5 novembre 2026
Les géants de RTL vont tomber
Vendredi 6 novembre, trois antennes historiques seront dynamitées au Luxembourg. Un événement spectaculaire qui marque la disparition d'un symbole de la radio et de ses grandes heures.

© RTL
Elles ont traversé les décennies, résisté aux intempéries et permis à des millions d'auditeurs de retrouver leurs émissions préférées. Mais cette fois, leur dernière heure a sonné ! Vendredi 6 novembre, à 15 heures précises, les trois gigantesques antennes de Beidweiler, au Luxembourg, seront dynamitées. Hautes de 290 mètres chacune, elles dominaient le paysage depuis 1972. Et pour leur grand départ, pas question de passer inaperçues !
L'opération sera réalisée par l'entreprise allemande Liesegang, spécialisée dans ce type de démolition. RTL retransmettra même l'événement en direct sur Internet. Un ultime rendez-vous pour ces géantes qui ont longtemps fait voyager les voix de la station bien au-delà des frontières luxembourgeoises.
Quand Radio Luxembourg faisait vibrer l'Europe
Pour comprendre l'importance de ces antennes, il faut remonter à 1933. À cette époque, Radio Luxembourg commence ses émissions régulières depuis le Grand-Duché. Grâce à sa position géographique et à la puissance de ses émetteurs, la station peut toucher une grande partie de l'Europe, notamment la France, où la radiodiffusion est alors soumise à un monopole public.
En 1966, Radio Luxembourg devient RTL. Six ans plus tard, le site de Beidweiler prend le relais des installations de Junglinster pour diffuser les programmes francophones sur la fréquence de 234 kHz.
À l'époque, les grandes ondes possèdent un avantage considérable. Elles permettent de capter une station sur de très longues distances. Un simple poste de radio suffit pour écouter RTL dans une grande partie de la France, sans devoir changer de fréquence tous les cinquante kilomètres. Un luxe que les automobilistes d'aujourd'hui, parfois occupés à chercher la bonne station entre deux tunnels, pourraient apprécier ! Pendant plus d'un demi-siècle, ces trois géantes accompagnent ainsi le quotidien de générations d'auditeurs.
La fin d'une époque
Mais les habitudes changent. L'arrivée de la FM, puis d'Internet et de la radio numérique DAB+, rend progressivement les grandes ondes obsolètes. D'autant que cette technologie est particulièrement gourmande en électricité. Lorsque RTL coupe définitivement son émetteur de Beidweiler, le 2 janvier 2023, l'économie annoncée atteint six millions de kilowattheures par an. Un argument difficile à ignorer. La station luxembourgeoise n'est d'ailleurs pas la seule à avoir tourné la page. France Inter abandonne ses programmes en grandes ondes fin 2016, Europe 1 en 2019 et RMC en 2020.
Le mouvement se poursuit à l'étranger. Le 27 juin 2026, la BBC met fin à la diffusion de Radio 4 sur la fréquence historique de 198 kHz, après près de 92 ans d'histoire. Au Maroc, les trois immenses pylônes de 380 mètres de la station Médi 1, près de Nador, sont également dynamités le 28 octobre dernier. Quelques installations continuent toutefois de fonctionner. C'est notamment le cas du site français d'Allouis, dans le Cher. Depuis l'arrêt des programmes de France Inter, son émetteur diffuse toujours, sur 162 kHz, un signal permettant de synchroniser de nombreuses horloges et installations techniques. Son avenir au-delà de 2034 devra encore être tranché.
Au Luxembourg, les trois anciens mâts de Junglinster, qui avaient précédé ceux de Beidweiler, sont également appelés à disparaître. Leur date de démolition n'est pas encore fixée. Vendredi, ce ne sont donc pas simplement des tonnes d'acier qui s'effondreront. C'est un morceau de l'histoire de la radio européenne qui quittera définitivement le paysage.
Pendant cinquante ans, les antennes de Beidweiler ont fait entendre RTL à des millions d'auditeurs. Pour leur dernier jour, elles feront encore beaucoup de bruit. Mais cette fois, inutile d'allumer son poste de radio pour les écouter !
Fabian FALQUE
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