15 mars 2026
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© 00674493/Bestimage/Photo News
Un visage familier de la télévision française s’est éteint à 55 ans. Derrière l’humoriste populaire restait un comédien sensible dont les personnages ont accompagné plusieurs générations de téléspectateurs.
Le rire a parfois la pudeur des artistes discrets. Bruno Salomone appartenait à cette famille d’acteurs capables de faire sourire sans bruit, avec une précision presque musicale. Le comédien s’est éteint ce dimanche 15 mars 2026 à l’âge de 55 ans, après avoir combattu une longue maladie, selon l’annonce faite par son agent au nom de sa famille. Pour beaucoup de téléspectateurs, son visage restera celui de Denis Bouley, père parfois dépassé et tendre pilier de la série « Fais pas ci, fais pas ça ». Pendant neuf saisons, cette comédie familiale a accompagné les soirées de millions de Français, installant Salomone dans le cœur du public grâce à un humour à la fois doux et terriblement humain.
Avant d’incarner ce père attachant, Bruno Salomone avait déjà pris le chemin de la scène avec un talent évident pour la comédie. Le grand public l’avait découvert en 1996 grâce à l’émission « Graines de Star », qui lui avait ouvert les portes du spectacle et de la télévision.
Peu après, il rejoint la troupe humoristique « Nous Ç Nous ». Dans ce collectif devenu culte, aux côtés notamment de Jean Dujardin, il affine un style mêlant absurdité et observation du quotidien. L’aventure l’entraîne vers le cinéma et la télévision, avec des apparitions dans « Caméra Café », « Kaamelott » ou encore sur grand écran dans « Brice de Nice ».
Le comédien possédait aussi une voix immédiatement reconnaissable. Les amateurs de films d’animation l’ont entendue dans le doublage du méchant des « Indestructibles », tandis que les téléspectateurs du jeu « Burger Quiz » se souvenaient de sa voix off malicieusement complice.
Né à Villeneuve-Saint-Georges en 1970, Bruno Salomone a traversé plusieurs univers artistiques avec la même élégance. Théâtre, télévision, cinéma, écriture. Chaque domaine révélait une facette d’un acteur profondément attaché à la comédie humaine, celle qui observe les petites failles et les grandes tendresses du quotidien.
Dans « Fais pas ci, fais pas ça », Denis Bouley symbolisait un père un peu rêveur, souvent maladroit, toujours attachant. Une figure familière de la télévision française qui ressemblait finalement à son interprète. Un artiste attentif aux autres, capable de transformer une simple scène domestique en moment de complicité collective.
La disparition de Bruno Salomone laisse une trace particulière. Non celle d’un éclat bruyant, plutôt celle d’un sourire installé durablement dans la mémoire des téléspectateurs. Un rire discret, élégant, profondément humain.
Et dans un salon quelque part, au moment où redémarre un épisode de « Fais pas ci, fais pas ça », Denis Bouley continue de vivre, comme si la comédie savait parfois suspendre le temps.
Joëlle HUBAUX
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Bruno Salomone, l’élégance du rire
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