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16 avril 2026

Dorothée : « La fidélité du public est touchante »

Elle a bercé l’enfance de millions de téléspectateurs, semé des refrains durables dans les mémoires et accompagné bien plus que de simples mercredis après-midi. La voilà de retour avec la même sincérité, intacte, capable de relier plusieurs générations autour d’un même élan.

© Split Agence/00197940/Bestimage/Photo News

Qu’est-ce qui vous a donné envie de remonter sur scène ?

Ce sont des amis qui m’ont proposé de revenir et de partager à nouveau cette aventure. Lorsque l’idée a émergé, j’ai pris le temps de la laisser mûrir avant de me décider. Je suis heureuse de repartir dans cette expérience. L’émotion sera très présente, sur scène comme dans la salle. Cela faisait longtemps que je n’étais pas venue chanter en Belgique, ce rendez-vous aura donc une saveur particulière.

 

Pourquoi avoir attendu autant d’années ?

Je n’ai pas de réponse toute faite. L’émission « Merci Dorothée » diffusée sur TF1 a sans doute joué un rôle déclencheur. Les témoignages reçus à cette occasion m’ont marquée. Mon public a grandi à mes côtés, certains viennent désormais accompagnés de leurs enfants. Il s’agit souvent de familles entières réunies. Cette fidélité me touche sincèrement.


À quoi va ressembler ce nouveau spectacle ?

Il s’agira avant tout d’une fête. J’y tiens, car ce sont des retrouvailles. Nous chanterons ensemble, partagerons des moments simples, joyeux, sans artifice inutile. Des musiciens, des danseurs et un décor très présent accompagneront le tout. L’envie est de vivre quelque chose de généreux. Je me prépare aussi physiquement, en préférant les escaliers à l’ascenseur… (Rires)

 

Comment avez-vous réagi face au succès des premières dates ?

Je ne m’attendais pas à un tel engouement. Je n’imaginais pas que ce retour rencontrerait un tel écho. Cet accueil me bouleverse et renforce le sentiment de responsabilité qui m’accompagne.

 

Connaissez-vous bien la Belgique ?

Oui, j’y venais régulièrement, notamment pour les spectacles et les tournages. Des liens forts se sont créés, en particulier avec certaines familles d’auteurs de bande dessinée comme Peyo ou Tibet.

 

Comment allez-vous choisir les chansons du spectacle ?

La sélection n’est pas simple. Pour tout interpréter, il faudrait un spectacle de plusieurs heures. Chaque titre compte pour moi. Je privilégierai les chansons les plus anciennes, avec peut-être une surprise. Un hommage à Ariane est également prévu.

 

Vous avez récemment partagé un moment avec Julien Doré. Quel souvenir en gardez-vous ?

J’ai été très émue qu’il reprenne « Allô allô, monsieur l’ordinateur ». C’est quelqu’un d’une grande humanité et d’un professionnalisme exemplaire. Son invitation m’a touchée. Tout s’est fait avec naturel, malgré le trac qui m’accompagne toujours. J’aime que chaque détail soit à la hauteur.

 

Comment avez-vous vécu l’arrêt du « Club Dorothée » le 30 août 1997 ?

Je savais que cela finirait un jour. C’est arrivé plus rapidement que prévu et il a fallu l’accepter. Une autre vie s’est alors ouverte à moi, que j’ai appris à apprécier. Relâcher la pression m’a apporté un réel apaisement. Le public s’est montré d’une grande bienveillance. Lorsque l’on me croise, on me remercie pour les souvenirs d’enfance, et ces paroles résonnent profondément.

 

Que diriez-vous à la jeune femme que vous étiez ?

De poursuivre ce chemin sans rien changer. Tout ce que j’ai entrepris l’a été avec sincérité. J’ai constamment donné le meilleur de moi-même. L’ambiance au sein de l’équipe était précieuse, nourrie par un plaisir partagé de travailler ensemble.

 

Cette fraîcheur manque-t-elle à la télévision actuelle ?

Oui. Le contexte était très différent. Le programme est arrivé au bon moment, porté par des producteurs audacieux. Tout s’est construit progressivement, collectivement. Je doute qu’un tel projet puisse naître dans les mêmes conditions, même si l’on observe le retour de certains formats anciens.

 

Que pensez-vous de l’évolution des programmes destinés aux jeunes ?

Les émissions dédiées à la jeunesse ont quasiment disparu, et c’est regrettable. Les usages ont changé avec les réseaux sociaux et la multiplication des écrans. À l’époque, il était essentiel d’apporter de l’humain entre deux dessins animés, d’expliquer, de contextualiser. Ce rôle repose désormais davantage sur les parents.

 

Vous avez aussi contribué à populariser la bande dessinée.

Oui, et j’en suis très fière. À l’époque, la bande dessinée n’était pas reconnue. Nous avons participé à son rayonnement, tout comme pour les mangas par la suite. C’est une belle reconnaissance culturelle.

 

Est-ce qu’on vous reverra un jour à la tête d’un programme ?

Je ne ferme aucune porte. Je fonctionne au coup de cœur. Si un projet stimulant se présente, pourquoi pas. En revanche, faire de la télévision sans conviction ne m’intéresse pas, et je n’ai aucune envie de présenter des jeux.

 

Il paraît que vous êtes à l’origine du Téléthon en France.

C’est vrai. J’avais découvert ce concept aux États-Unis et j’ai souhaité l’adapter. Même si je n’ai finalement pas présenté l’émission, l’essentiel reste qu’elle existe encore en 2026.

 

Vous avez récemment prêté votre voix dans « Les Schtroumpfs ».

C’était une expérience très particulière et très émouvante, notamment en retrouvant Gérard Hernandez. Le doublage est un exercice exigeant, mais passionnant. J’aimerais renouveler l’expérience dans un autre projet.

 

À quoi ressemble votre vie aujourd’hui ?

Elle est volontairement discrète. Je mène de nombreuses activités en coulisses et tiens à préserver mon jardin secret.

 

Un message à transmettre à la nouvelle génération ?

Le respect demeure essentiel, envers les parents, les amis, les enseignants. L’humanité fait parfois défaut. Je dirais qu’il faut rester sérieux, savoir s’amuser et continuer à rêver. Tant que le rêve existe, tout reste possible.

Rino GALLO

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