30 avr. 2026
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Face aux mutations technologiques, l’ensemble du secteur radiophonique belge s’unit pour défendre un accès libre et universel à l’information dans les véhicules. Un enjeu qui dépasse largement le simple confort d’écoute.
Un front commun, rare, presque inédit. De la RTBF à la VRT, de RTL Belgium à DPG Media, sans oublier Mediahuis, NGroup et les acteurs indépendants, tout le paysage radiophonique belge affiche une position unanime. À l’heure où l’Europe examine le Digital Networks Act, le secteur lance une offensive claire. Obtenir l’obligation d’intégrer des récepteurs FM et DAB+ dans tous les nouveaux véhicules.
Derrière cette mobilisation, une inquiétude grandissante. Certains constructeurs envisagent de supprimer la radio hertzienne au profit d’environnements entièrement connectés, souvent payants. Une évolution qui transformerait l’habitacle en espace fermé, où l’accès à l’information dépendrait d’acteurs technologiques globaux.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’étude CIM AudioTime 2026, la radio représente encore 95 % de l’écoute audio en voiture. Une domination écrasante, portée en grande partie par la FM et le DAB+. Supprimer ce signal reviendrait à fragiliser un écosystème local, à la fois éditorial et publicitaire, au profit de plateformes internationales.
Au-delà des usages, la question touche à un principe fondamental. La radio garantit un accès gratuit, direct et sans discrimination à l’information. Elle constitue un pilier du pluralisme médiatique et de la diversité culturelle. Son maintien dans les véhicules ne relève pas d’un attachement nostalgique, il s’inscrit dans une logique démocratique.
L’enjeu se révèle encore plus crucial en situation de crise. Les réseaux hertziens reposent sur des infrastructures robustes, capables de fonctionner lorsque les systèmes numériques saturent ou défaillent. Qu’il s’agisse d’événements climatiques, sanitaires ou politiques, la radio demeure un outil de diffusion essentiel, capable d’alerter et d’informer rapidement les populations.
Dans ce contexte, les organisations comme maRadio.be, RadioZ, la Craxx et Digitale Radio Vlaanderen plaident pour une mesure à la fois simple et structurante. Imposer la présence de récepteurs FM et DAB+ dans les véhicules, tout en laissant coexister les solutions numériques. Une approche équilibrée, pensée pour accompagner l’innovation sans sacrifier l’accès universel.
L’automobile reste un espace central d’écoute. En Belgique, elle concentre une part majeure de la consommation audio. Modifier cet équilibre reviendrait à redéfinir en profondeur les habitudes médiatiques et les circuits de diffusion de l’information.
À travers cette prise de position commune, le secteur radiophonique belge ne défend pas seulement un outil. Il protège un modèle. Un modèle fondé sur l’accessibilité, la diversité et la résilience. Dans un paysage médiatique en pleine transformation, cette voix unie rappelle que certaines infrastructures dépassent le cadre technologique. Elles relèvent d’un enjeu collectif.
Fabian FALQUE
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Radio en voiture, la Belgique parle d’une seule voix
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