas ce que son papa lui avait dit ce matin-là alors que toute la famille prenait le petit déjeuner autour de la table rouge en formica. Dans la cuisine, ça sentait bon le café que maman faisait encore à la main ; elle versait de l’eau bouillante sur le filtre posé sur la cafetière et le café coulait lentement, goutte à goutte dans des murmures prometteurs. Charlotte ne buvait pas de café, c’était trop fort, mais elle aimait en sentir l’arôme chaleureux. La fillette savait que plus tard, elle prendrait elle aussi du café noir et chaud et que ça lui rappellerait ces petits déjeuners rassurants, entourée de ses parents et de sa grande sœur, Christiane, dans la cuisine douillette… C’était le parfum du matin dont elle se souviendrait plus tard, lorsqu’elle serait adulte et que ses parents se seraient envolés comme les cloches de Pâques dans le ciel, tout là-haut ; alors elle fermerait les yeux et, la cuisine claire avec la porte vitrée qui laissait entrer le soleil comme un invité de marque, ressusciterait. Elle reverrait ses parents qui mordaient dans des tartines de pain frais couvertes de confiture à la fraise, rouge, tels les dahlias qui fleurissaient sous la tonnelle. Elle reverrait son père qui servait du café à sa maman, en blaguant, devant le chat Pitchou qui bâillait en rêvant à une souris grise. Elle entendrait la radio imposante qui jouerait des chansons qu’elle aimait, comme « Vous permettez-monsieur » d’Adamo… Elle reverrait la grosse horloge ronde avec ses aiguilles qui tuaient le temps en silence… Charlotte secoua ses cheveux blonds et se remit à contempler le ciel. Espérant apercevoir les cloches fugueuses… Elles partaient généralement, le soir du jeudi saint. Toutes les cloches de chaque église, de chaque ville et de chaque village faisaient leurs bagages avant de s’envoler pour un long voyage jusqu’à Rome. Charlotte qui avait six ans, essayait de se représenter les milliers de cloches qui se retrouvaient dans le ciel pour faire ensemble ce long voyage… Ça devait être un fameux foutoir, là-haut ! Elles devaient se bousculer dans le ciel, les cloches, et rire en sonnant de tout leur cœur. Charlotte savait que Christiane ne croyait pas aux cloches qui partaient pour Rome en chantant ! Christiane ne croyait plus en grand-chose, elle avait trop vieilli se dit Charlotte, sa grande sœur allait avoir neuf ans ! Tout de même ! La fillette soupira. Elle n’avait pas envie de devenir grande comme Christiane ; elle espérait croire encore longtemps aux cloches de Pâques ! C’était quand même plus simple de s’imaginer des milliers de cloches qui carillonnaient en éclatant de rire plutôt que de penser à un grand vide. Charlotte n’aimait pas le vide, il fallait qu’elle remplisse ce grand « Rien » par un grand « Tout » ; c’était bien plus réconfortant. Le ciel était habité par des nuages blancs qui se serraient les uns contre les autres comme s’ils avaient froid, mais il n’y avait pas l’ombre d’une cloche. Peut-être qu’il était encore trop tôt. Papa avait bien dit que les cloches partaient le soir du jeudi saint. Ce n’était pas la peine de se tordre le cou sous peine d’attraper un torticolis si les cloches ne pliaient bagages que le soir… Charlotte abandonna son poste de surveillance pour tourner sur elle-même le plus vite possible ; ça donnait le tournis et elle aimait ça ! Lorsqu’elle s’arrêta brusquement, les cheveux dans les yeux, le paysage chancelait, la maison tanguait, le saule pleureur se balançait et la fillette se laissa tomber comme une pierre sur la pelouse pour récupérer son souffle …Charlotte réfléchissait ; bien sûr il y avait Jean-Claude dans la rue qui jouait avec des billes en verre, brillantes comme du cristal. Charlotte aimait bien jouer aux billes, elle aussi… Mais son copain faisait semblant de ne pas croire aux cloches de Pâques, il voulait faire comme les grands, persuadé qu’il prendrait quinze centimètres d’un coup ! C’était faux, évidemment. Charlotte devrait patienter jusqu’au soir pour voir les cloches de Pâques s’envoler en groupes de même que les voitures qui partaient en vacances d’été, sur une route nationale bondée comme un quinze août ! Ce soir-là, Charlotte avait collé le nez à la fenêtre de sa chambre. Le ciel était parsemé d’étoiles qui clignotaient dans le soir. Christiane, sa grande sœur, lui avait dit qu’elle perdait son temps. Que les cloches de Pâques, au pire, n’existaient pas ! Au mieux, elles se feraient la malle en pleine nuit ! Découragée, Charlotte s’était endormie avec son lapin Jeannot dans les bras, pendant que sa grande sœur avait mis un disque vinyle des Beatles sur son pick-up… Charlotte rêva des Beatles qui poursuivaient les cloches de Pâques qui volaient haut dans le ciel en se moquant des quatre garçons dans le vent… Dans le village, Charlotte avait une copine. C’était Jeanne qui tenait le café du coin : « La Maison de Jeanne » qui se trouvait sur la place, près de l’église, en bord de Meuse. A l’instar de Charlotte, tous les habitants de Saint Yvon faisaient une halte régulière chez Jeanne. Charlotte se sentait bien auprès de cette brave femme, comme tous les gens du coin. On venait chez Jeanne pour confier ses soucis, ses peines de cœur, ses bonnes nouvelles…La tenancière du café savait écouter. Les habitants de Saint Yvon, savaient se raconter… Ce samedi-là, Charlotte balançait les pieds sous une table en teck du café, en mangeant une glace à la vanille. Un peu plus loin, à côté du poêle à charbon, quatre bonhommes jouaient aux cartes en buvant des Jupilers, tandis que près de la fenêtre deux femmes aux cheveux permanentés échangeaient des confidences en buvant des cafés au lait. Jeanne s’était installée en face de Charlotte qui lui avait parlé des cloches ! Jeanne avait souri, bien sûr, en expliquant à la petite fille que le jour le plus important, finalement, c’était le dimanche de Pâques. Celui où les cloches de Pâques reviennent de Rome en parsemant tous les jardins d’œufs en chocolat ! Le moral de Charlotte reprit des forces ! Elle se mit à rêver de cloches joyeuses et de chasses aux œufs. Plus qu’une fois dormir ! Christiane, qui avait accompagné sa petite sœur, s’en fichait, elle avait glissé une pièce dans le juke-box et Michel Polnareff se mit à chanter « La Poupée qui fait Non » tandis que la grande sœur attaqua sa glace au moka en se léchant les doigts ! Le temps s’écoulait tranquillement sous le soleil timide de Saint Yvon… Evidemment, avait ajouté Jeanne, en se penchant par-dessus la table, il y a toujours le problème de cette cloche qui avait disparu depuis plusieurs années. On se demandait si elle était restée là-haut volontairement ou si elle avait été kidnappée ! Charlotte était toute retournée. Une cloche avait disparu ? Oui, avait ajouté Jeanne, cela faisait trois ans maintenant que la petite cloche, Lucie, n’était pas revenue de son voyage à Rome. Les autres cloches étaient très ennuyées…Parfois elles chuchotaient entre elles, tout là-haut, dans le clocher ; elles parlaient de fugues, de kidnappings, parfois elles évoquaient un mauvais sens de l’orientation … -Pourquoi dites-vous toujours « petite » cloche ? -Parce qu’elle était très petite, toute dorée avec une pierre précieuse bleue sur son corps joufflu, tel un nombril resplendissant…On la reconnaissait vite, car elle carillonnait avec un joli tintement délicat, pareil au miaulement d’un bébé chat. Charlotte se demandait ce qu’avait pu devenir Lucie ! Le dimanche de Pâques, Charlotte était tombée très tôt du lit, car elle espérait voir le retour des cloches qui allaient carillonner avec fracas comme pour un jour de noces. Il y avait un éclatant soleil au milieu du ciel, on aurait dit un grand feu qui brûlait avec passion ; sans doute pour honorer l’arrivée des cloches de Pâques ! La sœur de la fillette, Christiane s’était réveillée, elle aussi. Elle regardait par la fenêtre dans sa chemise de nuit à fleurettes roses, les pieds nus. C’était surprenant de voir Christiane debout alors qu’elle disait ne pas croire aux œufs de Pâques apportés par les cloches. Charlotte aussi était encore en pyjama, à myosotis bleus et blancs. Elle dégringola les escaliers pour se précipiter dehors. Les cloches avaient déjà laissé tomber des œufs, des lapins, des poules et d’autres friandises en chocolat, dans le jardin ; la pelouse était recouverte de cadeaux enveloppés de papier brillant, argentés ou dorés… Charlotte scrutait le ciel, mais les cloches étaient déjà passées…Elles avaient dû se lever à l’aube à Rome, avant de faire ce long voyage du retour…Les cloches devaient sûrement avoir des ailes, à l’instar des anges, pour voler aussi vite. La fillette se retourna et vit sa sœur, Christiane, qui prétendait ne pas croire aux cloches de Pâques, la tête renversée en arrière ; elle fouillait le ciel de ses yeux bleus tellement clairs…Clairs, comme lorsqu’elle était étonnée ou ravie… Charlotte en était certaine, elle avait entendu un petit cri, Christiane s’était rapprochée de sa sœur, elle lui secoua le bras doucement : -Tu as entendu ? Un autre petit bruitage se fit entendre, qui faisait penser à un gazouillement de bébé ou celui d’un oiseau tombé du nid. Les deux gamines s’étaient approchées, toujours à pieds nus dans la pelouse glacée d’une délicate rosée … C’est la pierre précieuse bleue qui les avertit, elle jetait des éclairs brillants sous le soleil. Lucie était là, blottie tout contre les jonquilles… Elle fit entendre un minuscule éclat de rire et sa voix cristalline : bonjour, je m’étais perdue, je crois, dans les bras du ciel… Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. Lire l'article NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. Lire l'article ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. Lire l'article JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. Lire l'article ANGÈLE Angèle venait d'ôter le feuillet de ce 8 mai 1965 du calendrier à dégarnir chaque jour. Il était accroché au mur de la cuisine laqué de bleu ciel. Cuisine inspirée de celle du peintre Claude Monet. Les autres murs de cette belle pièce en témoignaient ; ils étaient couverts de carrelages aux motifs bleus et blancs. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous

  • JEANNE | ZENIO

    Elles étaient attablées autour d’une partie de Monopoly. Jeanne tenait son café « La maison de Jeanne » depuis tant d’années qu’elle ne se souvenait plus de la date d’ouverture comme si elle était née en même temps que l’établissement qui se situait sur la place ombragée du village de Saint-Yvon. 3 février 2025 JEANNE Elles étaient attablées autour d’une partie de Monopoly. Jeanne tenait son café « La maison de Jeanne » depuis tant d’années qu’elle ne se souvenait plus de la date d’ouverture comme si elle était née en même temps que l’établissement qui se situait sur la place ombragée du village de Saint-Yvon. © IA Le village était bordé par la Meuse en route pour aller se jeter dans la mer du nord. Les deux femmes buvaient des cafés noirs trop sucrés en achetant à tout va des minuscules maisons en bois peint de couleurs vives, des hôtels et autres gares, avec la satisfaction des gens nantis. C’est qu’à force de jouer au Monopoly chaque lundi elles avaient l’impression, fausse, d’être millionnaires. L’amie de Jeanne s’appelait Yvette. C’était l’épicière du village qui nourrissait les habitants de Saint-Yvon avec entrain. On faisait la file devant sa boutique, sauf le lundi qui était son jour de fermeture. Jour, où Yvette jouait au Monopoly chez Jeanne. À quelques mois près, les deux femmes avaient le même âge, et elles portaient leurs cheveux gris-bleu coiffés en mise en plis impeccable. Dans un coin du café, contre le mur tapissé de posters de chanteurs yéyés, trônait un gros juke-box doré que l’on faisait fonctionner en glissant des pièces d’un franc belge dans une fente prévue à cet effet. Les deux amies fredonnaient alors des titres de Françoise Hardy ou des Beatles, ou... Parfois, Jeanne se levait de table pour servir une bière à la pompe ou des cafés. Généralement les hommes commandaient des bières Jupiler bien belges et les femmes des orangeades Piedboeuf. Chaque soir des hommes prenaient place pour jouer aux cartes en fumant cigarette sur cigarette qui débordaient du cendrier en métal cabossé. Les après-midis étaient plus chahutés et accueillaient des jeunes-gens qui venaient mettre des disques dans le juke-box en comptant fleurette à des jeunes filles qui rougissaient pour un oui pour un non. Pourtant, certaines se projetaient dans des lendemains plus libres ; elles seraient infirmières ou institutrices. Les plus hardies rêvaient de faire le droit... Une nouvelle cliente venait de pousser la porte du bistrot, elle était jeune, dix-sept ans, dix-huit peut-être. Elle était jolie avec des cheveux marron qui caressaient ses épaules. A chaque pas, elle faisait danser autour de ses jambes nues, le tissu de sa robe de coton en vichy rose et blanc. Jeanne la connaissait bien, Myriam était la fille des boulangers. Elle venait parfois l’après-midi boire un Cécémel. Elle s’installait près de la fenêtre et feuilletait « Salut les Copains » la revue incontournable de la jeunesse des années soixante. C’était une jeune fille solitaire qui passait son temps à rêver et à lire lorsqu’elle n’aidait pas ses parents à la boulangerie. Jeanne avait déposé le cacao devant Myriam avant de rejoindre son amie qui patientait près du poêle à charbon qui ronronnait. Elle jeta les dés sur la table, avança son pion et s’empressa de faire l’acquisition d’un hôtel à Bruxelles au grand dam d’Yvette qui ronchonna un peu car Bruxelles et Anvers sont des biens de grande valeur ; chacune le savait ! La jeune fille traversa la salle du café pour se diriger vers le Juke-box ; Claude François se mit à chanter « Pauvre petite fille riche » une chanson mélancolique de son répertoire. Myriam alla rejoindre sa table vide. Yvette poussa Jeanne du coude : - On dirait que notre jeune amie a du chagrin. En effet, la jeune fille se tapotait les yeux avec un mouchoir à fleurettes en regardant à travers la fenêtre du café. Dans le Juke-box, Claude- François continuait d’évoquer les malheurs de la « Pauvre petite fille riche ». Jeanne se trémoussait sur son siège : - Et si j’allais lui parler ? Yvette laissa libre cours à ses conjectures, elle se pencha par-dessus la table comme pour confier un secret : - C’est peut-être son premier chagrin d’amour. Je me souviens encore du mien, j’ai cru que j’allais en mourir… Jeanne ouvrit des yeux ronds, elle n’en revenait pas ; elle n’avait jamais vu Yvette verser une larme, même lorsqu’elle épluchait des oignons ! - Ça ne servira à rien que tu lui parles ajouta Yvette avec l’assurance de celles qui ont de l’expérience, elle aura toujours aussi mal au cœur. Mais tu peux toujours essayer… Yvette se sentait mélancolique tout à coup. Elle venait de secouer ses vieux souvenirs, couverts de poussière soit, mais toujours intacts. Rien que d’y penser elle avait à nouveau mal au ventre, comme si son René venait de lui annoncer qu’il n’était plus amoureux d’elle. Il y avait plus de quarante ans de cela… Elle alla se chercher un autre café noir avec quatre sucres. Jeanne avait réfléchi avant de se décider, finalement elle s’était approchée de Myriam. Yvette avait vu son amie se pencher vers celle qui pleurait en silence. Ce n’était pas facile de trouver les mots justes pour calmer les peines de cœur… Jeanne était revenue bouleversée, elle récupéra sa chaise, son dé qui roula sur la table et dans la foulée elle acheta l’hôtel d’Anvers sous le regard scandalisé de son amie. Elle coupa net les récriminations d’Yvette pour se mettre, elle aussi, à chuchoter : - Tu as raison, c’est un chagrin d’amour. Elle ne m’en a pas dit plus. Sauf que ses parents ne veulent pas entendre parler de son amoureux, Marcel, tu le connais bien, c’est le fils du facteur. Un joli blond, pas très malin, qui ne sait que faire de ses dix doigts. Mais chacun sait que l’amour est aveugle, n’est-ce pas ? Sinon je n’aurais pas épousé Louis qui préfère boire un coup de rouge dans la cave plutôt que de bosser derrière le comptoir. C’est à cela que pensait ce soir-là, la tenancière du café du village, en regardant d’un œil distrait « le JT » à la RTB présenté par Robert Stéphane pendant que son mari, Louis, ronflait dans le canapé sans se soucier de la guerre du Viêt Nam. C’est à ce moment-là, en songeant à la détresse de la jeune fille, que Jeanne décida de prendre les choses en mains. Il fallait qu’elle trouve une solution pour Myriam qui n’avait pas l’énergie de se battre seule. On était dans les années soixante, les esprits étaient encore très étriqués. Les choses évoluaient bien sûr, mais pas aussi rapidement que la jeunesse l’aurait voulu ! Jeanne compatissait. Les esprits étroits l’agaçaient, surtout ceux concernant la virginité des filles. Dans les années soixante, on se mariait en étant vierge sinon les filles passaient pour des dépravées ! Vierge, Myriam ne l’était plus. Elle était enceinte de deux mois. Un drame pour une jeune fille à l’époque. Jeanne était révoltée, elle était un peu féministe avant l’heure. Depuis qu’elle avait épousé son Louis, elle savait que les hommes ne valaient pas toujours la peine que l’on se sacrifie pour eux. Myriam n’avait pas fait son bébé toute seule, n’est-ce pas ? Le fameux Marcel était aussi responsable qu’elle. Mais la timide Myriam n’avait pas osé lui parler, comme si c’était son devoir d’endosser seule cet état de fait. Jeanne se dit qu’il était urgent de parler au jeune homme. Peut-être les parents de Marcel seraient-ils plus ouverts que ceux de Myriam qui étaient furieux contre leur fille. « Qu’allait penser leur entourage ? » Après avoir frappé à la porte du facteur et de sa femme, Jeanne, on ne sait par quel subterfuge, se retrouva rapidement les pieds sous la table de la cuisine devant un café chaud. Les rencontres entre voisins faisaient partie des petits plaisirs de l’existence, on n’allait pas s’en priver. On bâcla le débat sur la météo qui, du reste, ne méritait pas que l’on s’y attarde, pour entrer dans le vif du sujet. Brûlant, le sujet ! Dire que le facteur et sa femme furent abasourdis après avoir écouté le rapport de Jeanne serait un euphémisme ! Pendant ce temps-là Marcel, adossé au mur du salon, mâchait un chewing-gum en se demandant comment il allait pouvoir se sortir de ce mauvais pas. Ses parents l’éclairèrent en le traînant chez les boulangers. A partir de là, les choses ne lambinèrent pas. Les projets s’entrechoquèrent ! On calcula beaucoup. On finit par marier Myriam et Marcel illico presto en taisant les raisons de cet empressement ; le curé ferma les yeux, la robe n’était-elle pas blanche ? Marcel marcha dans les pas de son père, il devint facteur à son tour. Bref ! La vie reprit son rythme avec des soupirs de soulagement. Et les parents, la conscience tranquille, installèrent les jeunes tourtereaux dans un gentil appartement en attendant la naissance de la petite Jeanne ! Jeanne ? On savait être reconnaissant dans les années soixante (Rires). Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire l'article ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. Lire l'article NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. Lire l'article ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. Lire l'article JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous

  • NICOLAS | ZENIO

    Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. 18 décembre 2025 NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. © DR Pour l’instant, il aidait sa tantine Jeannine à garnir le sapin gigantesque qui montait jusqu’au plafond ; peut-être allait-il traverser les poutres et grimper jusqu’aux chambres ? Et s’incliner sur le berceau du bébé qui faisait la sieste en tétant un doudou fané ? Nicolas fit entendre un bref rire qu’il étouffa avec sa petite main. - Nico, tu rêves encore ? Tu peux me passer les boules dorées ? L’enfant préleva de la boîte en carton une boule délicate protégée par du papier de soie. Elle brillait comme de l’or liquide. Sa tantine l’accrocha à une branche qui tendait le bras. Le sapin parfumait toute la pièce d’une fragrance fraîche et boisée. Le garçonnet inspira à plein poumons les effluves divines pour en remplir son corps jusqu’à en avoir la tête qui tourne. Tantine avait aussi acheté une quantité impressionnante de bonbons emballés dans des papiers brillants qu’elle suspendait ici et là sur le sapin qui s’alourdissait dangereusement. Tante Jeannine était généreuse et voulait que chaque enfant puisse décrocher autant de bonbons que souhaité. Ils étaient six en tout cousins et cousines confondus, sans compter les copains ; ça faisait du monde à satisfaire. Chaque jour, tantine accrochait de nouvelles sucreries et des pommes rouges et des mandarines qui faisaient le bonheur de la marmaille surexcitée. On n’était pas riche dans la famille mais le sapin grandiose, chargé comme un bœuf, semblait contredire cette affirmation. La radio imposante posée sur un meuble en acajou faisait entendre des chants de noël qui offraient une ambiance festive à la maisonnée. Retrouvez la suite dans Zenior chez votre libraire Tantine reconnut Bing Crosby qui chantait « White Christmas » de sa belle voix chaude. Ça avait l’air de combler le sapin qui semblait se balancer au rythme de la musique ; mais c’était sans doute le résultat de l’imagination de l’enfant qui tournait encore à plein régime. Dehors la neige tombait à gros flocons immaculés, légers comme de la ouate ; les flammes gondolaient dans la cheminée. Nico espérait recevoir un train électrique pour Noël sans trop y croire ; il savait que ses parents n’avaient pas beaucoup d’argent or, il fallait quand même donner des sous aux artisans qui travaillaient pour le père Noël ; c’est son papa qui lui avait expliqué. Bing Crosby avait laissé la place à Tino Rossi qui chantait « Petit papa Noël » de sa voix traînante. Nico n’aimait pas Tino Rossi, il avait l’air de dormir debout. Soudain, le petit garçon entendit ses cousins et cousines qui tapaient des pieds pour se débarrasser de la neige sur le paillasson du hall d’entrée ; puis ils se précipitèrent dans le salon afin de découvrir le fameux sapin. Ils se mirent à parler tous en même temps, faisant un potin de tous les diables et poussant des cris de joie ; ils auraient fait la danse des sioux que Nicolas n’en aurait pas été surpris. Le chat gris-bleu, Bouchon, un chartreux à la bonne tête de nounours, aimait par-dessus tout avoir la paix ; il le fit savoir en se sauvant à toutes pattes. Nicolas se mit à rêver pour oublier le tintamarre. Il s’imaginait conduisant un beau gros train qui crachait de la fumée en hurlant de toutes ses forces. Allez savoir pourquoi ce train, dans les chimères du gamin, s’arrêtait à chaque gare ? De jolies gares multicolores comme dans des jeux d’enfants, qui affichaient des noms poétiques tels que « Nuage bleu », « Flocon Doux » … C’est à l’arrêt de la petite gare nommée « Princesse de Soie » que monta la petite fille blonde et gracieuse ; on ne sait comment Nicolas la vit grimper dans le train, mais il la vit. Et bien sûr, il tomba amoureux aussi sec ! Sophie, sa cousine préférée essaya de l’extirper de son rêve en le secouant par la manche de son pull trop grand, en vain. Nico se hissa à nouveau dans son train imaginaire en cherchant sa princesse Isabelle dans les wagons, car elle se prénommait ainsi. Il aimait prononcer son prénom… Ses cousins continuaient de faire du raffut, le gamin s’en foutait ; lui, dans son train fantasmagorique, observait Isabelle sans se lasser… De toute sa jeune vie il n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Dans le salon, le sapin décoré comme pour un soir de bal, se laissait admirer sans modestie par les bambins enthousiastes. Sauf par Nicolas, qui préférait se balader dans son train à la recherche d’Isabelle qu’il retrouvait toujours dans l’un ou l’autre wagon. Il venait justement de la découvrir posée comme une poupée de porcelaine sur la banquette en velours vert, elle regardait par la fenêtre le paysage défiler à toute allure. Elle sourit à Nicolas montrant ainsi de jolies dents blanches comme autant de perles enfilées sur un collier. Le garçonnet retenait son souffle chaque fois qu’il la regardait tellement il la trouvait jolie. Mais toutes les choses agréables ayant une fin, le gamin fut contraint de quitter le train et Isabelle pour atterrir dans la routine du quotidien et retrouver ses cousins et cousines autour d’un plat de macaroni jambon ; un brusque retour à la réalité qui lui parut bien prosaïque. Sa cousine Sophie qui lisait sûrement dans ses pensées et peut-être pire, qui farfouillait sans doute dans ses rêves, lui fit remarquer qu’il n’était pas très aimable de passer son temps ailleurs, comme si elle n’existait pas ! Le gamin haussa les épaules sans s’excuser. Mais il feignit d’écouter les babillages de ses cousins et cousines alors que ses pensées s’envolaient encore et encore vers son train fantôme et Isabelle, évidemment. Pourtant, les chansons de Noël continuaient de donner le ton, les flocons de neige de voltiger avec grâce, les flammes fougueuses de se trémousser dans la cheminée, le sapin majestueux de se pavaner… Bientôt ce serait la fête magique de Noël et des cadeaux sous le sapin… Bientôt le père Noël arriverait sur son traîneau tiré par de fiers rennes. Nicolas espérait toujours un train électrique qui filerait à toute allure sur des rails qui formeraient un huit parfait. La nuit tomba comme un couvercle sur le paysage tout de blanc vêtu. Des milliards d’étoiles clignotaient dans le ciel noir, la lune faisait un clin d’œil. Les enfants, blottis sous les couettes douillettes, étaient déjà happés par des rêves de père Noël, de rennes gracieux, de neige immaculée, de guirlandes lumineuses enroulées autour du sapin imposant, de bûches de Noël savoureuses, de nougats tendres, de marrons glacés … Bien sûr ils se levèrent à l’aube pour pouvoir, après s’être emmitouflés de gros pulls multicolores et d’écharpes tricotées main, s’élancer dans la neige virginale. Les traîneaux glissaient avec grâce, le bonhomme de neige qui avait perdu un œil souriait, inconscient de son handicap ; le chat « Bouchon » essayait, d’une patte délicate, d’attraper les flocons de neige qui tombaient du ciel dans un silence monacal. Même le ciel était blanc et la neige lançait des étincelles de lumière sous le soleil pâle… Le sapin cachait des cadeaux enveloppés de papier doré et argenté qui patientaient en attendant d’être déshabillés. Les bambins avaient les joues rougies par le froid, le bout des doigts glacés. Maintenant, ils se réchauffaient en buvant des cacaos chauds aux parfums de cannelle assis en tailleur autour du feu de bois. Dans quelques heures, il fera nuit noire ils iront chanter à la messe de minuit avec d’autres enfants du village. Nicolas aimait la messe de minuit, il y avait une ambiance toute particulière à la fois chaleureuse et pleine d’espoir qui donnait envie d’être quelqu’un de meilleur. Et puis, il y avait la musicienne perchée là-haut dans le jubé près des orgues, elle faisait chanter son violon de sons graves envoûtants… Le lendemain, ils pourraient déballer les cadeaux. Bien sûr, tantine Jeannine était debout avant tout le monde. La table était dressée et elle faisait des pains perdus. Ça sentait bon dans toute la maison. Les enfants dégringolaient les escaliers à toute vitesse pour se précipiter en pyjamas sous le sapin éclairé de mille feux. Déjà ils déballaient les cadeaux en poussant des cris de joie. Nicolas, qui était descendu le dernier, s’arrêta net devant une fillette inconnue qui, hissée sur la pointe des pieds, chipait des bonbons au sapin. Elle se retourna en faisant danser ses cheveux blonds et il resta sans voix. C’était la princesse du train, que faisait-elle là ? Tantine dissipa son ignorance : - Je te présente notre nouvelle petite voisine, Caroline. Elle a cinq ans comme toi. La fillette posa sur lui un regard grave. Sa princesse s’appelait donc Caroline ? Nicolas sourit et Caroline lui tendit un bonbon enveloppé d’or. Le gamin se promit de le garder comme un talisman…Finalement, son Isabelle s’appelait donc Caroline. Mais tout le reste était intact. La fillette était bien la même que celle de son train imaginaire : les mêmes cheveux de soie dorée, les mêmes gestes gracieux, les mêmes petites dents blanches alignées comme des perles, les mêmes yeux d’un bleu rare… Elle portait une robe en dentelle qui dansait autour de ses jambes fuselées. Caroline était sortie tout droit de son imagination, pourtant elle se tenait là devant lui dans la réalité. Elle avait une voix fluette, une peau satinée que Nicolas avait envie de caresser du bout des doigts ; mais il n’osa pas l’effleurer parce qu’elle était réelle et non une illusion. Le petit garçon se moquait de ne pas avoir reçu un train électrique, son cadeau était bien plus fantastique ; il s’appelait Caroline. Nicolas répétait tout bas, telle une litanie, ce prénom qui ressemblait à la promesse d’une merveilleuse histoire d’amitié… Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire l'article ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. Lire l'article ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. Lire l'article JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. Lire l'article ANGÈLE Angèle venait d'ôter le feuillet de ce 8 mai 1965 du calendrier à dégarnir chaque jour. Il était accroché au mur de la cuisine laqué de bleu ciel. Cuisine inspirée de celle du peintre Claude Monet. Les autres murs de cette belle pièce en témoignaient ; ils étaient couverts de carrelages aux motifs bleus et blancs. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. 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  • MARIE | ZENIO

    « C’était mieux avant ! » Voilà une phrase qui avait le pouvoir d’agacer Marie au-delà de l’imaginable. Ça l’énervait tellement qu’elle lança un coup de pied rageur dans un innocent caillou qui roula dans la rigole. Elle estimait que chaque période qu’elle traversait dans la vie présentait de bons et moins bons moments. Point barre ! Regarder l’existence dans un rétroviseur ne servait à rien, et c’était mauvais pour le moral. 17 avril 2025 MARIE « C’était mieux avant ! » Voilà une phrase qui avait le pouvoir d’agacer Marie au-delà de l’imaginable. Ça l’énervait tellement qu’elle lança un coup de pied rageur dans un innocent caillou qui roula dans la rigole. Elle estimait que chaque période qu’elle traversait dans la vie présentait de bons et moins bons moments. Point barre ! Regarder l’existence dans un rétroviseur ne servait à rien, et c’était mauvais pour le moral. © IA En attendant, Marie devait admettre que, même si tout n’était pas mieux avant, elle éprouvait un pincement au cœur lorsqu’elle pensait à certains épisodes de son enfance, de sa jeunesse. C’est d’un pas traînant que la femme de septante-deux ans aux contours un peu arrondis avançait sur le chemin de terre, un raccourci qui la menait au centre du village de Saint-Yvon. Ici, plus de chemin de terre, mais une rue goudronnée, lisse comme un miroir. Ici, il était défendu de jeter des canettes ou des papiers au sol, de traverser hors des clous, de marcher au milieu de la rue le nez en l’air, de rouler en voiture à plus de trente à l’heure… Il y avait des choses interdites ! Dans le passé, il y avait aussi des choses qui ne se faisaient pas, comme ne pas avoir mis de plaque sur son vélo. C’était alors le garde-champêtre, qui se déplaçait aussi à vélo à travers le village, qui nous le faisait remarquer. Mais c’était dit avec plus de bienveillance, disons avec plus de doigté. Aujourd’hui, on avait l’impression que chacun agitait l’index devant l’autre dans le but d’interdire. Évidemment, ça mettait les nerfs à vif ! C’est la manière de dire les choses qui fâchait ! Marie arpentait le trottoir en regardant les vitrines éclairées en plein jour. Elle fit un petit signe de la main à madame Charlier, qui s’arrêta quelques instants pour prendre des nouvelles de Marie et de sa famille. Louise Charlier avait connu le mari de Marie, parti trop tôt, ajouta-t-elle en passant un mouchoir en papier sur ses yeux secs. Marie se demandait ce que cela voulait dire « parti trop tôt » ? Comme si, pour d’autres, c’était un signe de bienséance que de partir. Enfin ! Marie regarda un bâtiment bleu dont les volets étaient tirés sur ses souvenirs. Ne dirait-on pas que ceux-ci étaient à présent des secrets inviolables ? Encore un témoin révolu qui fermait ses portes : un café de village dans lequel chacun allait prendre un verre au son de l’accordéon de Roger après la messe du dimanche, comme pour se féliciter d’avoir rempli son devoir de bon chrétien. On aimait se donner bonne conscience à Saint-Yvon, même si ça ressemblait à une petite lâcheté. Marie pressa un peu le pas, comme pour échapper à sa mémoire. Décidément, personne n’était capable de fermer la porte sur le passé. Marie s’en voulut un peu. Voilà qu’elle imitait sans vergogne ceux qui l’agaçaient en évoquant sans cesse les vestiges du temps. Ceux-là même qui portaient le hier en étendard. La septuagénaire se dit que ce n’était pas un péché que d’avoir aimé la vie d’avant. Ça s’appelait la nostalgie, pas le divorce de celle d’aujourd’hui. Marie décida tout à coup d’aérer sa journée. Elle ouvrit toute grande la porte à ses souvenirs : « Entrez, Monsieur, Dame. Vous êtes ici chez vous ! » La femme s’assit sur le banc vert qui regardait l’école du village dressée derrière les barrières en fer blanc. Marie se laissa happer par des songes d’autrefois… Elle se remémora avec fierté son père, qui avait étouffé un début d’incendie en grimpant par la fenêtre haut perchée de la voisine, France Dubois, qui avait laissé la friteuse sur la flamme du gaz ouvert… Qui aurait encore l’idée aujourd’hui de faire des frites sur le feu alimenté au gaz ? Personne, et tant mieux ! Décidément, tout n’était pas à regretter. Marie se mit à tourner les pages de son album souvenirs… Dans les années soixante, on recevait beaucoup, bien plus qu’aujourd’hui. On accueillait à l’improviste, à la bonne franquette. Chacun n’ayant pas le gros téléphone noir et fixe posé sur le coin du bahut, les amis ou la famille débarquaient à la maison sans crier gare. On faisait alors la fête avec ce que l’on avait sous la main ou ce que les copains avaient eu la bonne idée d’apporter. On débouchait une bouteille de rouge, on sortait le gros saucisson sec de la cave à provisions, le reste de jambon fumé ou le pain de viande de la veille… Maman faisait une salade, papa cueillait la ciboulette dans le jardin, tante Jeanine coupait le pain en grosses tranches, tante Hélène déposait sur la table des gaufres dorées qu’elle avait préparées le matin même… Lorsqu’ils étaient de bonne humeur et qu’ils jouaient tous ou presque d’un instrument, ils faisaient de la musique dans le petit salon dont les murs étaient tapissés de papier clair à cerises rouges. On entendait le son envoûtant du violon de maman, celui plus joyeux de l’accordéon de tonton Joseph, l’harmonie rassurante du piano de tante Jeanine… dans tout le quartier. En été, on laissait les fenêtres ouvertes et les voisins venaient s’accouder aux appuis de fenêtres pour assister au concert improvisé. Le vieil Yvan, célibataire, venait aussi certains dimanches, lorsqu’il avait envie d’une famille. Il arrivait en bus, directement apporté du marché de la Batte de Liège. Il avait les bras chargés de victuailles qu’il posait dans la cuisine tel le cadeau du chat : la souris pour son maître. Mais, comme le matou, Yvan espérait un bon repas chaud en échange. Dîner qu’il recevait le soir même, évidemment. Marie revisitait en pensée tous ces proches disparus, comme sa marraine Sophie, rebaptisée Pitchou, on ne savait par quelle baguette magique. Pitchou, donc, qui illuminait et réchauffait la maisonnée par sa seule présence, sa sagesse, son humour, ses paroles réconfortantes distribuées comme autant de bonbons sucrés. Pitchou, qui avait insufflé l’amour des mots et des livres à Marie… Toutes ces personnes qui avaient bercé son enfance lui manquaient tant. Non, ce n’était pas nécessairement mieux avant, cependant c’étaient tous ces personnages qui avaient animé sa vie d’enfant que Marie aurait voulu retrouver, ne fût-ce que quelques heures durant. Le temps d’une fête improvisée dans le petit salon. Le temps d’un fou rire. Le temps de se serrer dans les bras. Le temps d’une confidence. Le temps d’un baiser. Marie poursuivait sa balade à travers le village, qui avait un peu changé de visage, certes. Il était creusé par quelques rides, bien sûr, mais il avait gardé son caractère : légèrement revêche sur les bords et tendre au cœur, un peu comme un chamallow. Un village qu’elle aimait, notamment parce que chaque pierre se souvenait qu’elle avait été jeune, belle et insouciante. Il y avait aussi ce saule pleureur qui trônait sur la place de l’église et qui caressait le sol de ses longs cheveux verts. Il gardait quelques secrets blottis dans sa sève ; il lui murmurait des mots doux en écho à ceux prononcés par son amoureux, Louis, des décennies plus tôt… Louis, le beau jeune homme aux yeux gris, qui lui promettait un futur à deux. Marie se souvenait qu’ils se promenaient, légers comme le vent, la main dans la main, le long de la Meuse, sur le chemin bordé de platanes. Ils faisaient des projets d’ados, convaincus d’être les maîtres de leur avenir. Marie, en marchant les pieds nus dans des ballerines vernies, faisait danser sa robe bleue autour de ses genoux ronds et rêvait d’une vie douce avec son amoureux. Ils avaient fait des projets tout simples : une petite maison au bord de l’eau, bordée de platanes dont l’écorce se détachait des troncs, un jardin parsemé de fleurs multicolores, deux bébés roses gazouillant dans le même landau puisqu’ils étaient jumeaux. Ils avaient même déjà choisi les prénoms de leurs enfants, comme Brassens dans sa chanson Les Amoureux des bancs publics … Elle serait institutrice, pour avoir les mêmes congés que leurs bambins. Louis serait un brillant avocat, pour apporter plein de sous à la maison. Arrivés à ce stade de leurs rêves, ils se regardaient dans les yeux, émus jusque dans leur âme par un futur prévu sous une bonne étoile. Ils s’arrêtaient alors, près de la Meuse silencieuse, en se tenant les mains, convaincus que leur bonheur était là, réfugié dans leurs poings liés. Marie et Louis avaient confiance en eux, en leur bonheur naissant. Ils avaient foi en leur avenir… Et puis, les parents s’en étaient mêlés avec leurs arguments d’adultes déjà abîmés, usés par le temps. Ces adultes qui ne croyaient plus en l’amour, pas comme avant… Marie caressait le corps rugueux de leur saule pleureur, qui avait grandi sur la place. En levant les yeux tout là-haut vers le ciel bleu, sur le dessus de leur arbre, elle pouvait voir encore leurs noms gravés au milieu d’un cœur sur le tronc vert-de-gris. Des noms un peu fanés, soit, mais vibrants d’amour, encore… Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire l'article ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. Lire l'article NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. Lire l'article ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. Lire l'article JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. 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  • Média positif belge | ZENIO

    ZENIO, le média positif belge, vous propose actualités, rencontres, culture, bien-être et voyages, en ligne et dans son magazine bimestriel. Participez à nos concours et gagnez de magnifiques cadeaux ! Chaque jour, des histoires positives et des idées pour mieux vivre. Abonnez-vous Abonnez-vous À la une À la une Heading 5 Le fil de l'actu Deux bisous à la reine Mathilde Jarry en super-héros du rire sur TF1 Six jeunes Belges à la conquête de l’Europe Suivez-nous En librairie Lire le magazine Lire le magazine Newsletter Découvrez gratuitement le meilleur de Zenio : rencontres, découvertes, bonnes nouvelles et surprises ! Inscrivez-vous Découvrez gratuitement le meilleur de Zenio : rencontres, découvertes, bonnes nouvelles et surprises ! Dominique Demoulin quitte RTL Une page se tourne à RTL tvi. Après près de 40 ans de carrière, la journaliste Dominique Demoulin s'apprête à prendre sa retraite. Un visage familier des téléspectateurs belges qui va tirer sa révérence à la fin de cette semaine. 28 octobre 2026 Dernières actus Halloween, gare aux taches ! Les sorcières préparent leurs balais, les vampires aiguisent leurs canines et les zombies sortent de leurs tombeaux. Mais après Halloween, une autre histoire d’horreur risque de commencer… dans le panier à linge. Faux sang, maquillage et paillettes, voici comment éviter le carnage. 28 octobre 2026 Halloween, gare aux taches ! Les sorcières préparent leurs balais, les vampires aiguisent leurs canines et les zombies sortent de leurs tombeaux. Mais après Halloween, une autre histoire d’horreur risque de commencer… dans le panier à linge. Faux sang, maquillage et paillettes, voici comment éviter le carnage. 28 octobre 2026 à 11:00:00 Pierre de Maere en toute intimité avec NRJ Le 3 novembre, le chanteur belge offrira un showcase exclusif au Woluwe Shopping Center, à Bruxelles. Une occasion privilégiée pour ses fans de le retrouver sur scène, mais aussi de le rencontrer. 28 octobre 2026 Pierre de Maere en toute intimité avec NRJ Le 3 novembre, le chanteur belge offrira un showcase exclusif au Woluwe Shopping Center, à Bruxelles. Une occasion privilégiée pour ses fans de le retrouver sur scène, mais aussi de le rencontrer. Notre chaîne YouTube Tous nos vidéos Nos podcasts Nos concours Nos dossiers Tous nos dossiers 4 mai 2026 Des télé-crochets à « The Voice » : l’art de chanter sous l’œil de la caméra Bien avant les fauteuils rouges et les votes par SMS, des anonymes se lançaient en direct, approximatifs ou audacieux, pendant que le petit écran découvrait qu’un micro pouvait tracer des destins. Petits écrans, grandes histoires : L’aventure des émissions enfantines Puisque Dorothée a déjà déroulé le fil de ses souvenirs, place aux autres figures qui ont envahi nos écrans, de « Citron Grenadine » à « Lollipop », sans oublier quelques légendes en peluche. Dinosaures orange, marionnettes insolentes et musiques entêtantes ont façonné nos après-midis bien plus qu’on ne veut l’admettre. 23 avril 2026 Bienvenue chez Jack Daniel’s Il y a des lieux où l’on vient pour voir, sentir, écouter… mais surtout pas trinquer. Ce village improbable est pourtant le point de départ d’une histoire exportée dans le monde entier. 19 février 2026 4 juin 2026 Chloé Moroni : Une voix qui trace sa route Bien que certains artistes soient moins présents sur les écrans de télévision, ils n’en brillent pas moins. C’est dans cet esprit que Zenio a créé cette rubrique, dédiée à faire découvrir des créateurs dont l’art ne cesse de grandir et d’inspirer. Tous nos coups de pouce Marie-Laure Béraud, l’art en trois dimensions Bien que certains artistes ne soient pas présents sur les écrans de télévision, ils n’en brillent pas moins. C’est dans cet esprit que Zenio propose cette rubrique, dédiée à faire découvrir des créateurs dont l’art ne cesse de grandir et d’inspirer. 19 février 2026 Morgane Rose, la nouvelle étoile liégeoise Bien que certains artistes ne soient pas présents sur les écrans de télévision, ils n’en brillent pas moins. C’est dans cet esprit que Zenio a créé cette rubrique, dédiée à faire découvrir des créateurs dont l’art ne cesse de grandir et d’inspirer. 12 décembre 2025 Nos coups de pouce Nos retrouvailles "vintage" Toutes nos retrouvailles 5 mai 2026 Dominique Wathelet : « Être à l’antenne, c’était s’exposer » Elle a fait ses armes à la télé à une époque où l’on parlait sans prompteur. Une voix familière, un regard franc, et cette élégance rare qui entrait dans les foyers avec naturel. Zenio l’a retrouvée à Bruxelles. Dorothée : « La fidélité du public est touchante » Elle a bercé l’enfance de millions de téléspectateurs, semé des refrains durables dans les mémoires et accompagné bien plus que de simples mercredis après-midi. La voilà de retour avec la même sincérité, intacte, capable de relier plusieurs générations autour d’un même élan. 16 avril 2026 Mireille Dumas : « Filmer, c’est donner du sens » Journaliste, réalisatrice et productrice, elle a marqué la télévision par des formats audacieux en prise avec les évolutions de la société. Ce parcours a conduit le Festival de Télévision de Monte-Carlo à la nommer présidente du jury documentaire en juin dernier. 11 février 2026 Nos rencontres 30 juin 2026 Emmanuel Moire : « Je me sens plus solide sur scène » Créée au début des années 2000, « Le Roi Soleil » revient dans une nouvelle version, fidèle à son souffle originel. Rencontre avec l’interprète de Louis XIV, au cœur d’un spectacle qui mêle mémoire collective et regard contemporain. Toutes nos rencontres Helena : « Servir une cause donne sens à ce métier » Révélée par la « Star Academy », notre compatriote a intégré la troupe des Enfoirés le 27 février sur TF1. Le spectacle, disponible en DVD, permet aux Restos du Cœur de financer dix-sept repas par vente. Rencontre en coulisses. 25 juin 2026 Laurent Baffie : « Thierry Ardisson me manque, mais pas la télé ! » À travers son nouveau spectacle, l’humoriste revisite son univers et rend hommage à une figure qui a marqué son parcours, entre irrévérence, fidélité à l’esprit d’origine et regard lucide sur le temps qui passe. 11 juin 2026 Halloween, gare aux taches ! Les sorcières préparent leurs balais, les vampires aiguisent leurs canines et les zombies sortent de leurs tombeaux. Mais après Halloween, une autre histoire d’horreur risque de commencer… dans le panier à linge. Faux sang, maquillage et paillettes, voici comment éviter le carnage. LIFESTYLE Pierre de Maere en toute intimité avec NRJ Le 3 novembre, le chanteur belge offrira un showcase exclusif au Woluwe Shopping Center, à Bruxelles. Une occasion privilégiée pour ses fans de le retrouver sur scène, mais aussi de le rencontrer. MÉDIAS Deux bisous à la reine Mathilde Le protocole royal a connu une petite entorse ce mardi 27 octobre au Palais royal de Bruxelles. L'actrice flamande Chris Lomme a surpris tout le monde en embrassant spontanément la reine Mathilde. Un geste qui a fait des émules. ROYAUTÉ Jarry en super-héros du rire sur TF1 Bonne nouvelle pour les amateurs d’humour. Le jeudi 19 novembre à 21h10, TF1 diffusera « Bonhomme », le troisième spectacle de Jarry. Une soirée placée sous le signe du rire, de l’amour et de la bonne humeur. MÉDIAS Six jeunes Belges à la conquête de l’Europe Faire ses valises, découvrir de nouveaux horizons et mieux comprendre l’Europe. Six jeunes Belges s’apprêtent à vivre une aventure aussi enrichissante que dépaysante dans la deuxième saison d’« Un Ticket pour l’Europe », proposée par la RTBF. MÉDIAS À Ename, le feu rallume les traditions Et si l’on célébrait l’arrivée de l’hiver autour d’un grand feu ? Le 20 décembre, le site patrimonial d’Ename, en Flandre orientale, fera revivre un rituel vieux de plusieurs siècles. Une belle manière de tourner la page et d’accueillir l’avenir avec optimisme. TOURISME Marc O’Polo réchauffe Noël Pour les fêtes de fin d’année, la marque de mode s’inspire de l’élégance scandinave. Au programme, des matières douces, des couleurs chaleureuses et des tenues qui donnent envie de prolonger les soirées au coin du feu. LIFESTYLE Citizen voit la vie en lumière Et si votre montre n’avait plus besoin de changement de pile ? Il y a 50 ans, Citizen relevait ce défi grâce à l’énergie solaire. Aujourd’hui, la marque japonaise célèbre cette révolution horlogère avec une création anniversaire. LIFESTYLE Charlotte Cardin se confie à bel RTL La chanteuse québécoise sera prochainement l’invitée de Sophie Pendeville dans « Grand Studio bel RTL ». Une rencontre musicale et intimiste, avec quelques confidences et un nouveau titre interprété en live. MÉDIAS Et si votre maison sentait le bonheur ? Une maison qui sent bon, c’est déjà une invitation à la détente. Avec sa nouvelle collection Maison d’intérieur, Mylène transforme nos intérieurs en véritables cocons de douceur. Quatre fragrances pour quatre ambiances, à choisir selon vos envies. LIFESTYLE Les récits d'Anouchka Tous les récits CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire le récit UNE NOUVELLE D'ANOUCHKA SIKORSKY Tourisme Tous les articles À Ename, le feu rallume les traditions Et si l’on célébrait l’arrivée de l’hiver autour d’un grand feu ? Le 20 décembre, le site patrimonial d’Ename, en Flandre orientale, fera revivre un rituel vieux de plusieurs siècles. Une belle manière de tourner la page et d’accueillir l’avenir avec optimisme. Lire l'article Lifestyle Tous les articles Halloween, gare aux taches ! Les sorcières préparent leurs balais, les vampires aiguisent leurs canines et les zombies sortent de leurs tombeaux. Mais après Halloween, une autre histoire d’horreur risque de commencer… dans le panier à linge. Faux sang, maquillage et paillettes, voici comment éviter le carnage. Lire l'article Plus d'articles Nos concours Actuellement en librairie Lire le magazine Lire le magazine Nos bonus Chloé Moroni : Une voix qui trace sa route Bien que certains artistes soient moins présents sur les écrans de télévision, ils n’en brillent pas moins. C’est dans cet esprit que Zenio a créé cette rubrique, dédiée à faire découvrir des créateurs dont l’art ne cesse de grandir et d’inspirer. COUP DE POUCE Start Now CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. ANOUCHKA Start Now Des télé-crochets à « The Voice » : l’art de chanter sous l’œil de la caméra Bien avant les fauteuils rouges et les votes par SMS, des anonymes se lançaient en direct, approximatifs ou audacieux, pendant que le petit écran découvrait qu’un micro pouvait tracer des destins. NOS DOSSIERS Start Now Petits écrans, grandes histoires : L’aventure des émissions enfantines Puisque Dorothée a déjà déroulé le fil de ses souvenirs, place aux autres figures qui ont envahi nos écrans, de « Citron Grenadine » à « Lollipop », sans oublier quelques légendes en peluche. Dinosaures orange, marionnettes insolentes et musiques entêtantes ont façonné nos après-midis bien plus qu’on ne veut l’admettre. NOS DOSSIERS Start Now Marie-Laure Béraud, l’art en trois dimensions Bien que certains artistes ne soient pas présents sur les écrans de télévision, ils n’en brillent pas moins. C’est dans cet esprit que Zenio propose cette rubrique, dédiée à faire découvrir des créateurs dont l’art ne cesse de grandir et d’inspirer. COUP DE POUCE Start Now ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. ANOUCHKA Start Now Bienvenue chez Jack Daniel’s Il y a des lieux où l’on vient pour voir, sentir, écouter… mais surtout pas trinquer. Ce village improbable est pourtant le point de départ d’une histoire exportée dans le monde entier. NOS DOSSIERS Start Now La folle épopée du clip-vidéo ! Quand la télévision régnait en maître, voir son chanteur favori relevait de l’exploit. L'invention du clip a tout bouleversé, propulsant la musique sous les projecteurs et changeant à jamais la manière d'écouter... et de regarder. NOS DOSSIERS Start Now Morgane Rose, la nouvelle étoile liégeoise Bien que certains artistes ne soient pas présents sur les écrans de télévision, ils n’en brillent pas moins. C’est dans cet esprit que Zenio a créé cette rubrique, dédiée à faire découvrir des créateurs dont l’art ne cesse de grandir et d’inspirer. COUP DE POUCE Start Now NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. ANOUCHKA Start Now Plus de bonus

  • ANNE | ZENIO

    Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. 10 octobre 2025 ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. © IA Mes parents se sont crus obligés d’inviter la famille pour fêter l’événement. J’avais honte, plantée devant ce gros gâteau au moka écœurant flanqué de ses seize bougies multicolores. Mon cousin m’a poussé du coude : - Ce n’est pas la peine d’attraper seize ans si c’est pour souffler les bougies comme un bébé. Je lui ai écrasé le pied de toutes mes forces, il a hurlé. Tant pis, faut pas m’embêter ! Donc, j’ai éteint les bougies d’un seul souffle, histoire de me débarrasser de la corvée le plus vite possible. Mes parents étaient fiers comme si je venais de leur fourrer sous le nez une interrogation brillante en mathématiques. Je suis nulle en math ! Jean-Claude, mon copain d’en face a été convié aux festivités, comme pour rajouter encore à ma honte, mes parents n’en ratent pas une. Jean-Claude rit sous cape. C’est sûr, il se moque de moi. Voilà, j’ai seize ans depuis hier. Seize ans ! J’ai l’impression d’avoir pris vingt centimètres d’un coup. J’ai reçu des bas de soie et un nouveau porte- jarretelles en vichy bleu et blanc. J’ai rougi, non parce que ça me comblait de joie mais parce que mon porte-jarretelles ressemblait plus à un jouet pour bambin que celui de Barbie qui est en dentelle noire. Jean-Claude a levé les yeux au ciel. J’avais envie de taper du pied. Maman n’a pas encore compris que j’étais presque une adulte ; papa se cache les yeux, il ne veut pas savoir. Voilà, Cher Journal Intime, j’ai seize ans ! Je crois que je suis la seule à le savoir. Seule à me rendre compte que j’ai grandi, que maintenant il faudra me prendre au sérieux. Lorsque je regarde mes parents, je vois que ce n’est pas gagné. Je n’aime pas les gâteaux ; j’ai dû en manger quand même, pour ne pas froisser tante Hélène qui l’avait fait tout exprès pour moi, m’a chuchoté maman dans l’oreille comme s’il s’agissait d’un secret d’État. Zut et re-zut, c’est mon anniversaire et c’est moi qui dois faire des sacrifices. Je préférerais manger des chicons cuits ! Ma mère ne sait pas cuisiner, à part les boulets liégeois. Le reste est un désastre. Voilà, Cher Journal Intime, j’ai seize ans. Il n’y a qu’à toi que je peux confier que ces seize ans me donnent tous les droits ! Je vais pouvoir embrasser sur les lèvres le beau Michel qui n’attend que ça depuis des semaines. Je vais le voir comme chaque dimanche au thé dansant. Et cette fois-ci, je lui dirai oui, lorsqu’il voudra me serrer dans ses bras ! J’ai seize ans, je suis assez grande. Je redoute quand même ce moment. Et si j’étais nulle ? Je me lève de mon bureau, me jette sur mon lit pour une personne. J’entends au loin ma grande sœur qui parle au téléphone dans le hall d’entrée. Ma sœur, Christiane, collectionne les petits amis et les lettres d’amoureux transis, tandis que ma vie amoureuse jusqu’ici est un désert. Je soupire. Jean-Claude m’a offert un disque vinyle des Beatles : Michelle. Je le mets chaque fois que je peux sur mon tourne-disque, et je rêve que je suis Michelle, que je suis jolie et qu’un magnifique garçon à tomber raide, n’aime que moi… Je rêve… Je reprends mon Journal Intime qui attend sagement sur mon bureau. Je lui confie tous mes secrets. Je le cache sous ma pile de pulls dans la garde-robe ; ma mère est un peu fouineuse, je n’ai pas confiance. Bon, je reprends, Cher Journal. Depuis hier j’ai seize ans. Je vais pouvoir aller au cinéma toute seule, en ville. Je me réjouis. Je prendrai le bus en solo sans chaperon, même pas Jean-Claude que mon père m’envoie à chaque occasion comme garde du corps. Seigneur ! J’ai regardé dans le journal « La Meuse », il propose un film réalisé par Louis Malle avec Brigitte Bardot et Jeanne Moreau : Viva Maria ! Une histoire d’amitié entre deux femmes au début du XXe siècle. Il paraît que c’est sympa ! Ça me tente. Je vais pouvoir m’enfoncer dans les gros fauteuils en velours rouge du cinéma « Palace ». A l’entracte, j’achèterai un paquet de bonbons acidulés ou une glace au citron à l’hôtesse qui se promène dans les allées, son panier rempli de friandises. Plus tard, j’irai prendre un verre dans un bistrot qui ouvre ses portes dans le lieu-dit, « le Carré » à Liège. Je fumerai des Kent à bout doré et j’écouterai un jeune homme blond qui sentira « Eau Sauvage de Dior » me chuchoter des idioties dans l’oreille. Je ne sais pas si ça me plaira. On verra bien. Je boirai du coca, pas d’alcool ; je n’aime pas ça. Les gens font n’importe quoi quand ils ont bu. Voilà, Cher Journal Intime, depuis hier j’ai seize ans. Et tu vois ? J’ai plein de projets. Je n’ai pas encore dit à mes parents que je voulais quitter le lycée pour aller faire du théâtre au Conservatoire. Un cours d’art dramatique pour les grands, t’imagines ? Je n’écouterai plus des leçons pour les bébés. J’apprendrai à jouer dans des pièces de théâtre comme Christiane Lenain, une comédienne belge qui m’a donné envie de faire du théâtre depuis que je l’ai vue jouer à la télévision le week-end sur la RTB dans des pièces rigolotes ; on appelle ça du vaudeville ! C’est ça que je veux faire plus tard, du théâtre comme cette super comédienne qui me fait rire et parfois même pleurer devant la télé qui malheureusement est en noir et blanc. On dit que bientôt elle sera en couleur. J’ai peine à le croire. Mais sait-on jamais ? La TV de mes parents tient debout sur quatre pieds ; c’est un miracle. Parfois, lorsque j’ai la flemme, je n’ai pas envie de me lever du fauteuil pour mettre le son plus fort. Je rêve d’un boîtier avec des boutons que l’on pourrait actionner depuis son canapé. Ma grande sœur dit que je rêve, que ça n’existera jamais et que je dois me bouger pour mettre le son plus fort sinon on ne comprendra rien au feuilleton. Je m’en fiche, je regarde « Thierry la Fronde » juste pour le beau Jean-Claude Drouot, un comédien belge dont je suis fière comme si c’était mon petit copain. En revanche, pour le choix du feuilleton, je préfère le « Chevalier de Maison Rouge », j’aime l’intrigue de ce feuilleton adapté d’un roman d’Alexandre Dumas… Bref, Cher Journal Intime, j’ai encore du pain sur la planche pour devenir une vraie adulte. Pour l’instant, il y a quand même les mercredis après-midi durant lesquels je vais avec ma grande sœur aux « Jeunesses musicales. » C’est super chouette ! Il y a des reportages sur d’autres pays, des documentaires sur des sujets tops ou des concerts… j’aime ces moments car nous ne sommes que nous deux, ma sœur et moi. Avant l’événement, on va manger un sandwich dans une taverne et ça me donne l’impression d’être une adulte responsable. On glisse une pièce de monnaie dans le juke-box et on écoute religieusement le disque qui crache un peu. C’est souvent Elvis. Ma sœur adore Elvis. Je préfère Christophe ou Adamo ou Brassens… Bref, Cher Journal Intime, je suis plutôt contente d’avoir seize ans. Mais ce sera mieux encore lorsque j’en aurai dix-huit. Dix-huit ! Ce sera génial. Je pourrai passer mon permis de conduire. Je chiperai la voiture de papa, ou mieux, j’aurai la mienne, une décapotable rouge sang. Je nouerai un foulard de soie sur mes cheveux blonds, comme les stars de cinéma. Je louerai un studio en ville, tout près du conservatoire où je serai en art dramatique. Et très vite je me retrouverai sur les planches aux côtés de Christiane Lenain. Je serai déjà une super comédienne ! Ça va vite dans ce milieu magique. En espérant cet instant de grâce, je dois encore écouter les sermons des parents. Je dois encore étudier mes leçons de néerlandais, je dois encore ronger des crayons… En attendant, j’écouterai le disque de Françoise Hardy qui se sent seule, elle aussi. Je pose du Rimmel sur mes cils blonds. Je choisis une minijupe en coton rose. J’enfile mes nouveaux bas de soie qui bougent comme s’Ils profitaient de leur propre vie. Le miroir me renvoie l’image d’une jeune fille plutôt souriante…Ça y est ! J’ai rendez-vous avec mes seize ans au thé dansant… Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire l'article ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. Lire l'article NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. Lire l'article JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. Lire l'article ANGÈLE Angèle venait d'ôter le feuillet de ce 8 mai 1965 du calendrier à dégarnir chaque jour. Il était accroché au mur de la cuisine laqué de bleu ciel. Cuisine inspirée de celle du peintre Claude Monet. Les autres murs de cette belle pièce en témoignaient ; ils étaient couverts de carrelages aux motifs bleus et blancs. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. 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  • JOSEPH | ZENIO

    Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. 8 août 2025 JOSEPH Joseph sillonnait le village de Saint-Yvon en pédalant, sans se presser, sur son vélo noir. Le bonhomme portait un uniforme foncé avec des boutons dorés et un képi qui en imposait. On était dans les années soixante, Joseph était le garde-champêtre du village et il en était fier. © IA Son rôle était de faire régner l’ordre et l’harmonie à Saint-Yvon. Joseph devait régler les différends entre voisins, les bagarres entre galopins, le respect des lois communales… Il avait surtout du souci avec les habitants qui circulaient tous à vélo mais oubliaient bien souvent de fixer la plaque obligatoire sur leurs deux roues. Joseph effectuait avec amabilité son travail constitué surtout de prévention plutôt que de répression. Lorsque les choses devenaient trop sérieuses, il remettait l’individu incriminé entre les mains de la police. Mais il essayait d’éviter ces situations extrêmes. Parfois il demandait conseil auprès du bourgmestre qui était son supérieur ; un homme sérieux qui remplissait sa fonction avec doigté. Lorsqu’il était de bonne humeur, le bourgmestre se laissait aller à prendre un verre de bière avec Joseph autour du comptoir qui trônait dans le café du village nommé communément « La Maison de Jeanne », puisqu’il était tenu depuis plus de vingt ans par Jeanne, une femme pleine de bon sens qui jouait un peu le rôle de la maman des habitants du village. Joseph était un homme plutôt heureux. Les citoyens le respectaient ; le garde-champêtre connaissait le prénom de toutes les personnes qu’il croisait pour le plus grand bonheur de chacun. Enfin, il aurait été pleinement heureux s’il n’y avait eu ce grain de sable qui empêchait la machine de tourner parfaitement. En effet, il y avait ce garnement, Polo, qui semait la zizanie partout où il passait. Polo avait une douzaine d’années mais il en paraissait davantage. Il était grand, bien bâti pour son âge et en profitait pour imposer sa loi à quiconque l’approchait. Il portait les cheveux assez longs dans la nuque, bien trop longs de l’avis des petits bourgeois du coin. Une lourde mèche blonde lui tombait sans cesse sur les yeux qu’il avait aussi verts que les bonbons Valda que l’on trouvait dans la boutique de madame Joséphine, qui vendait cigarettes, cigares et confiseries de toutes les couleurs à qui les réclamait. Inutile de dire que les enfants faisaient la file chez madame Joséphine dès que la cloche retentissait dans la cour de l’école. Joseph pédalait toujours tranquillement en faisant un signe de la main à chaque badaud croisé sur son chemin. Lorsqu’il aurait terminé sa tournée de Saint-Yvon et qu’il aurait vérifié que la Meuse coulait sereinement et que Polo était bien en classe, à son banc pour écouter les leçons de monsieur Hardy, il irait prendre un café au lait et un sandwich au jambon-beurre chez Jeanne ; Joseph était jeune encore, trente ans ! Il avait besoin de force pour tenir le coup jusqu’au soir. Joseph souriait en se souvenant qu’il avait rendez-vous en fin de journée, à l’arrêt du bus, avec la jolie Jocelyne qui était coiffeuse dans un salon de la ville. Après avoir appuyé son vélo contre le mur en briques rouges de la salle de gymnastique, le garde-champêtre entra dans la cour de l’école primaire et regarda par la fenêtre de la classe supposée être celle de Polo. L’instituteur, monsieur Hardy, lança un regard las à Joseph ; Polo n’était pas installé à son banc. Joseph étouffa un juron qui n’était pas de mise dans une cour d’école. Le garde-champêtre poussa un soupir avant d’enfourcher son vélo. Polo n’avait que douze ans mais il agissait comme s’il en avait dix-huit. Ça mettait Joseph hors de lui. Que faisaient les parents pour que l’enfant rentre dans le droit chemin ? Chaque fois que Joseph s’était présenté chez Polo, il avait trouvé porte close. Cette fois-ci encore, elle était restée fermée. La sonnette elle-même avait résonné timidement, comme pour ne pas réveiller les habitants de la maison. Jusqu’à présent, Joseph n’avait pas évoqué le problème auprès du bourgmestre, mais il commençait à se demander s’il ne devrait pas le faire. Ce jeune adolescent filait un mauvais coton… Joseph poussa la porte de « La Maison de Jeanne » en même temps qu’un carillon se mit à tinter joyeusement. Le garde-champêtre s’accouda au bar après avoir salué la patronne qui nettoyait le comptoir comme si elle caressait un chat précieux. La brave femme secoua ses boucles blanches comme de la neige :— Tu as l’air bien fatigué, Joseph. Un petit remontant ?— Non, je travaille. Je prendrai juste un café au lait. Je n’ai plus faim, tout à coup.— Des soucis ?— C’est encore Polo, qui fait des misères. Il n’est pas en classe !— Il n’y a pas longtemps que ce gamin vit dans le village. Je ne le connais pas bien. Il roule des épaules comme un caïd et lance des regards qui veulent dire « foutez-moi la paix », mais à part ça rien de bien méchant !— Il se bagarre avec tous les garçons qui traînent dans les rues. Il ne va à l’école que parcimonieusement, comme s’il risquait d’être contaminé par une grave maladie… L’autre jour je l’ai surpris en train de dégonfler les roues d’un vélo ; celui de l’instituteur qui avait écrit un message sévère à l’intention de ses parents. Jeanne éclata de rire :— Excuse-moi, mais ce n’est pas encore trop grave. Il faudrait juste lui remonter les bretelles.— Il s’en fiche. Lorsque je le sermonne, il me fixe d’un regard narquois avant de s’en aller en traînant les pieds. Je ne sais par quel bout le prendre. Même l’instituteur dit qu’il ne sait quoi faire de cet enfant. Les parents envoient des mots d’excuses, parfois, dans le journal de classe du garnement. Il paraît que les remarques de la maman sont rédigées dans un français impeccable, voire très recherché.— Il faudrait rencontrer les parents. Ils sont les seuls à bien connaître le gamin.— Je crois que je vais camper devant leur maison. Ils finiront bien par se montrer, non ? Jeanne riait, elle avait connu des garnements plus canailles. Joseph remit son képi sur ses cheveux roux. Il avait fière allure, le garde-champêtre. Et, finalement, la chance lui sourit. Il cueillit la maman de Polo sur le seuil de sa petite maison blanche, une habitation sociale avec un jardinet fleuri. La maman de Polo, qui s’appelait Rose Graff, avait accueilli Joseph avec un café noir comme du charbon qui fumait dans une tasse en porcelaine. Elle ne comprenait rien à la situation, avait-elle dit, d’une belle voix grave. « Non, elle n'avait jamais reçu de mots de la part de l’instituteur. Elle n’avait jamais écrit à monsieur Hardy, non plus, bien sûr. » Polo, debout devant une télé en noir et blanc, lançait des œillades furieuses au garde-champêtre. Le gamin avoua en grommelant qu’il avait rédigé les mots à l’instituteur de sa propre main, pour ne pas inquiéter sa mère. Joseph tombait des nues, car l’instituteur avait insisté sur le fait que les messages qui lui étaient adressés dans le journal de classe étaient rédigés dans un français impeccablement soigné. Après avoir écouté le garde-champêtre attentivement, la jeune femme sourit et l’éclaira sur la situation. Elle n’avait pas réprimandé son fils, qui avait l’air de trouver cela normal. Elle ébouriffa la crinière blonde de son ado, qui se rebiffa, bien entendu. En quelques mots clairs et précis, Rose Graff expliqua leur situation à un Joseph abasourdi. Maintenant, le garde-champêtre rapportait l’histoire à l’instituteur qui ouvrait des yeux ronds comme des roues de charrette.— Donc, si j’ai bien compris, le papa de Polo est décédé dans un accident de voiture et son épouse, qui est avocate, est venue s’installer dans notre village avec son fils, Polo. Et c’est Polo qui répond à mes messages adressés à la maman. Et elle trouve ça normal !— Vous oubliez le plus important, monsieur l’instituteur. Polo est un enfant précoce. Le directeur de l’école où il se trouvait auparavant lui a fait faire une floppée de tests (je résume). Bref, Polo devait sauter plusieurs classes pour se retrouver en troisième humanité. La maman a trouvé que son jeune ado était suffisamment perturbé avec le décès de son papa. Elle a donc préféré le laisser en sixième primaire le temps qu’il se remette de ses émotions avant de lui faire sauter des classes. Elle reconnaît qu’elle a eu tort. Polo s’ennuie à mourir en primaires…— Et c’est pour cette raison qu’il fait le guignol. Parce qu’il s’enquiquine ! C’est en sirotant une Jupiler bien fraîche que notre garde-champêtre racontait pour la xième fois l’histoire de Polo, à Jeanne cette fois-ci, qui se réjouissait de la fin heureuse pour le jeune garçon aux yeux verts qui allait bientôt intégrer les grandes classes… Anouchka SIKORSKY Article précédent Article suivant À lire aussi... CHARLOTTE Bien sûr, le soleil pâle essayait de se faufiler à travers la procession de nuages blancs et mousseux comme la barbe à papa à la foire du village. Lire l'article ALICE Ce matin-là, Alice était un peu tristounette ; les fêtes de Noël et de Nouvel An étaient terminées, maman avait rangé la nappe blanche avec des motifs dorés, et le petit Jésus s’ennuyait dans sa crèche malgré l’âne qui lui chatouillait le front en soufflant dessus. Lire l'article NICOLAS Dans quelques jours, on fêtera Noël. Nicolas aimait les préparatifs de Noël ; une fébrilité presque palpable habitait la maison comme si elle allait faire exploser les murs, les écarter, les repousser jusqu’à l’extrême limite. Nicolas avait cinq ans et une imagination fertile qui lui permettait de rêver même les yeux ouverts. Lire l'article ANNE Cher Journal Intime, Et voilà, seize ans. Je ne sais toujours pas quoi faire de ce gros paquet d’années. Bon, j’ai bien une petite idée, mais c’est flou, vaporeux comme le voile de ma cousine Jeanine le jour de son mariage avec cet affreux garçon privé de sourire. Donc, j’ai seize ans depuis hier. Lire l'article ANGÈLE Angèle venait d'ôter le feuillet de ce 8 mai 1965 du calendrier à dégarnir chaque jour. Il était accroché au mur de la cuisine laqué de bleu ciel. Cuisine inspirée de celle du peintre Claude Monet. Les autres murs de cette belle pièce en témoignaient ; ils étaient couverts de carrelages aux motifs bleus et blancs. Lire l'article Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous

  • Damien Thévenot tourne la page de « Télématin » | ZENIO

    Après plus d'un quart de siècle passé au sein de la matinale de France 2, l'animateur s'apprête à quitter l'émission qui l'a révélé au grand public. Un départ qui ressemble davantage à un nouveau départ qu'à un adieu. 8 juillet 2026 Damien Thévenot tourne la page de « Télématin » Après plus d'un quart de siècle passé au sein de la matinale de France 2, l'animateur s'apprête à quitter l'émission qui l'a révélé au grand public. Un départ qui ressemble davantage à un nouveau départ qu'à un adieu. © Gilles Gustine/FTV C'est une figure familière qui va disparaître du réveil des téléspectateurs français. Après vingt-sept ans de présence au sein de « Télématin », dont plusieurs saisons à la présentation, Damien Thévenot quittera la matinale de France 2 à la rentrée. Une décision qui s'inscrit dans la profonde réorganisation voulue par France Télévisions pour son émission emblématique. À 61 ans, le journaliste ne cache pas son émotion, tout en refusant de parler de rupture. Selon les informations du Parisien , il assure avoir « beaucoup de projets » au sein du groupe audiovisuel public. Si son visage disparaît des petits-déjeuners des Français, il continuera donc de collaborer avec France Télévisions sous d'autres formes, dont les contours restent encore confidentiels. Cette nouvelle formule de « Télématin » verra Maya Lauqué poursuivre l'aventure en solo sur la première partie de la matinale, tandis qu'Agathe Lecaron prendra les commandes de la tranche suivante. D'autres mouvements viennent compléter ce jeu de chaises musicales, avec notamment l'arrivée de Thomas Isle et de Francis Letellier pour renforcer la nouvelle équipe. Arrivé à « Télématin » en 1999, Damien Thévenot s'est imposé comme l'un des visages les plus appréciés du service public grâce à son sourire, sa proximité avec les invités et son enthousiasme communicatif. Au fil des années, il est devenu l'un des piliers de l'émission, accompagnant les nombreuses évolutions de la matinale sans jamais perdre sa spontanéité. Une page se tourne donc, sans amertume. Pour Damien Thévenot, cette rentrée ne marque pas une fin, mais l'ouverture d'un nouveau chapitre au sein d'un groupe auquel il reste profondément attaché. Les prochains mois devraient permettre de découvrir les nouveaux défis que France Télévisions lui réserve. Joëlle HUBAUX Article précédent Article suivant À lire aussi... Halloween, gare aux taches ! Les sorcières préparent leurs balais, les vampires aiguisent leurs canines et les zombies sortent de leurs tombeaux. Mais après Halloween, une autre histoire d’horreur risque de commencer… dans le panier à linge. Faux sang, maquillage et paillettes, voici comment éviter le carnage. Lire l'article Dominique Demoulin quitte RTL Une page se tourne à RTL tvi. Après près de 40 ans de carrière, la journaliste Dominique Demoulin s'apprête à prendre sa retraite. Un visage familier des téléspectateurs belges qui va tirer sa révérence à la fin de cette semaine. Lire l'article Pierre de Maere en toute intimité avec NRJ Le 3 novembre, le chanteur belge offrira un showcase exclusif au Woluwe Shopping Center, à Bruxelles. Une occasion privilégiée pour ses fans de le retrouver sur scène, mais aussi de le rencontrer. Lire l'article Deux bisous à la reine Mathilde Le protocole royal a connu une petite entorse ce mardi 27 octobre au Palais royal de Bruxelles. L'actrice flamande Chris Lomme a surpris tout le monde en embrassant spontanément la reine Mathilde. Un geste qui a fait des émules. Lire l'article Jarry en super-héros du rire sur TF1 Bonne nouvelle pour les amateurs d’humour. Le jeudi 19 novembre à 21h10, TF1 diffusera « Bonhomme », le troisième spectacle de Jarry. Une soirée placée sous le signe du rire, de l’amour et de la bonne humeur. Lire l'article Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous

  • Jack Lowden, futur James Bond ? | ZENIO

    Le smoking de 007 aurait-il trouvé son nouveau propriétaire ? L’acteur écossais Jack Lowden serait sérieusement envisagé pour succéder à Daniel Craig. Une rumeur de plus dans un casting devenu interminable, mais celle-ci semble gagner en crédibilité. 15 août 2026 Jack Lowden, futur James Bond ? Le smoking de 007 aurait-il trouvé son nouveau propriétaire ? L’acteur écossais Jack Lowden serait sérieusement envisagé pour succéder à Daniel Craig. Une rumeur de plus dans un casting devenu interminable, mais celle-ci semble gagner en crédibilité. © Doug Peters/Empics Entertainment/Photo News Depuis la sortie de Mourir peut attendre en 2021, les candidats se bousculent pour reprendre le célèbre matricule. Henry Cavill, Aaron Taylor-Johnson, Jacob Elordi, Callum Turner ou encore Tom Holland ont tour à tour été annoncés dans le viseur des producteurs. Aucun n’a pourtant reçu officiellement les clés de l’Aston Martin. Un nouveau nom vient désormais prendre une longueur d’avance : celui de Jack Lowden. L’acteur écossais de 36 ans serait « sérieusement envisagé » pour incarner James Bond. L’information a été évoquée par le présentateur et producteur britannique Richard Osman dans son podcast The Rest Is Entertainment. Celui-ci affirme tenir le nom d’une personne bien informée au sein de l’industrie. « Il a l’âge parfait pour le rôle », estime Richard Osman, qui souligne la présence et le charisme du comédien. Jack Lowden possède un autre argument susceptible de séduire les nostalgiques : il pourrait devenir le premier Écossais à incarner l’agent secret depuis Sean Connery. Un espion déjà bien entraîné Jack Lowden est principalement connu pour son rôle de River Cartwright dans la série d’espionnage Slow Horses, disponible sur Apple TV+. Il y campe un agent du MI5 aussi doué pour se sortir des situations dangereuses que pour s’attirer des ennuis. Une excellente préparation avant de commander un vodka-martini, avec la consigne que l’on connaît. Le comédien a également joué dans Dunkerque, Marie Stuart, reine d’Écosse et The Gold. Il incarnera prochainement Mr Darcy dans une nouvelle adaptation d’Orgueil et Préjugés destinée à Netflix. Dans la vie, Jack Lowden partage celle de l’actrice Saoirse Ronan, qui verrait son mari enfiler le smoking avec plaisir. Elle s’est même dite prête à rejoindre l’aventure dans la peau d’une méchante. La prudence reste cependant de mise. Aucun contrat n’a été annoncé et Amazon MGM Studios n’a pas confirmé cette information. La productrice Amy Pascal a simplement indiqué que l’identité du prochain James Bond devrait être révélée d’ici la fin de l’année 2026. Le casting entre donc dans sa phase décisive, sous la direction de Denis Villeneuve, chargé de réaliser ce nouveau chapitre. Jack Lowden est-il réellement sur le point de décrocher le permis de tuer ? Pour le savoir, il faudra encore patienter. Dans l’univers de 007, les secrets sont visiblement mieux gardés que les plans du méchant. Fabrice STAAL Article précédent Article suivant À lire aussi... Halloween, gare aux taches ! Les sorcières préparent leurs balais, les vampires aiguisent leurs canines et les zombies sortent de leurs tombeaux. Mais après Halloween, une autre histoire d’horreur risque de commencer… dans le panier à linge. Faux sang, maquillage et paillettes, voici comment éviter le carnage. Lire l'article Dominique Demoulin quitte RTL Une page se tourne à RTL tvi. Après près de 40 ans de carrière, la journaliste Dominique Demoulin s'apprête à prendre sa retraite. Un visage familier des téléspectateurs belges qui va tirer sa révérence à la fin de cette semaine. Lire l'article Pierre de Maere en toute intimité avec NRJ Le 3 novembre, le chanteur belge offrira un showcase exclusif au Woluwe Shopping Center, à Bruxelles. Une occasion privilégiée pour ses fans de le retrouver sur scène, mais aussi de le rencontrer. Lire l'article Deux bisous à la reine Mathilde Le protocole royal a connu une petite entorse ce mardi 27 octobre au Palais royal de Bruxelles. L'actrice flamande Chris Lomme a surpris tout le monde en embrassant spontanément la reine Mathilde. Un geste qui a fait des émules. Lire l'article Jarry en super-héros du rire sur TF1 Bonne nouvelle pour les amateurs d’humour. Le jeudi 19 novembre à 21h10, TF1 diffusera « Bonhomme », le troisième spectacle de Jarry. Une soirée placée sous le signe du rire, de l’amour et de la bonne humeur. Lire l'article Restons en contact Un peu de positif dans votre boîte mail. Recevez nos plus belles découvertes, nos rencontres et nos concours directement dans votre boîte mail. Inscrivez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? Retrouvez nos rencontres, reportages et découvertes dans chaque numéro de ZENIO. Dès 23,60 € par an Abonnez-vous Et si le plaisir continuait sur papier ? 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