6 novembre 2026
Saint-Nicolas a le sens des affaires
Cette année, le grand saint pourrait glisser dans les souliers quelques cadeaux qui ont déjà vécu. Et les familles belges sont de plus en plus nombreuses à applaudir l’idée.

© Shutterstock
Qui a dit que Saint-Nicolas ne jurait que par le neuf ? Entre deux tournées de cheminées, le patron des enfants semble avoir découvert les bonnes affaires. Une enquête menée auprès de 1 000 Belges pour l’Alliance pour le Réemploi révèle que 60 % des familles n’ont aucun problème à recevoir des cadeaux de seconde main le 6 décembre. Elles étaient 56 % l’an dernier. Autant dire que la hotte se modernise… sans forcément faire chauffer la carte bancaire !
Il faut dire qu’un livre déjà feuilleté n’a rien perdu de ses aventures, pas plus qu’un jeu de société ne cesse d’être amusant après quelques parties. Les livres arrivent d’ailleurs en tête des cadeaux d’occasion plébiscités (59 %), juste devant les jouets (58 %). Même les vêtements gagnent du terrain, avec 30 % d’avis favorables. Quant à l’électronique, elle séduit 19 % des répondants. Et seuls 7,1 % estiment que les cadeaux du grand saint doivent impérativement sortir de leur emballage d’origine. Voilà qui devrait rassurer les lutins chargés de faire les emplettes !
Le sourire n’a pas besoin d’une étiquette neuve
Pourquoi cet engouement ? D’abord pour préserver le portefeuille : 44 % citent les économies comme principale motivation, contre 42 % en 2025. L’écologie entre également en jeu pour 23 %. Mais surprise, le budget moyen de Saint-Nicolas augmente malgré tout de 7 %, pour atteindre 84,20 euros par enfant. Notre bon saint aurait-il appris à dépenser malin plutôt qu’à dépenser moins ? Voilà une leçon de gestion qui pourrait intéresser quelques adultes ! Les familles francophones se montrent particulièrement sensibles au geste. Elles sont 38 % à voir dans la seconde main une occasion d’enseigner aux enfants le respect des ressources, contre 14 % des familles néerlandophones. Et lorsqu’un jouet ne sert plus, autant éviter de le laisser prendre la poussière. Selon l’enquête, 33 % des jouets délaissés sont revendus, tandis que 23 % sont transmis à d’autres enfants. Une façon de prolonger la magie sans encombrer davantage les placards.
L’enthousiasme pour le 6 décembre ne faiblit pas non plus. Cette année, 90 % des familles avec de jeunes enfants prévoient de célébrer la Saint-Nicolas, contre 86 % en 2025. De quoi donner encore quelques belles heures de travail au grand saint. Après tout, un cadeau peut avoir une deuxième vie et provoquer un premier grand sourire. Et ça, même avec une barbe blanche, on ne s’en lasse pas.
Joëlle HUBAUX
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