11 juin 2026
Laurent Baffie : « Thierry Ardisson me manque, mais pas la télé ! »
À travers son nouveau spectacle, l’humoriste revisite son univers et rend hommage à une figure qui a marqué son parcours, entre irrévérence, fidélité à l’esprit d’origine et regard lucide sur le temps qui passe.

© Influx
À quoi s’attendre avec cette nouvelle création scénique ?
C’est un vrai one-man-show. Mon objectif reste simple, faire rire et offrir une parenthèse aux spectateurs. Je tiens à ce qu’ils aient le sentiment d’en avoir pour leur argent. Derrière l’image, je suis quelqu’un de très anxieux. J’ai toujours cette envie de bien faire, cette crainte de décevoir. Monter sur scène, c’est une manière de rendre les gens heureux. Pour moi, le public fait un geste d’amour en venant applaudir un artiste, et je le prends très au sérieux.
Le « Ho P****n Laurent ! » fait référence à une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux !
Ce succès m’a complètement dépassé. On parle de plus de 150 millions de vues. Tout s’est fait sans préparation. J’étais dans un centre commercial pour faire des courses, avec mes lunettes connectées. J’aperçois un type que je connaissais vaguement pour avoir pris des cours de paddle avec lui. J’enfile les lunettes et, faute d’inspiration, je décide de le provoquer. Sa réaction a été immédiate, naturelle, hilarante. Sa phrase est devenue culte sans que personne ne l’ait anticipé.
Pourquoi avoir investi les réseaux sociaux si tardivement ?
Je suis un vieux boomer, clairement. Il m’a fallu du temps pour apprivoiser l’outil. Les lunettes connectées ont déclenché quelque chose. Aujourd’hui, je peux faire des caméras cachées sans équipe technique ni dispositif lourd. Je n’imaginais pas replonger dans cet exercice, encore moins avec une telle liberté. Ce n’est pas encore une activité rentable, mais elle m’a permis de bâtir une communauté fidèle. Ces vidéos m’ont fait connaître auprès d’une génération qui ignorait tout de moi. Désormais, des gamins me demandent des selfies. Je trouve ça touchant.
Le digital est-il un passage obligatoire de nos jours ?
Oui. La télévision est en fin de cycle. Je viens d’une époque où l’on refusait de sortir pour rester devant « Tout le monde en parle ». En 2026, plus rien ne nous cloue devant l’écran, notamment à cause des replays. Thierry Ardisson me manque, mais pas le système télévisuel. D’ailleurs, je parle beaucoup de lui sur scène.
Comment l’évoquez-vous ?
Je reviens sur ces années-là, sur les vannes coupées au montage. Le public rit énormément en comprenant enfin pourquoi certaines répliques n’ont jamais été diffusées. À l’époque, mon rôle était d’aller trop loin. Ces coupes faisaient partie du jeu. Quand je parle de Thierry, je ressens une ferveur particulière dans la salle. Il m’est arrivé de pleurer sur scène en l’évoquant. Ça m’a un peu gêné. Je suis très sensible.
Vous sentez-vous plus apaisé avec le temps ?
Oui, même si je garde une part de folie. La vie est plus agréable avec un grain d’imprévu. J’ai longtemps traîné l’image du provocateur permanent à travers mes caméras cachées. Cette réputation a nourri ma carrière. J’avais une famille à faire vivre. Mon intention n’a jamais été de blesser, mais de faire rire.
Rino GALLO
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