31 août 2026
Jacques Careuil : « André Remy était un super mec »
André Remy s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 89 ans. Son nom restera lié à « Feu vert », l’émission jeunesse emblématique de la RTB, puis de la RTBF. Jacques Careuil, qui partagea l’écran avec lui durant sept ans, a confié ses souvenirs à Zenio.

© DR
La télévision belge perd l’un de ses visages les plus populaires. Présentateur, journaliste sportif, homme de scène et créateur du spectacle satirique « Sois Belge et tais-toi ! », André Remy a mené une carrière aussi riche qu’éclectique. Pour plusieurs générations de téléspectateurs, il demeure avant tout l’un des complices de « Feu vert », ce rendez-vous qui a accompagné la jeunesse francophone durant les années 1960 et 1970.
À ses côtés se trouvait Jacques Careuil. Les deux animateurs formaient un duo joyeux et complice, capable de faire entrer les chanteurs, les dessinateurs, les jeux et la bonne humeur dans les foyers belges. Même si la vie les avait éloignés après leur départ de la télévision, le souvenir de ces années communes reste intact.
« Nous avons fait « Feu vert » ensemble pendant sept ans et nous nous voyions deux jours par semaine. Cela crée forcément des liens », nous confie Jacques Careuil. Des années de direct et de préparation qui ne semblent avoir laissé aucune ombre au tableau : « Je garde un excellent souvenir de lui. Nous n’avons jamais eu le moindre problème et nous nous entendions très, très bien. C’était un super mec, drôle et particulièrement efficace ».
Bien plus qu’un animateur
Derrière l’homme souriant présent à l’écran se cachait une cheville ouvrière essentielle de l’émission. Jacques Careuil tient aujourd’hui à rappeler le rôle considérable joué par son partenaire : « C’est lui qui imaginait les jeux de « Feu vert ». Il contactait les chanteurs et les dessinateurs. En réalité, c’est lui qui faisait l’émission. Moi, je ne faisais que présenter et animer avec lui ».
Une manière généreuse de rendre à André Remy la place qu’il occupait dans la fabrication de ce programme devenu culte. Lancé en 1966, « Feu vert » ne se contentait pas de divertir les enfants. L’émission éveillait leur curiosité, leur faisait découvrir des artistes et créait un rendez-vous collectif à une époque où la télévision rassemblait les familles autour d’un même écran.
L’annonce de la disparition d’André Remy a d’ailleurs suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux. Messages, photographies et souvenirs ont afflué, preuve que certaines émissions ne quittent jamais complètement la mémoire de ceux qui les ont regardées. Jacques Careuil lui-même a reçu, par l’intermédiaire d’un admirateur de Charleroi, une longue liste de témoignages et de condoléances. « C’est fou », répète-t-il, touché par l’ampleur de cette émotion populaire.
Avec sa disparition, une page de la télévision belge se tourne. Mais dans la mémoire de Jacques Careuil comme dans celle du public, le feu reste vert pour les souvenirs.
Fabrice STAAL
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